‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 2)Chapitre 88 sur 314 · CHAPITRE IV. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. I

les deux balles se rapprochent en s'attirant, la force d'attraction qui croît, comme on va le voir, dans le rapport de la raison inverse du carré des distances, croît souvent dans un plus grand rapport que la force de torsion ; de sorte que Ton éprouve des difficultés à empêcher que les balles ne se touchent. Il a donné un calcul pour faire voir en quoi consistent tes difficultés» de l'opération , et montrer en même temps les limites dans lesquelles il faut renfermer les expériences pour en assurer le succès (i). En suivant la théorie qu'il a donnée, il est parvenu à mettre en équilibre, à différentes distances, la force attractive de deux balles électrisées au moyen de la force de torsion du fil. En comparant ensuite les diverses expériences, il en a conclu que ta force attractive des deux balles électrisées différemment était en raison inverse du carré de la distance. Coulomb ne s'en est pas tenu à ce résultat déduît du calcul , il a vouly également le déterminer par une méthode expérimentale.

Cette méthode consiste à suspendre une aiguille horizontalement, dont l'extrémité seule est électrisée, et qui , présentée à une certaine distance d'un globe électrisë d'une nature différente, est attirée et oscille en vertu de l'action de ce globe. On déterihttie ensuite, par la formule du pendule, la force attractive à diverses distances.

Voici une application dé cette méthode. Le globe G, dont il a fait usage, avait i pied de diamètre ; la petite plaque /, fixée à l'extrémité d'une aiguille de gomme laque de 1 5 pouces de longueur, avait 7 lignes. Le fil de suspension était un fil de soie tel qu'il sort du cocon, de 8 lignes de longueur. La plaque fut éloignée successivement à o, 3, 6, etc. pouces. Le globe ayant été élec^ trisé positivement et la plaque négativement, il obtint les résultats suivants :

(i) Mémoires de TAcad. des Se, 17 85, p. 679.

l56 LOIS SUIV. LESQ. ÀGISS.,LES A.TTR. ET R1ÎP. JÉLEC.

ier Essai.

La plaque / placée à 3- pouces de distance de la surface du globe, ou à. ..... . 9 de son centre, a donné

i5 oscillation* en. . . ao"

2e Essai.

La plaque /éloignée de 18 du centre du globe,

a donné i5 oscillations en • . • i\o'

3e Essai.

La plaque /éloignée de a 4 du centre du globe,

a donné i5 oscillations en . . . 6o"

En désignant parc la fdrce,T le temps d'un certain nombre d'oscillations^ sera proportionnel à — — t=- ; mais si

d est la distance du centre du glofye au centre de la plaque, et que les forces attractives soient proportionnelles à l'inverse du carré des distances, ou à -tj , il en

résulte que T sera proportionnel à la distance. Eu faisant donc varier celle-ci , le temps d'un même nombre d'oscillations devra être comme la distance de la plaque au centre du globe. En comparant cette théorie avec l'expérience , on a :

ier Essai Distance des centres. 9 p. i5 oscillations en 20"

ae Essai.— ...^ 18 41"

36 Essai. — , 24 60"

Les distances sont comme les nombres 3. 6. 8.

Les temps d'un même nombre d'oscill ao. 41 • 60.

Par la théorie ils auraient dû être ao. 40. 54.

On voit que dans ces trois essais la différence entre la théorie et l'expérience est de •— pour le dernier essai comparé au premier, et est presque nulle pour le second comparé au premier. Mais il faut remarquer qu'il a fallu à peu près quatre minutes pour faire les trois essais, et que, quoique l'électricité se perdît lentement ce jourlà, elle perdait cependant encore j-$ d'action par minute.

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