‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 2)Chapitre 295 sur 314 · CHAPITRE III» 4gï · texte numérisé non relu

CHAPITRE III» 4gï

pieds de long deux plaques de cuivre bien polies, de 4 pieds de surface, il les plongea dans l'eau, l'une au nofd et l'autre au sud ; le fil qui reposait sur le gazon fut coupé en deux , et ses deux bouts mis en communication avec le multiplicateur au moyen de coupes remplies de mercure. En évitant toutes les causes étrangères qui pourraient donner naissance à un courant, l'ai* guille n'éprouva aucune déviation.

M. Faraday a observé que, bien que l'électricité obtenue par l'induction magnéto-électrique dans un fil de métal d'une petite longueur ait peu d'intensité, le courant avait cependant assez de force pour traverser l'eau salée. Mais comme l'intensité augmente avec la longueur du fil , il chercha à obtenir des effets sensibles avec une grande masse d'eau en mouvement, quoique l'eau tranquille n'en donnât aucun ; à cet effet, il fit passer sur le parapet d'un pont un fil de cuivre de 960 pieds, aux extrémités duquel étaient attachés deux autres fils, soudés à de grandes plaques de métal, qui plongeaient dans la rivière. Il obtint constamment des déviations; mais leurs irrégularités lui annoncèrent qu'elles devaient dépendre d'autres causes que celles qu'il avait en vue : les résultats ne furent nullement satisfaisants. Néanmoins, comme les expériences ont été faites sur une petite échelle, que l'eau produit des courants par les aimants, et qu'il est probable que la terre produit aussi dans son sein des courants par suite de sa rotation diurne; de plus, si l'on considère que les masses mobiles de liquide , s'étendant à des distances considérables, doivent traverser les courbes magnétiques et les couper dans différentes directions , il peut très-bien se faire , en raison de tous ces motifs, que l'électricité possède une grande intensité,

287. M. Faraday a avancé, en outre, mais avec une extrême réserve, qu'il pourrait se faire que l'aurore boréale fût due à une décharge de l'électricité poussée vers les pôles de la terre, d'où elle s'efforcerait, par des moyens naturels et particuliers, de retourner aux régions équatoriales , en passant par-dessus la terre.,

figi DE l'induct. magnéto-électrique terr.

288. Pour déterminer d'une manière positive la puissance inductive de chaque métal, M. Faraday a fait plusieurs expériences dans lesquelles il passait entre les pôles de l'aimant plusieurs métaux isolés, l'un sur l'autre, et dont les bouts étaient en communication avec le multiplicateur, de manière cependant que les courants cheminassent en sens inverse. Les déviations de l'aiguille aimantée furent très-faibles, bien qu'on eût opéré avec des fils ayant des longueurs considérables.

Pour avoir des résultats satisfaisants , il a employé le multiplicateur à deux fils ou un multiplicateur composé de deux parties indépendantes, et formées chacune de 18 pieds de fil de cuivre couvert de soie. Ces deux moitiés étaient semblables en figure et en nombre de tours , et étaient séparées l'une de l'autre par un petit intervalle où se trouvait une double aiguille suspendue à un fil de soie. Quand les deux courants introduits avaient la même direction , ils agissaient par leur somme , et par leur différence quand ils cheminaient en sens contraire.

M. Faraday ayant formé deux hélices, l'une avec un fil de fer et l'autre avec un fi( de cuivre, il les mit en communication avec les deux multiplicateurs, réunis de manière que les courants produits par l'influence des aimants cheminassent en sens inverse. Il trouva que le courant excité dans le fil de cuivre était plus puissant que celui qui était produit, par le même aimant, dans un fil de fer.

En comparant le cuivre avec l'étain et le plomb , le premier surpassa les deux autres ; le deuxième produisit plus d'effet que les autres métaux ; le fer fut plus puissant que l'étain et le plomb ; et ce dernier inférieur à l'étain. Ainsi donc les métaux peuvent être rangés dans l'ordre suivant : cuivre, zinc, fer, étain et plomb. C'est à peu près l'ordre de conductibilité électrique , et celui que MM. Babbage, Uerschell et Harris ont trouvé dans leurs expériences de rotation magnétique.

Les faits observés par M. Faraday tendent à prouver que les courants produits dans les corps par l'induction

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