‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 2)Chapitre 200 sur 314 · FORCE MAGNÉT. DES AIGUILLES RÉUNIES, ETC · texte numérisé non relu

FORCE MAGNÉT. DES AIGUILLES RÉUNIES, ETC

éloigné de 3o degrés du méridien magnétique r comme ci-dessus.

Une seule aiguille a exigé, pour rester à cette distance, une force de torsion mesurée par.. . . 82 degr.

» aiguilles réunies iî5

4 aiguilles réunies 1 5o

6 aiguilles réunies 172

8 aiguilles réunies * 1 82

la aiguilles réunies 2o5

16 aiguilles réunies 229

Ces résultats prouvent que la force magnétique de chaque faisceau croît dans un rapport beaucoup moindre que le nombre des lames. Huit aiguilles différentes des précédentes, réunies, ont exécuté 20 oscillations en il\iv. Coulomb voulant pénétrer dans l'intérieur des aimants, a déterminé l'état magnétique de chacune des aiguilles composant le faisceau de 16 aiguilles et celui de 8. Pour cela il les a séparées toutes, et les a placées successivement dans la balance magnétique, en les éloignant de 3o degrés du méridien magnétique; il a trouvé que les deux aiguilles extrêmes , c'est-à-dire celles qui formaient les deux surfaces du faisceau, avaient une pltts grande force magnétique que les autres.

La première avait pour mesure 4^

La seconde 48

Et la force moyenne de toutes les autres était égale à 3o

. Une seule aiguille ayant donné pour le moment de sa force directrice 82 degrés, tandis que pour f 6 feuilles réunies le moment magnétique moyen de chacune n'était que de i4*3 degrés, .c'est-à-dire, à peu près la sixième partie de l'autre , il en résulte (1) que, dans les aiguilles de boussole, le moment du frottement des

(x) Neuvième vol. des Savants étrangers*

pivots augmentant dans tfn rapport plus grand que les pressions, et les moments magnétiques croissant dans un rapport beaucoup moins grand que les masses* ou les pressions des pivots, les aiguilles peu épaisses et très-légères, à longueurs égales, doivent être préférées à toutes les autres, comme nous L'avons déjà dit.

203. En défaisant la lame composée. de huit aiguilles» il a trouvé que la

ire lame de la surface exécutait 20 oscilt. en. . . . §r"

2e lame . . 20 en.. . . 2Ïr

3e lame 20 en. . . . 27B

4e lame 20 en. . . . 2 1 1

5e lame . . 20 en. . . . 222

. 6e lame v. . . . 20 en. . . . 237 •

7e lame, les pôles i-erîversés. . 20 en.. ; . 237

0 lame de la surface. ...... 20 en. . * . 90

Ces résultats nous conduisent aux mêmes conséquences que ci-dessus , et nous montrent en outre qu'il peut y . avoir des aiguilles intermédiaires dont les pôles soient renversés.

1 Nous devons encore faire observer que Coulomb a reconnu qu'un faisceau de lames prend à peu près le même degré de magnétisme qu'une seule lame de la même figure et du même poids ; ce qui porte à foire croire que, dans les aimants d'une seule pièce, le magnétisme va en diminuant de la surface au centre, comme dans les aimants composés de plusieurs lames.

§ VIL Des aiguilles de boussole.

204. Les aiguilles de boussole sont des aiguilles aiman* tées , munies à leur centre d'une chape en agate* qui repose sur un pivot d'un métal non magnétique. Ori corrige l'effet de l'inclinaison magnétique en plaçant unr petit contre-poids sur un des bras de l'aiguille, pour la rendre horizontale : ce contre-poids varie suivant les latitudes.

34o DES AIGUILLES DE BOUSSOLE.

L'axe de l'aiguille, ou la ligne qui joint ses pôles, doit se placer dans le méridien magnétique , si aucun obstacle ne s'y oppose; mais le frottement du pivot contre le fond de la chape est un obstacle de ce genre que la force directrice doit vaincre préalablement. Les aiguilles de boussole les plus parfaites sont celles dans lesquelles le frottement est le plus faible et la force directrice la plus grande possible. Quand Taxe de figure ne coïncide pas avec Taxe magnétique, ou corrige les erreurs qui en résultent dans une première observation par la méthode du retournement. Toutes choses égales d'ailleurs, le frottement croît avec le poids de l'aiguille; pour le mesurer, il faut présenter l'aiguille de loin à .un aimant : celui-ci la détourne d'abord de son méridien magnétique ; et l'on voit de quelle manière elle y revient quand elle est abandonnée à elle-même. Les amplitudes des arcs auxquels elle s'arrête sont proportion- » n elles à l'énergie du frottement.

Coulomb prit une aiguille de boussole percée à son centre de gravité d'un trou et colla , à 3 ou 4 lignes au-dessus de ce trou , une petite lame de verre trèspolie : cette lame se trouvait séparée de l'aiguille par le moyen de deux petits poteaux de bois, collés à l'aiguille et à la lame. Le tout pesait i5o grains. La lame de verre et les petits morceaux de bois pesaient ensemble 9 grains; l'aiguille avait io pouces de longueur, et faisait io oscillations en 6o".

L'aiguille fut placée horizontalement sur la pointe d'un pivot d'acier très-dur. Après l'avoir enfermée dans une boîte, il chercha , en lui présentant de loin le pôle d'une autre aiguille, les limites de son champ d'indifférence, ou l'angle formé avec toutes les directions, qu'elle pouvait prendre, sans que sa force directrice la ramenât à son véritable méridien : cet angle A était évidemment proportionnel au frottement.

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