CONTACT
§ I*'. Des effets électriques produits dans le contact
des corps solides.
i3o9. JLes effets électriques de contact, quelle que soît leur cause productrice, ont aujourd'hui une telle importance, en raison de leurs rapports avec les affinités et les actions moléculaires en général, qu'on ne saurait les étudier avec trop de soin. Volta crut pouvoir les expliquer Yl.o^^ partie,, i
2 DES EPFETS ELECTRIQUES DE CQjNTACT*
tous au moyen .d'une force électro - motrice qui constitue deux corps eu contact dans deux états électriques différents. Fabroni leur attribua une origine cbimique. ïour à tour ces deux opinions ont été alternativement combattues et défendues par Wollaston , Davy et autres physiciens ; mais ce n'est réellehient que lorsqu'on eut analysé les effets électriques qui ont lieu dans les actions chimiques , que l'on fut obligé d'admettre l'influence immédiate des réactions chimiques sur les phénomènes électriques de contact.
M. Delarive est un des physiciens qui ont le plus contribué à ébranler la théorie de Vblta , ett s'appuyant sur une foule d'expériences dont il a discuté les résultats avec la plus grande habileté. De mon côté , comme on l'a vu dans les cinq premiers volumes de cet ouvrage, j'ai fait un grand nombre d'expériences qui démontrent rigoureusement que l'action chimique dans le contact est une des causes les plus déterminantes du dégagement de l'électricité : méconnaître cette cause aujourd'hui, c'est nier l'évidence. La théotie du contact ayant été défendue, ces dernières années, par quelques physiciens, j'ai cru convenable delà soumettre à un nouvel examen, afin de m'assurer si les opinions que j'ai émises précédemment sur son insuffisance pour expliquer les phénomènes, ne devaient pas être modifiées en raison des découvertes dont la physique s'est enrichie depuis la publication des premiers volumes de mon ouvrage. Voici les observations que j'ai eu l'occasion de faire à cet égard : ^
i3fO. Pour me mettre, autant que possible, à l'abri des effets électro-chimiques , j'ai sourliis à l'expérience , comme je l'avais fait auparavant, des substances qui, exposées depuis des siècles aux intempéries des saisons, n'avaient éprouvé aucune altération sensible, à en juger par l'état des surfaces. Je citerai particulièrement le platine, l'or, le peroxide de manganèse, le persulfure et le carbure de fer, etc. Toutes les précautions ont été prises pour que les surfaces de ces corps soient très-nettes et les doigts lavés avec de Teau distillée. J'ai montré ( 80 )