‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 2)Chapitre 296 sur 314 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

magnéto -électrique sont proportionnels à leur faculté conductrice, ainsi que les effets magnétiques de rotation , et qu'il y a très-peu de corps qui soient magnétiques comme le fer. Il range les substances en trois classes, relativement à leurs rapports avec les aimants: dans la première, se trouvent celles qui sont affectées quand elles sont en repos , telles que le fer, le nickel et le cobalt ; dans la seconde, les substances conductrices de l'électricité qni sont affectées pendant qu'elles sont en mouvement; dans la troisième se trouvent les substances qui sont parfaitement indifférentes à l'aimant, soit qu'elles se trouvent en repos ou en mouvement.

289. En résumant les nombreuses observations qui ont été faites jusqu'ici sur l'induction électro-magnétique, on voit que si un fil métallique, d'une longueur limitée, est mis en mouvement de manière qu'il coupe une courbe magnétique, il se développe pendant cette action une puissance qui tend à faire traverser le fil par un courant électrique ; mais un tel courant ne peut pas naître sans qu'il existe de l'électricité aux extrémités du fil, pour la décharge et le renouvellement du courant.

Si un second fil est mis en mouvement dans la même direction que le premier, la même puissance exerce son action sur lui, et.il ne peut altérer la condition du premier ; mais si ce second fil est mû avec une vitesse différente ou dans une autre direction , il y a alors différence dans la force qui se développe; et si l'on joint les fils à leurs extrémités, ils sont traversés par un courant électrique.

En prenant une masse de métal ou un fil d'une longueur indéfinie, et mobile par rapport aux pôles d'un aimant considéré comme un centre d'action, si toutes les parties de la masse ou du fil sont mues dans une même direction, avec la même vitesse angulaire et à travers des courbes magnétiques d'une intensité constante, on n'obtiendra aucun courant électique.

Si une portion du fil ou du métal coupe les courbes magnétiques tandis que le reste demeure stationnaire,

494 CONSID&t. SUR LA. ITAT» DES COUR. INDUITS.

il y a alors développement de courant. Si le mouvement du métal a lieu dans une même direction , mais avec des vitesses angulaires différentes pour les différentes parties relativement aux pôles de l'aimant 9 il y a alors formation de courant : c'est ce que montre l'expérience de M. Arago.

Si c'est l'aimant qui est mis en mouvement, il y a encore des courants, mais qui, au lieu de se trouver dans la direction de son mouvement, sont dirigés transversalement à cette direction.

Si différentes parties sont mises en mouvement avec des vitesses égales, mais dans des directions opposées, à travers les courbes magnétiques, on obtient alors le maximum de l'effet.

§ VIII. Considérations sur la nature des courants induits.

290.Il existe une analogie frappante entre les courants produits par l'influence d'un aimant dans les hélices et les courants hydro-électriques* et une différence marquée entre ces courants et ceux qui sont d'origine calorifique. Les deux premiers ne sont pas interrompus , quoiqu'ils diminuent de force, quand une portion de liquide se trouve placée dans le circuit, tandis que les courants thermo-électriques sont arrêtés. Un multiplicateur à mille tours d'un fil très+fin est sensible aux deux premiers courants, et ne lest pas au dernier; tandis qu'un multiplicateur à fil court et à gros diamètre est fortement affecté par le courant thermo-électrique, et Test peu par les deux autres courants.

On attribue généralement cette différence à ce que la tension est plus grande dans les piles ou couples hydroélectriques que dans les piles ou couples thermo-électriques. Il faut donc qu'il y ait aussi une assez forte tension dans l'électricité d'où émanent les courante produits par l'influence d'un aimant.

M. Peltier a imaginé itae expérience intéressante, qai

CBAJHT&E III. 49S

est propre à montrer les effets magnétiques des courants par induction, suivant que ces courants proviennent de la réunion de plusieurs courants égaux 011 de courants qui s'influencent réciproquement en se superposant l'un l'autre. Il forme cinq hélices superposées, en enroulant successivement sur un tube de verre un fil de cuivre recouvert de soie; puis sur celui-ci un second fil semblable; ainsi de suite. Les extrémités de ces cinq hélices étant libres , on peut faire usage à volonté de telle ou telle hélice , ou bien réunir par les mêmes extré» mités autant d'hélices qu'on veut , ou bien encore ne former qu'une seule hélice en réunissant l'extrémité de la première avec le commencement de la seconde , et l'extrémité de celle-ci avec le commencement de la troisième; ainsi de suite.

Pour que Ton puisse mieux comprendre les résultats auxquels M. Peltier est parvenu, nous allons employer , les mêmes annotations que lui.

Numéros des hélices.

îre hélice

2* hélice

3e hélice

4' hélice

5e hélice

Désignation de l'entrée. Pésignation de la sortie.

Dans chacune des expériences, il a toujours plonge dans l'hélice le même barreau aimanté.

En opérant avec la 1" hélice, dont les bouts étaient en communication avec un multiplicateur d'un seul tour, la déviation a été de 5 degrés ; avec un multiplicateur d'un gros fil formant 10 tours, elle a été de 3o degrés; avec un fil de 2000 tours, de 35 degrés seulement.

En recueillant l'électricité dégagée, quand on réunit le bout B avec le bout A, et B' avec A', le multiplicateur à 1 tour a donné 10 degrés, celui à 10 tours 35, celui à 2000 tours 35.

Ayant réuni successivement de la même manière,

4<)6 CONSIDER. SUR LA. ffAT. DES COUR. INDUITS.

bout à bout, 3, 4? pu*s 5 hélices, il a obtenu les résultats consignés dans le tableau qui suit.

NOMBRE des hélices réunies par les mena extrémités.

ACTION

sar un multiplicateur formé d'un seul tour.

Fil

conducteur

de

Oui, 8.

Fil conducteur

de I mill. 4

. lOi/a.

ACTION

d'un multiplicateur

de 10 tours.

Conducteur

de Omill. 8.

Conducteur

de ] mill. 4.

l'aig. pirouette.

plus fort

plus fort encore.

ACTION

sur un multiplicat

de 2000 tours.

Conducteur de 0 mill. 8.

Conducteur de I m. 4-

idem.

La^réunion des 5 hélices a donc donné une déviation quatre fois plus forte que celle que l'on avait obtenue avec un multiplicateur à 1 tour ; elle a été double avec celui de 10 tours, et n'a produit aucun changement sur celui formé avec un fil de aooo tours. La différence des conducteurs a plus que doublé l'effet sur le multiplicateur de 10 tours; elle a fait peu sur celui d'un seul et n'a rien produit sur celui de 2000 : donc le gros fil a laissé s'écouler plus facilement l'électricité induite.

En réunissant toutes les hélices, de manière à ne former qu'un seulcircuit, M. Peltier a obtenu :

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