CHAPITRE IV
réellement dû à une oj^idation. M. Gay-Liissac, qui a répété ces expériences, a trouvé que le dégagement d'électricité a également lieu avec des amalgames très-oxidables dans une atmosphère de gaz acide carbonique, pourvu que ce gaz soit privé de la plus grande partie de son eau hygrométrique.
i35o. M. Péclet s'est attaché aussi à déterminer l'in-' fluence de l'action chimique de l'air sur les amalgames; il a commencé par chercher le pouvoir conducteur de l'air et des gaz, dans la supposition où ce pouvoir conducteur pouvait agir sur les effets observés. Il a fait construire à cet effet deux balances de Coulomb, parfaitement semblables. Chacune d'elles est percée d'un orifice dans lequel passe un petit tube de verre mastiqué sur les parois et renfermant une tige de cuivre, terminée par des boules égales de métal. Cette tige est destinée à transmettre de l'électricité au disque de clinquant. L'intérieur du vase communique au dehors au moyen de deux tubes, dont l'un s'élève jusqu'au sommet et l'autre seulement jusqu'à une petite distance du fond. Ces tubes sont destinés à enlever les gaz de l'intérieur des vases et à en mettre d'autres à leur place. Le tube destiné à l'introduction des gaz communique avec un large tube extérieur rempli de chlorure de calcium. Un de ces appareils communique avec une soufflerie, l'autre avec un appareil destiné à produire de l'acide carbonique. * Après avoir donné aux deux boules de métal la même quantité d'électricité, afin que les deux balances soient chargées au même degré, on fait passer dans une des balances un courant d'air sec, et dans l'autre un courant de gaz acide carbonique également sec. M. Péclet, en opérant avec ces deux appareils, a trouvé que les déviations dans la balance pleine d'air et les déviations dans la balance remplie d'acide carbonique après le même temps, comptées à partir de l'origine de la répulsion, étaient absolument les mêmes. Il en a conclu dès lors que les facultés conductrices de l'air et de l'acide carbonique, pour les effets qu'il avait en vue, c'est-à-dire, pour les actions ré-
54 nu DiGAG. DE L'ÉLECt. tAR FàOÏT. DANS l' AIR, ETC.
pulsivfô de TélecîtticitlB, étaient lesmêtnfi?. H aadmîsàlô^is qi^e s'il existait une dîfterènce entre leô (Quantités d'éte'c- Irrcîté d^égagée par frotteînetit dans ces deuxgâîz, cfetfè différence ne pouvait proVenir que d'une action directe ' d*e cliàctin d'eux danè la production de rélectrîcité, et nullement de leurs pouvoirs conducteurs.
Pour feîre les expériences de frottemenl dans différents gaz, M. Péclet s'est servi d'une cloche, traversée par une tige en fer passant dans une boîte à cuit- et portant un cylindre de verre. La tige est mise en mouvement au îtioyen d'un système de deux roues muni d'une manivelle. Sous la cloche se trouve un coussinet fixe enduit d'or mussif , et du côté opposé im peigne métallique communiquant à un fil de cuivre qui sort de h cloche, et se prolonge jusqu'à un électroscope placé dans tine cloche dont l'air est desséché avec du chlorure de càicium. La cloche est munie de deux tubes de verre, Fùn destiné à amener le gaz desséché , l'autre à le faire sortir. Il a opéré successivement avec l'air et le gaz acide carbonique parfaitement desséché ; il faisait passer lé gaz dans le vase pendapt un temps assez long pour que l'intérieur ne renfermât plus que yj d'air. En tournant la manivelle avec des vitesses sensiblement les mêmes, il à obtenu dans les detik cas les mêmes résultats.
En opérant avec de l'hydrogène parfaitement pur, les effets ont encore été semblables; il en a conclu dès lots , contrairement à ce que Wollaston avait annoncé , et conformémiént à ce que M. Gay-Lussac avait obserVé*, que, dans la production de l'électricité par frottement, l'action de l'air sur les enduits, plus ou moins oxidables des frottoirs, ne paraît exercer aucmie influence sur les effets électriques qui en résultent.
Cette conclusion qui nous paraît rigoureuse pouvait être tirée immédiatement des expériences de Gray, qui a démontré que le frottement dégageait de l'électricité dans le vide comme dans l'air.
Harris a fait une expérience, dont il sera question plus loin, et qui confirme les observations de Hàùskbée et de Gray à ce sujet.