CHAPITRE III
Ayant aimanté un fil d'acier de 24 pouces de long et d'une ligne et demie de diamètre, il le suspendit horizontalement dans la balance , et chercha d'abord la force en vertu de laquelle la terre le ramenait dans le méridien. Il trouva qu'en tordant le fil de suspension de deux circonférences moins 20 degrés , l'aiguille s'arrêtait à 20 degrés du méridien magnétique, de sorte que pour les angles de 20 à 24 degrés , dont les sinus sont à peu près proportionnels aux arcs, il fallait, pour éloigner l'aiguille d'un degré de son méridien magnétique, une force de torsion à peu près égale à 35 degrés. Il plaça ensuite verticalement dans le méridien magnétique un autre fil aimanté, ayant les mêmes dimensions 1 à 1 1 pouces a lignes du centre de suspension de la première aiguille, de manière que l'extrémité boréale de ce fil se trouvât à environ 1 pouce au-dessous du niveau de l'extrémité boréale de l'aiguille suspendue. L'aiguille horizontale fut chassée du méridien magnétique , et ne s'arrêta que lorsque la force de répulsion des pôles opposés fut en. équilibre avec la force directrice du globe. Ayant tordu le fil de suspension , il obtint les résultats suivants :
Ier Essai. L'aiguille horizontale ayant été chassée, s'est arrêtée à 2 4 degrés du méridien magnétique, sans qu'on tordît le fil.
. 2e Essai. Pour ramener l'aiguille à 17 degrés, il tordit le fil de suspension de 3 circonférences.
3e Essai. Pour la ramener à 12 degrés, il fut obligé de tbrdre de 8 circonférences; or, lorsque l'aiguille était sollicitée seulement par l'action du magnétisme terrestre , elle était maintenue à 20 degrés de son méridien par une force de torsion égale à 2 circonférences moins 20 degrés. Ainsi , dans le cas où l'aiguille formait un angle de ao degrés avec son méridien , la force qui la sollicitait était de 700 degrés. Mais comme dans le premier essai elle s'est arrêtée à 24 degrés, elle y a été ramenée par une force de 849 degrés ; en outre la répulsion des aiguilles avait tordu le fil de suspension de 24 II. 19
à$0 LOIS DES ATTRA.CT. ET R^PUL. MAGNAT.
degrés, il en résulte que la répulsion totale était de 864°. En raisonnant de même, il trouva que, dans le second essai , l'action des deux pôles de l'aiguille était mesurée par 1692, et dans" le troisième essai par 33 1 a degrés. Ainsi, pour les distances â4, , 7 et 12 /les forces répulsives correspondantes étaient comme 864, 169a, 33i2, ou bien comme les nombres --, |, 1 , c'est-à-dire en raison inverse du carré des distances; il est donc bien démontré que les attractions et répulsions magnétiques suivent fa loi qui régit les attractions planétaires.