NOUVEL ÉTAT ÉLEC. &E LA MATIERE, ETC
tact. Le multiplicateur qui servait aux expériences était placé à 8 pieds de distance. Le cylindre de fer doux , avant d'être mis en contact avec les pôles, fut introduit d'avance dans la spirale creuse composée, dont les bouts, réunis à leurs extrémités, avaient été mis en communication avec le mutiplicateur. Le développement dis l'électricité fut si puissant, que l'aiguille fit plusieurs révolutions de suite , et tous les effets exposés préeé- " demment se reproduisirent.
En supprimant les hélices, et passant les fils du multiplicateur sur la barre de métal, comme l'indique la fig. no, l'aiguille fut fortement déviée. Comme on de-1 vait s'y attendre, M. Faraday obtint des effets également puissants lorsque la spirale avec son cylindre de fer furent placés à peu de distance des pôles magnétiques.
Toutes les expériences précédentes prouvent de la manière la plus évidente le dégagement de l'électricité par l'influence du magnétisme ordinaire.
£ IV. Nouvel état électrique de la matière pendant r induction.
275. M. Faraday s'est rendu compte des phénomène* d'induction en supposant un nouvel état élefctrique dans la matière. Il admet, en s'appuyant sur l'expérience, qUe^ lorsqu'un fil de métal est soumis à l'induction voltaélectrique ou magnéto-électrique, il paraît être dans un état particulier, puisqu'il résiste à la formation d'uti courant électrique qui n'a réellement lieu qu'à l'instant ou commence et cesse cet état particulier auquel il a donné le nom $ électro-tonique. Pendant cet état , la matière ne possède aucune des propriétés relatives aufc corps électrisés où aimantés.
M. Faraday considère l'état électro-tonique comme un état de tension, équivalent à un couràut électrique au moins égal au courant qui est produit lorsque l'in- -dUctiôti a lieu , ou lorsqu'elle est supprimée. Il regarde les résultats qu'il à obtenus comme venant à l'appui du
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principe que l'état électro-tonique est relatif aux particules et non à la masse du fil et de la substance assujétie à l'induction.
Une question importante a attiré à ce sujet son attention : le courant d'électricité excitant un état électrotonique dans un fil métallique voisin, doit probablement en produire un semblable dans son propre fil; car, ajoute cet habile physicien, « lorsque, par le passage d'un courant dans un fil, on rend électro-tonique un fil voisin, ce dernier état ne devient nullement incompatible avec un courant d'électricité qui traverse le fil ; c'est pourquoi si, au lieu de faire passer le courant dans le premier fil, on le fait passer dans le second, il n'y a pas de raison de croire que son action inductive sur ce second fil en éprouve une diminution; elle devrait au contraire être plus forte, parce que la distance entre l'agent et la matière qui le subit serait très-considérablement diminuée. »
276. M. Faraday pense que, lorsque les courants électriques passent à travers les corps, ceux-ci subissent l'état électro-tonique , et que c'est à cet état que sont dues les décompositions électro-chimiques; que dans l'état électro-tonique, les molécules homogènes de la matière prennent une disposition électrique régulière , mais forcée, dans la direction du courant, disposition qui produit, lorsqu'elle cesse, un courant en retour si la matière est indécomposable ; tandis que, si elle est dé* composable, un pareil état forcé peut suffire pour qu'une molécule élémentaire quitte sa compagne avec laquelle elle se trouve dans un état de contrainte, pour se joindre à une molécule voisine, analogue, par rapport à laquelle elle est dans une condition plus naturelle, la disposition électrique forcée se trouvant elle-même à l'instant détruite aussi efficacement que si le corps était soustrait à l'induction; ainsi de suite tout le long du circuit.
Nul doute que, pendant* l'action par influence d'un courant électrique, sur un fil 4e métal placé à peu de distance, le principe électrique de ce fil ne soit dans
4*]6 EXPL. DES PHEtf. MAGNET. DE H. ÂRAÇO, ETC.
un état de tension que les particules matérielles doivent partager probablement; mais nous pensons que Ton peut envisager le phénomène de la manière suivante : toutes les particules sont entourées du principe électrique, qui remplit par conséquent les interstices qu'elles laissent entre elles , et qui exerce sur elles une action quelconque, d'où peuvent résulter un grand nombre de phénomènes que nous étudierons dans le troisième volume.
A l'instant où le .courant électrique commence , on peut concevoir qu'il réagit sur une portion de l'électricité du corps voisin, de manière à en chasser une portion et à en attirer l'autre , comme il arrive dans le dégagement de l'électricité par influence; mais avec celte différence néanmoins que dans le cas que nous considérons, le principe électrique donne naissance à deux courants , l'un dirigé dans un sens différent du courant inducteur qui est chassé , et l'autre dans un sens différent qui est attiré à lui et cesse d'agir, puis devient libre aussitôt que le courant inducteur cesse.
§ V. Explication des phénomènes magnétiques de M. Arago au moyen de V induction magnétique.
1 77 . Aussitôt après la découverte de l'induction électromagnétique, M. Faraday essaya de construire une machine éleôtrique au moyen de l'induction terrestre magnéto-électrique , en s'appuyant sur les expériences de M. ,Arago. Il se servit à cet effet de l'aimant de la Société royale de Londres. Afin de rapprocher l'un de l'autre les deux pôles, il plaça transversalement, comme l'indique la fig. 1 j 1, deux barres de fer ou d'acier de 6 à 7 pouces en longueur chacune, de 1 pouce en largeur et de \ pouce en épaisseur.
Un disque de cuivre de 1 2 pouces de diamètre et de i de pouce d'épaisseur fut fixé sur un axe d'airain et monté de manière à pouvoir tourner verticalement ou horizontalement, et qu'en même temps on puisse in*