‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 2)Chapitre 230 sur 314 · CHAPITRE VIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIT

mants ayant été mis à ioo millimètres de distance l'un de l'autre, il trouva que

Le premier cylindre faisait 4° oscillations en 3a"

Le deuxième" 4° 43"

Le troisième 4° • • • • 6i"

Coulomb chercha le rapport des forces accélératrices qui faisaient osciller chaque aiguille, et il en conclut que l'action des pôles était proportionnelle à la quantité de limaille que contenaient les cylindres de même longueur formés avec ce mélange. De cette expérience et d'autres que nous ne rapportons pas ici, il en tira la conséquence que, malgré la quantité infiniment petite du fer, relativement à celle de l'argent pur, ce fer était tellement disséminé dans l'argent, que chaque atome de la masse contenait une partie proportionnelle de fer que l'on pouvait déterminer au moyen des oscillations, et qui ne pouvait être rendue sensible par les réactifs chimiques. Ce célèbre physicien a reconnu en outre , sans donner des mesures exactes, que la plus grande partie des matières animales et végétales paraissent éprouver une plus grande influence de la part des barreaux magnétiques , que les métaux purifiés par la méthode ordinaire.

228. M. Biot s'est servi du procédé de Coulomb pour découvrir de très-petites quantités de fer dans les minéraux, par exemple dans deux espèces de mica différentes, Tune qui venait de Sibérie, et l'autre de Zinwald en Bohême.

Ayant coupé plusieurs lames rectangulaires de même dimension , il les fit osciller chacune séparément entre deux forts barreaux. La lame de mica de Zinwald exécuta 12 oscillations en 55 secondes, tandis que l'autre n'en fit que 7 dans le même temps. Les forces magnétiques étaient donc entre elles comme les carrés de ces nombres, c'est-à-dire comme i44«49* ^n considérant ces forces comme proportionnelles aux quantités*d'oxide II. a5

386 àct. pes aim. sur tous les corps en repos.

de fer combinées , le mica de Zinwàld devait contenir 20 centièmes de cet oxide , et l'autre 6,8. Ce résultat s'accorde avec celui de l'analysé chimique.

Ce procédé peut être employé avec avantage pour déterminer approximativement la quantité de fer qui est contenue dans un minéral; mais comme le nombre d'oscillations dans le même temps est quelquefois plus considérable avec certains corps qu'avec les lames de mica, bien que l'analyse ne reconnaisse pas dans ces Corps la présence du fer. on doit se tenir en garde contre de semblables indications qui peuvent induire en erreur.

229. Pour analyser les phénomènes magnétiques développés dans tous les corps par l'influence d'aimants trèsénergiques, il faut suivre une marche particulière, qui va nous montrer d'autres effets que ceux qui ont été découverts par Coulomb.

M. Haùy a imaginé un procédé qu'il a nommé le double magnétisme, à l'aide duquel il est parvenu à découvrir de petites quantités de fer dans les minéraux. Ce procédé consiste à faire prendre à une aiguille aimantée une direction perpendiculaire à celle qu'elle a ordinairement. On place pour cela, dans le plan horizontal de l'aiguillé et dans sa direction, un petit barreau aimanté, avec la condition que les pôles de même nom soient en regard : alors, en approchant lentement le barreau de l'extrémité de l'aiguille, celle-ci se dévie de sa direction et finit par en prendre une qui lui est perpendiculaire. Ces effets résultent des actions combinées des pôles du barreau et de ceux de la terre sur le magnétisme de l'aiguille. Dans cette position, il faut une action très-faible pour que l'aiguille pirouette, c'est-à-dire pôUr que son pôle austral vienne se placer vis-à-vis du pôle boréal du barreau.

Si Von agit sur l'aiguille avec un barreau aimanté qui n'est plus dans son plan, et mettant en regard les pôles de nom contraire, elle ne change pas de direction tant que le point de suspension est en dehors du bar-

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