‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 2)Chapitre 142 sur 314 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

que la pile n'éprouvât pas de variations clans sa charge, oh aurait, pu obtenir des oscillations isochrones; mais comme ces conditions ne peuvent être remplies, il n'en résulte qu'un mouvement irrégulier. Aussi cet appareil marche-t-il* tantôt vite, tantôt lentement, et s'arrêtet-il même par intervalles, pour reprendre ensuite sa marche.

1 55. M. Watkins (t) est parvenu à construire, avec un seul métal (zinc) et sans liquide, une pile qui possède une tension remarquable ; elle est composée de 60 à 80 plaques de zinc, de 4 pouces de surface, décapées et polies sur une de leurs surfaces et non sur l'autre, fixées dans une auge de bois, parallèlement entre elles et à une très-petite distance les unes des autres ( 1 ou 2 mm, ) , de manière qu'elles ne sont séparées que ^ par une couche d'air très-mince. Les faces polies sont toutes tournées du même côté, et les deux plaques extrêmes aboutissent chacune à un conducteur. Si l'on fait communiquer l'une des extrémités de la pile avec le sol, ôt l'autre avec un électroscope, celui-ci se charge aussitôt de l'une ou de Pautre électricité, suivant celui des deux pôles avec lequel il est en contact. L'humidité de l'air favorise l'action de cette pile , qu'on peut regarder comme une espèce de pile sèche dans laquelle le papier est remplacé par une couche d'air humide ; les deux surfaces du zinc font l'office de deux métaux hétérogènes. Il paraît donc que c'est à l'action oxidante cle l'air, plus forte sur la surface polie et décapée que sur l'autre, qu'est dû le développement de l'électricité sur chaque lame de zinc; et que la couche d'air trèsmince, qui sépare les plaques les uhesN des autres, et peut-être les parois de l'auge de bois dans lesquelles ces plaques sont placées, permettent à chacun des principes électriques de s'accumuler séparément, comme dans une pile ordinaire , aux deux pôles de l'appareil. Nous •

(1) Annal, de Gh. et de Phys., t. xxx , p. 44^.

a 56 - DES PILES SÈCHES.

avons exposé dans ce livre les propriétés générales relatives aux deux fluides électriques, lorsqu'ils se trouvent en équilibre a la surface des corps, ainsi que les principaux appareils qui servent à étudier ces propriétés; nous allons maintenant présenter les phénomènes magnétiques, dont la connaissance est nécessaire pour se former une idée nette des phénomènes qui ont lieu quand l'électricité est en mouvement.

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