‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 143 sur 278 · CHAPITRE IV. 5l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. 5l

reil, qui se trouve aujourd'hui dans les collections de l'A-' cadéinie des sciences, se compose d'une grande cage ea ■verre, d'un seul morceau, sous laquelle se trouve ime machine électrique ordinaire , munie de tous ses accessoires. Le plateau est dans une position horizontale, ainsi que les coussins. L'axe, qui est vertical, passe dans une boite à cuir et est termine à soq extrémité supérieure par uue manivelle destinée à le mettre en mouvement. A la partie supérieure de la cage , et attenant à l'axe, se trouve un^ grande virole en cuivre, communiquant avec les coussins de la machine électrique; quand on tourne la manivelle, on touche la virole pour donner écoulement à l'électricité négative. Deux ouvertures sont pratiquées à cette cage ; à l'une est fixé, au moyen d'une virole en cuivre, un tube de verre recoiybé de plus de trente pouces , qui plonge dans un bain de mercure; à l'autre est adapté un bouchon de liège, dans lequel passe une tige de métal cncommuni- . cation avec le conducteur de la machine électrique. Enfin, la cage est placée sur uue platine qui, au moyen de tubes de communication, peut être mise en rapport avec une machine pneumatique et des récipients qui renferment différents gaz.

On' commence par faire fonctionner la machine dans l'air, en tournant avec la même vitesse, et l'on juge de la tension de l'électricité dégagée au moyen d'un électromètre placé à peu de distance de la jigc de communication. On fait ensuite le vide et l'on voit quelle est la tension. Je me borne ici à donner la description de cet appareil , qui peut servir à faire un grand nombre de recherches.

1 349. J'arrive maintenant aux expérience faites dans ces derniers temps sur le dégage lectricité et sur sa conservation dans le vidç. tion, je le répète, quoique d'un grand intérêt jusqu'ici l'attention des physiciens. L'idée c| faite de la manière dont l'électricité est retei face des corps , a détourné les esprits de ce

Sa DU DÉGAG. DEL'ÉLECT. PAR FROTT, DANS l'aIR,ETC.

cherches. La théorie admise jusqu'ici suppose qu'il existe deux fluides impondérables, éminemment élastiques, dont les molécules de chacun d'eux jouissent de la propriété de se repousser en raison inverse du carré de la distance, et d'attirer celles de l'autre, suivant la même loi. Cette même théorie, par suite des résultats de l'analyse, admet que l'électricité n'est retenue à la surface des corps que par la résistance que l'air lui oppose pour l'empêcher de se dissiper. On conçoit qu'avec une semblable théorie, qui paraît reposer sur des bases inébranlables, on devait faire peu d'attention à des faits qui étaient en opposition avec les résultats de l'analyse mathématique. Ces faits pouvaient tenir, disait-on, à des causes inaperçues qui ne pouvaient infirmer en rien les lois obtenues. Passons maintenant aux expériences. Wollaston, comme nous l'avons déjà vu (i), après lui plusieurs physiciens, et en particulier M. Péclet, ont cherché s'il était possible de faire fonctionner la machine électrique ordinaire, munie de coussins enduits d'amalgame ou d'or massif, dans le vide, dans l'air ou dans différents gaz. Wollaston essaya de prouver que le dégagement de l'électricité, en général, est dû à une oxidation. Il établit à cet effet un petit cylindre avec ses coussins enduits d'un amalgame très-oxidable de zinc ou d'étain , et ses conducteurs, dans un récipient tellement disposé, qu'il pouvait enlever à volonté l'air qu'il renfermait et le remplacer par un autre ou par un gaz. Après avoir essayé le degré d'énergie de l'appareil dans l'air, il substitua à ce dernier du gaz acide carbonique, et trouva que tout développement d'électricité était suspendu. Les signes d'électricité reparaissaient aussitôt que l'on introduisait dé l'air dans le vase. Il trouva encore qu'en enduisant les coussins avec un amalgame d'argent ou de platine, qui n'est pas susceptible de' s'oxider, on ne pouvait jamais obtenir d'électricité. De là il conclut que le dégagement de Télectricilé est

(i) Tome II, pag. 76.

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