‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 2)Chapitre 80 sur 314 · CHAPITRE III. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. l

quelle certitude on peut avoir que, soit dans le vide, soit dans les gaz, où le condensateur était placé, il n'y ait pas.de trace d'humidité. Or. il suffit, ajoutc-t-il , d'une légère action chimique , exercée sur la surface par l'air ou par le milieu ambiant quelconque, pour déterminer le dégagement d'électricité observé.

Il a cherché à démontrer ensuite que c'est bien à l'action chimique qu'est dû le développement de l'électricité dans, l'expérience du condensateur formé de deux disques hété- ^ rogènes. Il a pris deux disques de zinc semblables, pour les dimensions, aux deux disques. en laiton d'un condensateur ; il a soudé à chacun. un bout de laiton, puisai a recouvert leur surface intérieure d'une couche mince de vernis de gomme laque, afin de les transformer en plateau d'un condensateur. Il a recouvert aussi entièrement d'une couche de même vernis la surface extérieure de l'un des disques de zinc, afin de lui enlever le contact immédiat avec l'air. Il a fait diverses expériences en formant le condensateur, tantôt^avec les deux disques de zinc, tantôt seulement avec l'un d'eux et avec un disque de laiton.

Quand il se servait du disque de zinc, dont la surface était recouverte partout de vernis, il obtenait des résultats électriques moins marqués qu'avec l'autre. Ayant présumé que l'électricité très-faible qui était développée avec le plateau de zinc verni , provenait de ce que la couche dont il était recouvert était trop mince pour intercepter complètement toute action chimique de l'air et de l'humidité, il augmenta successivement l'épaisseur de la couche, jusqu'à ce que le plateau cessât . de donner des signes d'électricité. Il en conclut que l'air humide exerçait sou action sur la surface du zinc, au travers du vernis , et que, lorsqu'un plateau de zinc est mis entièrement à l'abri de cette action, au moyen d'une couche de vernis , il ne devient point électrique dans son contact avec une tige de laiton. Dans ce cas, ce plateau se conduit comme un plateau homogène de laiton; car si l'on touche le laiton, qui est soudé à la surface du zinc, avec le cuivre d'un couple voltaïque,

î/|4 eff. élec. pans LE COtTR, des corps cond.

on lui communique -l'électricité négative. On obtient le même résultat en mettant en communication les deux bouts de laiton. Il s'agirait d'examiner si en augmentant lé nombre des couchés de vernis, on ne diminue 1)as la faculté condensante des plateaux au point de 'annuler tout-à-fait.

Le plateau inactif de zinc, mis- en communication avec différentes sources d'électricité, se charge d'électricité négative, comme d'électricité positive. M. Delarive a reconnu que dans les mêmes circonstances et avec le même appareil, le plateau inactif cuivre-zinc du condensateur se charge plus facilement et en plus grande quantité d électricité positive que d'électricité négative.

On savait que l'électricité, lorsqu'elle est très-faible, éprouve un obstacle dans sa transmission , quand elle passe d'un conducteur dans un autre. M. Delarive chercha à découvrir si l'obstacle était plus ou moins grand, suivant l'ordre dans lequel les deux conducteurs se succéderaient l'un à l'autre. Il découvrit que l'électricité positive passe plus facilement du cuivre au zinc que du zinc au cuivre, et que c'est l'inverse pour l'électricité" négative. Celte propriété remarquable des conducteurs hétérogènes peut servir à expliquer des anomalies que présentent quelques phénomènes électro -chimiques dont je vais parler dans un instant.

84. M. Delarive, prenant en considération les recherches que j'ai faites sur les phénomènes thermo-électriques, a examiné quelle était l'influence de l'action calorifique sur la production de l'électricité de tension dans le contact de deux corps solides hétérogènes. Ayant soudé à l'un des plateaux du condensateur en zinc une petite tige de platine, et ayant recouvert ce plateau sur toute sa surface d'une couche épaisse de vernis, il s'aperçut que la plus petite élévation de température opérée sur l'extrémité de la tige de platine, donnait des signes électriques ; le plateau de zinc acquérait une petite charge d'électricité positive. Il observa en outre qu'il n'y avait aucun effet de produit lorsqu'on avait

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