‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 2)Chapitre 228 sur 314 · DE L'ACTION DES AIMANTS SUR TOUS LES CORPS EN REPOS · texte numérisé non relu

DE L'ACTION DES AIMANTS SUR TOUS LES CORPS EN REPOS

§ 1er. De V action des aimants sur tous les corps en

repos.

227. Avant Coulomb , les physiciens avaient fait de vains efforts pour reconnaître des traces de magnétisme dans tous les corps de la nature : aussi furent -ils fort étonnés d'apprendre qu'en 1802 cet illustre physicien venait de communiquer à l'Académie des Sciences une série d'expériences qui montraient que tous les corps jouissaient de la propriété magnétique à des degrés plus ou moins marqués.

Pour observer le magnétisme de tous les corps, il faut donner à chacun d'eux la forme d'un cylindre ou d'un petit barreau de 7 à 8 millimètres de longueur et •| de millimètre d'épaisseur (pour les métaux cette épaisseur doit être 3 fois moindre), les suspendre à un fil de soie tel qu'il sort du cocon, et les placer entre les pôles opposés de deux barreaux aimantés" Les. barreaux d'acier sont placés sur la même ligne, les pôles opposés, qui sont en regard, sont éloignés l'un de l'autre de 5 à 6 millimètres de plus que la longueur de l'aiguille qui oscille entre eux. Les petites aiguilles, quelle que soit leur nature, se placent toujours dans la direction des deux barreaux. Si on les détourne de cette direction, elles y reviennent toujours après un certain nombre d'os-

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cillàtipns, dont le nombre est souvent de plus de 3o par 'minute. Le poids et la figure des aiguilles étant donnés, il est facile de déterminer la force qui produit les oscillations. Coulomb ne voulut pas se prononcer sur la cause du phénomène : il se demanda si elle était magnétique, ou si on devait l'attribuer à la présence de quelques particules de fer répandues indistinctement dans tous es corps, et qui ne pouvaient être rendues sensibles par es analyses chimiques.

Or, comme aucun corps n'échappe à Faction attractive de forts barreaux , il fallait donc admettre que tous les corps , sans exception , renfermassent du fer.

Les aimants artificiels dctat il a fait usage étaient formés chacun de quatre barreaux d'acier trempés à blanc , de 36o millimètres de longueur et de 4 millimètres d'épaisseur. Ayant fait d'abord osciller chaque aiguille hors de l'influence des aimants, il détermina la force de torsion du fil par le nombre d'oscillations qu'elle faisait dans cette position; puis il la fit osciller lorsqu'elle était placée entre les pôles des aimants, pour avoir la force réunie de la torsion et de la force magnétique; en retranchant les carrés des nombres d'oscillation, il obtenait seulement l'action magnétique.

Pour préserver les aiguilles des agitations de l'air, Coulomb employait une cloche de verre A A (fig. yfi bis)

(>ercée par le haut, et surmontée d'un tube AB, dont 'extrémité supérieure était fermée par un bouchon de liège qui pouvait monter et descendre à volonté. Ce bouchonétait traversé par une tige de bois ou de métal à laquelle était attaché le fil de cocon, dont l'extrémité inférieure portait un anneau de papier très-fin dans lequel il plaçait la petite aiguille. La cloche était placée sur les pôles n, s, des deux aimants, dirigés sur la même ligne.

Les aiguilles de métal soumises à l'expérience avaient 7 milli. de longueur, et pesaient [\o milligrammes. Hors de l'inflqençç des aimants, elles faisaient [\o oscillations

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