CHAPITRE III
l'acide nitrique étendu, on n'ait qu'un seul courant, et que l'on en ait deux avec de l'acide nitrique concentré ? Cette question est assez difficile à résoudre, à moins d'admettre que dans le dernier cas l'action capillaire ayant été plus vive que dans le premier, les effets électriques auront été assez forts pour polariser l'éponge. Dans les questions de la nature de celle qui nous occupe et dont la solution n'est pas toujours possible, ce que l'on peut faire de mieux est de présenter les explications avec une extrême circonspection, afin de ne pas donner comme des vérités ce qui n'est souvent qu'une conjecture; c'est la marche que nous avons suivie et que nous suivrons constamment.
§ XIII. Du dégagement de F électricité par pression.
5a. Jusqu'ici il n'a été question que de phénomènes électriques produits par la chaleur, par les réactions chimiques ou actions analogues, et la capillarité. Nous allons nous occuper actuellement des divers procédés mécaniques à l'aide desquels on parvient à exciter la puissance électrique dans les corps, et nous ne perdrons pas de vue les effets thermo-électriques et électro-chimiques ; c'est pour ce motif que nous les avons présentés en premier lieu.
La pression est le mode d'action le plus simple pour électriser un corps , attendu que le contact des molécules ne change pas de place comme dans le frottement.
^pinus est le premier qui ait observé cette propriété, en pressant l'une contre l'autre deux lames de verre sans exciter de frottement latéral. Il trouva, en séparant ces deux lames, que chacune d'elles possédait une électricité contraire.
53. M.Libes a fait une suite intéressante d'expériences 1 sur le dégagement de l'électricité par la pression (i).
(i) Nouv.Dtct. de Phys., t. ier, p. 3a8 et suiv.
§8 DÉGÀG. DE d'ÉLEC. PAR PRESSION. '
Ay^ft^ppff sur un disque de bois recouvert de taffetas» enduit d'une coucha de résine élastique, un disque de çtiivre jqune i$çflé par un cylindre de verre fixé à son ççtftrç» et avec la précaution de ne lui faire éprouver afKHW frobteniçat * il trouva, en pressant légèrement le 4isque sur le taffetas gommé et le séparant ensuite, que ]& «yli^que était charge d'un excès assez considérable d'él$ctri#ité négative. En passant avec frottement le disque çur le taffetas , l'effet produit était inverse. Un disque de cuivre et. un discpie d'argent ont donné les mêmes effets.
54. Haûy trouva plus tard qu'un cristal de spath d'Islande et quelques autres substances minérales jouissent de la propriété de devenir électriques par la simple pression entre les doigts; mais cette propriété n'est pas aussi restreinte que le croyait ce célèbre minéralogiste, puisqu'elle appartient à tous les corps, pourvu qu'ils soient îsplés. Pour mettre en évidence ce fait, on forme, avec les substances que Ton veut éprouver, des petits disques 4'uae épaisseur de quelques millimètres, que Ton adapte à des manches parfaitement isolants; on prend ces manches dans chaque main, et l'on presse un instant les deux disques l'un contre l'autre ; après les avoir retirés du contact, on les présente au disque de clinquant de l'é» ljgctroscope de Coulomb , préalablement électrisé : on trouve alors que les deux corps possèdent chacun une électricité contraire, pourvu cependant que l'un d'eux soit rangé dans, la classe des corps mauvais conducteurs. Avec deux disques isblés, l'un de liège, l'autre de caoutchouc, le premier prend un excès d'électricité positive, et l'autre un excès d'électricité négative. " 55. Toutes les substances minérales cristallisées qui ont un aspect vitreux, telles, que la chaux sulfatée, la chaux flijatée, la baryte .sulfatée y prennent l'électricité positive quand elles sont pressées par le disque de liège. -• Des fruits, tek que t'orange, comprimés par le disque de hége, lui communiquent au contraire un excès d'électricité positive. A mesure que le fruit se dessèche et