‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 2)Chapitre 278 sur 314 · CHAPITRE II. 46l · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. 46l

charge donnée, il existe une longueur de fil qui produit le maximum d'aimantation. Relativement au mode d'action des enveloppes métalliques, qui tantôt accroissent, tantôt diminuent l'aimantation , M. Savàry pense qu'il « suffit qu'elles amortissent dans les deux cas les petits « mouvements propagés par le fil, et que leur action ne « soit pas seulement proportionnelle à la vitesse abso- « lue de ses mouvements. Il suffit donc d'admettre pour «v des déplacements infiniment petits , ce que la décou- « verte de M. Arago met en évidence pour des oscillaa tions d'une amplitude finie. »

§ IV. De la force magnétique que prennent des bar* reaux de fer doux, sous V influence des courants électriques.

a 66. Nous avons vu toutes les tentatives que l'on a faites pour former des aimants artificiels doués d'une grande énergie; mais les résultats que les anciens physiciens ont obtenus ne sont rien en comparaison des effets produits dans le fer doux par l'influence de courants électriques énergiques.

Le procédé consiste à enrouler autour de chacune des branches d'un barreau de fer doux recourbé en fer à chaval , et toujours dans le même sens , un fil de métal recouvert de soie, dans lequel on fait passer la décharge d'une pile voltaïque (fig. 108). Un seul élément, d'un pied carré de surface, suffit pour produire un effet considérable. I/aimantation est tellement énergique , suivant la grandeur du barreau et la force de la pile, que. lé fer à cheval peut supporter jusqu'à 1000 kilogrammes, sous l'influence An courant ; dans ce cas il faut employer une batterie voltaïque dans laquelle le zinc , y compris les deux côtés de la plaque, présente une surface de cinq pieds carrés.

Afin de montrer combien est grande l'influence des courants électriques sur le fer doux pour y développer

46l FORGE MAGNÉT. QUE PRENNENT DES BARR., ETC.

une grande puissance magnétique, nous allons rapporter les expériences ~que M. Moll a faites à cet égard.

Ce physicien prit un morceau de fer doux anglais, ayant la forme d'un fer à cheval, de o met. s a de hauteur, et de o met. oa5 d'épaisseur; il enroula, autour de ce fer, en hélice , 83 fois un fil de cuivre rouge recouvert de soie, de o met. oo3 de diamètre. A chacune des branches était adapté un • contre-poids, qui débordait un peu des deux côtés et pesait une livre. Les deux extrémités du fil furent mises en communication , par l'ftitermédiaire de petits godets de bois remplis de mercure, avec les deux éléments du couple voltaïque , composé d'un baquet de cuivre rouge, dans lequel plongeait une plaque de zinc, dont la surface en contact avec le liquide pouvait avoir 1 1 pieds anglais de surface.

 l'instant où la communication fut établie, le fer à cheval devint suffisamment magnétique pour supporter a5 kilogrammes, et avec quelques précautions on lui en fit supporter 38. Un fer à cheval, du poids de i3 kilogrammes , de o mètre 3 de hauteur et de 55 millim. d'épaisseur, est parvenu à porter 77 kilogrammes.

L'effet est instantané, comme nous l'avons dit; en changeant la direction du courant, le renversement des pôles a lieu aussitôt, bien que l'effet magnétique persévère pendant quelque temps après que Je cotirant a cessé de circuler, car M. Moll assure que le fer à cheval qui servait à ses expériences pouvait porter encore a5 kilogrammes, un quart d'heure après que la pile eut cessé de fonctionner.

L'aimant porte la plus forte charge à l'instant où l'on établit la communication avec la pile. En augmentant successivement la charge, si elle vieut à tomber, on ne peut lui faire reprendre celle qu'elle avait d'abord. Cet effet est facile à concevoir , puisque l'on sait que l'action électro- dynamique a ordinairement le maximum d'intensité à l'instant où la pile commence à fonctionner.

Page 1