CHAPITRE III
3u'il perd de son élasticité 9 la faculté dëleçtriser le liège iminue.
56. Plusieurs causes tendant à modifier le dégagement de l!électricité par pression :1a première est le plus ou moins de conductibilité des corps. Si l'on emploie, par exemple, un disque dé moelle de sureau et un disque de métal, il n'y a aucun effet de produit, et il en est encore de même toutes les fois que les deux substances pressées sont conductrices de l'électricité. 11 paraît qua l'instar^ où l'on exerce la pression, il se forme uu nouvel état d'équilibre entre les deux fluides qui composent le fluide électrique naturel des molécules en contact. L'électricité positive occupe une des surfaces de contact, et l'électricité négative l'autre. Tant que dure la pression j ces deux fluides sont neutralisés l'un par l'autre ; ainsi ces deux fluides, malgré l'attraction réciproque de leurs molécules, maigre leur tendance à passer d'un corps dans l'autre, trouvent dans la pression vuue force qui neutralise ces deux actions; Quand les corps sont parfaits conducteurs, aussitôt qu'une diminution de pression .a lieu, Içs deux fluides se recombinent instantanément, quelle que soit la vitesse de séparation; tandis que lorsque l'un des corps n'est pas bon conducteur, une diminution de pression n'entraîne pas immédiatement la recomposition des deux fluides dégagés : cette recomposition met plus ou moins de temps à s'effectuer, suivant le degré de conductibilité des deux corps pressés. LYxpérience suivante va donner une idée de l'inflùertce de la vitesse de séparation sur le développement de l'électricité. Pressez un disque de liège sur une orange, et retirez-le ensuite vivement, il emporte avec lui un exeè$ ^'électricité positive assez considérable; mais si on ne le retire que plus ou moins lentement, on trouve que I* quantité d'électricité dégagée va en diminuant , et finit par être insensible quand la vitesse de séparation est très-faible.; > . r .„ * '
. La chaleur modifie les p}iénçn\ènesî de prsssîogu. Sjt» ton prend un bouchon de liège bien sec , et qu'on le
fOO DÉGAG. DE i/^LEC. PAR PRESSION.
coupe par la moitié, avec un instrument tranchant, en pressant les deux parties séparées l'une contre l'autre, elles prennent chacune assez ordinairement un excès d'électricité contraire; mais il arrive aussi quelquefois qu'elles n'en ont acquis aucun. Si l'on élève alors la température d'un des deux disques de quelques degrés, celle de l'autre restant constante, on trouve que la partie chauffée prend à l'autre l'électricité négative. Deux morceaux de spath d'Islande , à la même température , ne sont pas électriques par pression; mais il suffit d'une différence très-légère pour leur donner cette faculté.
A température égale, les deux disques de liège ne doivent leurs facultés électriques de pression qu'à une différence dans l'état de leur surface : celle qui a le plus d'aspérités prend toujours l'électricité négative. Létat des surfaces , dans les corps mauvais conducteurs , in- J: flue aussi sur leur faculté conductrice; car le spath d'Is-
lande, qui est rangé parmi les corps les plus mauvais conducteurs , puisqu'il couserve pendant des semaines entières l'électricité qu'on lui a communiquée, devient suffisamment bon conducteur quand on lui a enlevé son poli , pour qu'il soit nécessaire de l'isoler si l'on veut qu'il conserve son électricité. On voit donc que les, aspérités déterminent non-seulement l'espèce d'électricité que doit prendre un corps mauvais conducteur, mais modifient encore sa conductibilité.
Loi du dégagement de l électricité par pression.
57. Pour mesurer les effets électriques de pression , il faut un appareil qui permette de varier à volonté les causes qui influent sur leur production. Nous n'aurons égard pour le moment qu'à la variation d'une des causes influentes, la pression, en supposant toutes les autres constantes ; car il serait impossible de distinguer , dans l'effet général, la part de chacune d'elles. En conséquence nous agirons sur des corps dont le poli, la