‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 2)Chapitre 79 sur 314 · CHAPITRE IIÎ, l4l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIÎ, l4l

Voila on rend compte des'effets observés, en disant que le bois sec, n'étant pas conducteur de l'électricité, ne peut donner écoulement à l'électricité positive du zinc, mais que dès qu'il est conducteur, la charge doit s'effectuer.

Le savant Genevois a été frappé surtout des résultats qu'il a obtenus en employant le potassium et le sodium.

Un morceau de l'un de ces deux métaux ayant été fixé à une pince de platine par l'une de ses extrémités, tandis qu'on le tenait par l'autre extrémité au moyen d'une pince d'ivoire , on l'entoura d'huile de naphte très-pure , et on toucha le condensateur avec le bout d'une pince de platine, il n'y eut aucun signe d'électricité; mais aussitôt que l'huile de naphte fut enlevée, et que l'air put réagir sur le métal , l'électricité dégagée fut des plus vives.

M. Delarive a cherché h combattre l'objection qu'on lui a faite, que le bois sec, n'étant pas conducteur de l'électricité, le condensateur ne pouvait se charger. Il a fait à ce sujet l'expérience suivante. Il prit un cylindre d'ébène de 10 à \i centimètres de longueur et de 1 de diamètre; l'ayant desséché fortement, il inséra à chacune de ses extrémités deux petites boules de zinc , terminées par des bouts de laiton. La partie extérieure du zinc, ainsi que les extrémités du cylindre d'ébène, étaient recouvertes d'une couche de cire, qui interceptait l'action de l'air humide. En tenant à la main le bout de laiton d'une des deux lames de zinc, et en touchant le condensateur avec l'autre bout, on n'obtenait aucun signe d'électricité: cet effet se conçoit parfaitement dans la théorie de Volta. Ayant retiré ensuite une des lames de zinc, il l'humecta légèrement avant de l'introduire de nouveau dans la fente pratiquée dans l'ébène ; dans ce cas il eut des signes électriques très-prononcés. L'électricité développée était négative quand le bout de laiton, mis en contact avec le condensateur, était celui qui était soucié à la lame humectée, et positive quand c'était le bout tenant à la lame non humectée. M. Delarive en a

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conclu que son appareil était conducteur de l'électricité d'un bout à l'autre; que l'électricité dégagée ne provenait que de celle des lames qui avait éprouvé une action chimique par l'effet de l'humidité dont elle avait été recouverte; enfin, que l'effet ne pouvait être attribué au contact. Les défenseurs du contact et les partisans de l'origine chimique diront que, dans le premier cas, la tension électrique pouvait être la même aux deux bouts, tandis que, dans le second, elle était plus considérable d'un côté que de l'autre en raison de l'action chimique. M. Pfaff, qui depuis la découverte de Volta n'a cessé de défendre la doctrine du contact, a cherché, depuis les recherches de M. Delarive, à ajouter de nouvelles preuves à celles qu'il avait données précédemment (i). Il prit un condensateur composé d'un disque de zinc et d'un disque de laiton, enduits tous les deux d'une couche mince de vernis de succin, et dont l'un était vissé sur l'électroscope à feuilles d'or. En établissant un contact métallique entre les deux disques, il trouva, après leur Séparation, que celui de zinc était chargé d'électricité positive, et celui de cuivre d'électricité négative. Il observa que le résultat était encore de même en opérant dans le vide, dans l'air bien desséché, dans l'azote, dans l'hydrogène et d'autres gaz, qui ne peuvent exercer aucune action chimique sur le zinc: il en tira dès lors la conséquence que l'effet éleatrique ne pouvait être attribué qu'au contact des deux métaux.

83. M. Delarive a combattu les conséquences que M. Pfaff a tirées die ses expériences. Il observe d'abord qu'en se servant d'un condensateur composé de deux disques hétérogènes, il peut arriver quel'électricifé développée soit due à la pression des deux plateaux sur la couche mince de vernis qui les sépare. Nous ne concevons pas un effet de ce genre, quand le vernis a été appliqué à chaud et adhère fortement au métal. Il se demande ensuite

(i) Annal, de Ch, et de Phy$., t. xlvi, p. 286.

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