CHAPITRE VII. 8g
Avec 5 fils en spirale, formant une longueur de loo mètres, la déflagration est moindre, mais les commotions sont plus fortes. On démontre que la limite de l'accroissement de l'intensité du choc a lieu quand la conductibilité du circuit a éprouvé une diminution suffisante.
En augmentant l'intensité d'action delà batterie, l'action de la spirale courte décroit. En employant une pile à auges ^ de 60 plaques de 4 pouces carrés, à peine observe-t-on un effet quand le courant provenant de la plaque de la pile passe à travers le fil de la grande roue; quant à la commotion produite par le courant induit, elle est trop forte pour être supportée.
En faisant toujours usage d'un fil long , on peut réduire la dimension des plaques de la batterie sans qu'il y ait une diminution correspondante dans l'intensité de -4a commotion.
1375. Ayant pris une très-petite batterie, composée seulement de 6 petits morceaux de laiton, et d'un nombre égal de morceaux de zinc, quand le courant de cette batterie passait dans le fil de la roue, c'est-à-dire, dans un' fil de près de 5ooo mètres de long, la commotion se faisait sentir à la fois dans vingt-six personnes se donnant la main. Cet effet vraiment extraqrdinaire suffit pour donner une idée des effets produits par les courants induits, ayant une intensité considérable, quoique produits par une petite quantité d'électricité.
1376. La forme du métal enroulé a une influence considérable sur l'intensité du courant. M. Faraday avait fait usage, dans ses expériences, d'une spirale formée d'un fort fil de cuivre, renfermant une tige de fer doux. Cette forme produit effectivement le plus grand effet quand on fait usnge de la réaction magnétique ; mais dans les cas d'induction, le professeur Henry a trouvé qu'on obtenait de plus grands effets en employant des rubans au lieu de fiJs. Dans ce cas, les différentes spires étant plus rapprochées, doivent exercer effectivement une plus grande influence les unes sur les autres.
9q GOND. QUI INFL. §{J|l LES PROQ, SES COUR. SEC,
$11. Conditions qui exercent une influence sur ïaptx)" duction des courants secondaires.
1377. ^^ cour^tits secondaires ont été Recouverts par M. Faraday, en faisant réagir ^ distance des aiiqants, oa des couranC^ électriques ^ sur des fils de cuivre, {^e professeur Henry ^ frappé de Faction énergique des spi^ raies plates, a voulu ^^^ servir pour étudier \^ pKépomèqes des courants toltaïques secondaires. Il a pns, à cet effet, la spirale ^ (fig. 3o), disposée ppiir recevoir je courant de la petite batterie , et la spirale b \ qu'il a placée sur la première, en les séparant l'une d^ l'autre ati moyen d'Une plaque de verre. Toutes les fois que le circuit a é^^jt interrompu, on obtenait up courant secondaire înfjifit puissant dans le circuit b.
£n frottant ensemble les extrémités de )a secoijde spirale, il se produisait Une étincelle; ces mêmes extrémités ^ étant mises en communication avec, une spira)^ magné-r tique, l'aiguille placée dans son intérieur devenait fortement magnétique ; quand elles étaient en communicattP|:| avec un appareil décomposant, on obtenait à cl^aquq pôle un dégagement de gaz. Le choc produit par le second ruban était très-faible et se faisait à peine sentir daiis les doigts.
1378. On a placé ensuite une hélice, dqnt le fil avait une longueur de a6o5 mètres, sur la spirale a. Lfe poids de cette hélice se trouvait être {)récisement le même que celui du ruban, et par conséquent les différents effets provenant de la même quantité de métal dans \ps deux formes d'un conducteur long et d'un autre conducteur , pôuvaifsnt être comparés. Avec cet arrangenietit, leseffe^^ magnétiques obtenus avec l'appareil ci-dessus disparaissaient; les étincelles étaient beaucoup plus petites et les décompositions étaient également moindres qu'avec I4 spirale courte; mais le choc était presque trop intense pour qu'on put le recevoir à travers le corps. Cinquantesix personnes le reçurent en même temps par la simple
Ç^ApIT££ yil. 91
mpture du courant de la batterie. Le professeur Henry a piontré qu'il y avait une limite à l'accfoissepient de l'intensité du courant, aussi bien q^'au pouvoir de décomposition, avec un fil de diamètre donn^. Il a montré en outre qu'en augmentant le diamètre du fil j on peut aussi accroître sa longueur et obtenir des effets plus marqués; et il en a conclu, ainsi qu^ de diverses autres ejjppériences, que les courants qui, d'après la théorie d'Ampère, sont censés circuler dans les aimants, sont analogîies à ceu^ de la spirale courte, c'est-à-dire, qu'ils sont abondants en quantité et de faible intensité*
1879* Les e^Lpérietices rapportées dans le paragraphe précédent ont été faites avec un seul couple; mais si l'on emploie que pile ^e 60 éléments , on obtient les résultats suivants :
Lorsque l'on fait passer le courant dans la spirale n^ I , on n'obtient qu'une très -faible indication de courant secondaire dans une des spirates ou hélices disposées comme il a été dit précédemment. La longueur de la spirale n'était pas en rapport avec l'intensité du courant de la batterie. Mais il, n'en était plus de même en substituant la grande hélice n° i à la spirale n? f : on avait alors une action inductive puissante.
Les hélices n®* a et 3 ayant été réunies et placées dans l'hélice n® I , le courant secondaire donnait de fortes commotions, une faible décomposition chimique et point d'aimantation dsins le fer à cheval. Ou avait alors un courant induit intense produit par un courant d'une batterie énergique* L'expérience fut faite autrement; la spirale n^ 3 fut placée sur l'hélice n° i ; le courant in- ' direct ne donna point de conimotion ; mais il aimanta lé fer à cheval* En frottant les extréinités du ruban, on obtint dçs étincelles brillantes; ce courant avait donc la propriété d'un courant très-abondant, c'est-à-dire formé d'une grande quantité d'électricité.
Ce fait et d'autres analogues établissent qu'un courant intense peut en induire un abondant, tandis quQ le^ expériences {précédentes montrent qqe Ton pçut obtenir le contraire.
ga DE l'induic. des cour, secoistd. a distance.
On voit par là comment l'intensîté et la quantité peuvent être produites toutes' deux par la même induction.
On peut conclure de quelques-unes des expériences précédentes, que la quantité d'électricité en mouvement dans l'hélice est réellement moindre que dans la spirale de même poids. Cet effet provient probablement de la plus grande résistance que présente le fil le plus long. Il paraît résulter des expériences précédentes, que, pour produire les effets physiologiques les plus énergiques, il ne faut qu'une petite quantité d'électricité se mouvant avec une grande rapidité.
M. Henry s'est borné à donner les conditions générales qui exercent une influence sur l'induction voltaïque. Pour obtenir la loi de cette induction, il faudrait opérer avec une pile à courant constant, et pouvoir rompre le circuit d'une manière uniforme, condition assez difficile à remplir.
§ III. De Vinduction des courants secondaires à
distance.
i38o. Dans les expériences précédentes les hélices in« ductrices et induites n'étaient séparées que par une lame de verre,; voyons quels sont les effets produits quand elles sont plus éloignées. La spirale n^ i a été mise sous la forme d'un anneau d'environ 6 décimètres de diamètre, et l'hélice n° 4 placée comme l'indique la fig. Sa. Lorsque la distance était de [\ décimètres, des chocs pouvaient être perçus sur la langue; leur intensité augmentait à mesure que la distance diminuait, et ils étaient très-forts dès Tinstant que l'hélice se trouvait dans la place de l'anneau. On obtenait encore un plus grand effet quand elle se mouvait du centre à la circonférence; mais quand elle était mise en contact avec la circonférence extérieure en A, les chocs étaient très-légers; placée dans l'intérieur, l'axe à' angles droits avec celui de l'anneau , on n'obtenait aucun effet. Cet arrangement n'est pas le plus favorable pour