CHAPITRE lîl
laque, excepte clans deux parties, à l’une desquelles on soude une tige de platine, et dont l’autre est recouverte exactement d’un disque de verre, afin que le zinc ne se trouve nulle part en contact avec l’air. L’appareil est placé dans une cage de verre oii se trouve de la chaux vive.
Le plateau inférieur du condensateur étant d’or, le plateau supérieur de zinc, si l’on touche le premier, d une part avec le doigt mouillé , de l’autre la tige de platine fixée au second également avec un doigt mouillé, on trouve, en enlevant le plateau supérieur, que l’appareil s’est chargé d’électricité négative. Le platine, dans son contact avec le zinc , a donc pris l’électricité négative, indépendamment de l’action de l’air sur ce dernier. Peut-être objectera-t-on que l’air humide agit encore , quoique faiblement, sur le zinc à travers quatre ou cinq couches de vernis appliquées sur la surface : c’est un fait que M. Delarive a essayé de démontrer, et sur lequel nous reviendrons dans un instant.
Si l’on touche maintenant avec le doigt mouillé la partie découverte du plateau de zinc au lieu de la tige de platine, l’appareil prend une charge d’électricité positive, comme on devait s’y attendre, en raison de la réaction du zinc sur le liquide adhérent au doigt. Ces résultats, s’ils ne proviennent pas de la réaction de l’eau et de l’air sur le zinc, par l’intermédiaire des couches de vernis qui ont été appliquées sur la surface, doiventils être attribués uniquement au contact du platine et du zinc, ou a d’autres réactions, telles que celles qui ont lieu de la part de l’eau sur les substances acides ou alcalines qui transpirent par les pores de la peau. C’est là ou en est ramenée la question du contact.
manière qui en rend le résultat plus évident. Il prend deux disques, c et z , l’un de cuivré et l’autre de zinc, soudés à une tige ah en cuivre (fig. L\‘i ). Il soude également sur le disque c une autre tige rn en platine, et une tig en à un autre disque c en cuivre, qui est vissé à la partie supérieure
ll\0 EF F. ÉLEC. DANS LE CONT. DES CORPS COND.
d’un électroscope. Toutes les parties de cet appareil, à l’exception des tiges de platine, sont recouvertes de plusieurs couches de vernis à la gomme laque. Il pose d’abord z sur c\ et met en communication m et n avec un fil de platine : en touchant le plateau inférieur c avec le doigt, l’appareil se charge d’électricité négative; quand on pose au contraire c sur c\ il n’y a aucun effet de produit : le condensateur ne fonctionne pas. Cette expérience tend à prouver comme ci-dessus que le contact du cuivre et du zinc produit un dégagement d’électricité, indépendamment de toute réaction chimique.
82. Jusqu’ici il n’a été question que d’effets électriques de contact dont l’origine chimique est pour le moins douteuse ; nous allons nous occuper actuellement des effets dont l'origine chimique est incontestable. Cette question a été traitée à plusieurs reprises par M. Delarive avec beaucoup de sagacité. La méthode expérimentale dont il a fait usage consiste à prendre, comme l’a faitVolta, une plaque composée de deux lames, l’une de zinc, l’autre de cuivre, soudées ensemble par un de leurs bouts, et à tenir l’un des métaux avec la main , tandis que l’on touche le condensateur avec l’autre. Il ne faut pas perdre de vue l’action chimique qu’exercent sur la surface du zinc l’humidité de la main et celle du conducteur, qui est interposé entre le zinc et le plateau du condensateur.
M. Delarive , pour prouver que le phénomène est purement chimique, a cherché à faire disparaître toute espèce d’action chimique sur le zinc. Au lieu de tenir ce métal entre les doigts, il l’a inséré dans une pince de bois très-sec, et l’a placé dans le vide ou un air trèsdesséché. Quand le bois touchait avec le sol , on n’observait aucun signe d’électricité ; mais aussitôt que l’on humectait la pince ou que l’on entourait le zinc d’air humide , de chlore ou de vapeurs acides , l’électricité reparaissait avec force. Il en a tiré la conséquence que c’est à l’action chimique et non au contact qu’est dû le développement de l’électricité. Dans la théorie de