‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 2)Chapitre 89 sur 314 · CHAPITRE IV. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. I

Il est donc complètement démontré que les attractions et répulsions électriques s'exercent en raison inverse du carré de la distance.

§ IL De la quantité d'électricité qu'un corps isolé perd dans un temps donné par le contact de l'air plus ou moins humide, et le long des supports plus ou moins isolants.

92. Un corps conducteur électrisé et isolé perd assez rapidement son électricité par son contact avec l'air. Coulomb a déterminé, par l'expérience, les lois suivant lesquelles s'opère cette déperdition , dont la connaissance est indispensable lorsqu'on veut soumettre au calcul les phénomènes électriques de tension.

Deux causes influent sur la perte de l'électricité : la première, est la nature des supports qui n'isolent jamais parfaitement; la seconde, l'air qui,, étant toujours chargé d'humidité, déposé une petite couche d'eau hygrométrique sur les supports et les rend conducteurs. De plus, un corps électrisé est enveloppé par l'air atmosphérique, qui est plus ou moins isolant , suivant la nature de ses parties constituantes et leur affinité pour les molécules aqueuses. Un corpsconducteur se chargeant toujours d'une partie de l'électricité du corps qu'il touche , et en étant repoussé aussitôt, il en résulte que chaque molécule de l'air qui touche un corps électrisé , se charge plus ou moins rapidement de l'électricité de ce corps. Une molécule de l'air étant chargée d'électricité, est chassée aussitôt du corps électrisé et remplacée par une autre qui s'électrise, et ainsi de suite. C'est par ce moyeu que l'électricité que possède un corps peut se répandre entièrement dans une atmosphère qui renferme des vapeurs aqueuses.

Le mode de déperdition le long des supports, devenus imparfaits par le contact de l'air humide, n'est pas le même, parce que les parties aqueuses contractent un

l5$ DF LA QUANTITE D^LÈCT. QuW CORPS lSOLl$,ETC.

assez grand degré d'adhérence avec les surfaces, dont il faut tenir compte.

93. Nous allons d'abord déterminer la loi suivant laquelle l'électricité se perd par le contact de l'air. Les corps conducteurs chargés d'électricité étant toujours soutenus par des corps isolants, on doit avoir un résultat composé de la perte de l'électricité par le contact de l'air, et de là perte de l'électricité le long de la surface du support, à moins que l'on ne parvienne à soutenir le corps par un support isolant, dont la surface soit proportionnellenient moins chargée d'humidité que les mojécules de 1 air environnant ; ainsi, en diminuant beaucoup la surface de contact dii corps électrisé et de son soutien , la diminution $e l'électricité du corps serait due en entier au contact de l'air. Coulomb (i), ayant essayé pour supports plusieurs matières isolantes, a trouvé que lorsque la densité électrique du corps soutenu n'est pas très-considéfable, un petit cylindre de cire d'Espagne ou dégomme laque,' d'une demi-ligne de diamètre, et de 18 à 20 lignes de longueur, suffit pour isoler parfaitement une balle de sureau de 5 à 6 lignes de diamètre -que lorsque l'air est sec, un fil de soie très-fin passé dans de la cire d'Espagne bouillante, et ne formant qu'un petit cylindre d'un quart de ligne de diamètre, et de 5 à 6 pouces de longueur, remplit le même objet ; enfin , qu'un fil de verre, tiré à la lampe d'émailleqr, de 5 à 6 pouces de lon-

fjueur, n'isole la balle que dans des jours très-secs, et orsqu'elle est chargée d'un très-faible degré d'électricité» Coulomb ayant suspendu à un fil de soie très-fin, enduit de cire d'Espagne et terminé par un petit cylindre de gomme laque de 18 à 20 lignes de longueur, une petite balle de sureau semblable à celle de l'aiguille, il l'introduisit par l'ouverture du couvercle de la balance électrique. Les balles ayant été électrisées au moyen d'une épingle à grosse tête, isolée et chargée d'électricité, se repoussèrent mutuellement.

(1) Mémoires de FAcad. des Se, *785, p. 6i5. -

CttAPITRE IV. ' I§9

La balfe de l'aiguille -fut chassée, par exemple, à 4o degrés; ?n tordant le fil de suspension de i4o°, il la raitiena à 20 degrés ; il observa 1 instant où cette balle répondait très-précisément à 20 degrés. L'électricité se perdant peu à peu , les balles se rapprochèrent ; mais pour les maintenir toujours à la première distance de 20 degrés, il détordit le fil de suspension de 3o degrés, et la force de torsion étant diminuée d'autant, les balles furent chassées à un peu plus de 20 degrés. Il attendit ensuite l'instant où la balle de l'aiguille arrivait à 20 degrés , et tint compte du temps écpulé entre les deux opérations, qqi se trouva être de 3' : il résulta de là qu'après la première observation, la distance des balles étant 20, la force répulsive avait pour mesure 1A0 degrés -H 20; que 3f après, la force répulsive , à U^même distance de 20 degrés, n'était plus que i|o degrés + 20, c'est-à-dire, qu'elle était diminuée de 3o degrés, ou de dix degrés par minute : mais comme la force moyenne entre les deux observations était mesurée par l4$ degrés, et qu'elle diminuait de 3o degrés en 3', o\\ de 10 4egrés par minute, la forpe électrique des deu$ telles diminuait donc de -~ par minute. C'est d'après cette méthode que Coulomb a formé le tableau suivant

IÔO DE Lk QUAKTITB rfàtECT. Qu'tW CORPS ISOLÉ PERD, ETcJ

EXPÉ1

Pour déterminer la quantité d'électricité perdu

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