CHAPITRE Vir. loi
petite étincelle à l'instant où la déchargera lieu dans l'autre spirale.
Lorsque les bouts de la même spirale sont à une distance considérable, on peut obtenir une étincelle plus forte.
Toutes les fois que les bouts de la spirale extérieure sont réunis de manière à former un circuit tout métallique, on peut en tirer une étincelle en un point quelconque, quand on fait passer une décharge à travers la spirale intérieure. Les étincelles sont dues ici à des décharges latérales.
iSgsi. Il résulte encore de diverses expériences, que la décharge de la bouteille de Leyde possède, comme la pile, la propriété d'induire un courant secondaire, et que cette induction est tellement en rapport avec le phénomène de la décharge latérale, que celle-ci participe de la nature d'un courant électrique ordinaire. Diverses expériences montrent aussi que l'on peut produire des courants de différents ordres avec l'électricité ordinaire. Mais nous n'entrerons dans aucun détail à cet égard, attendu que les résultats sont les mêmes qu'avec l'électricité voltaïque.
On a obtenu également des effets d'écrans semblables à ceux qu'on avait eus avec les courants ordinaires. Il en a été de même quand on a substitué des spirales aux plaques, comme il a été dit précédemment.
Dans toutes ces expériences, l'existence du courant induit a été déterminée au moyen de l'aimantation d'une aiguille placée dans une spirale en rapport avec l'une des grandes spirales. Je ne dois pas oublier aussi de dire que l'on a obtenu des chocs au moyen du courant sécon- ^daire. Les hélices c n°* 2 et 3 (fig. 38), ayant été réunies^ furent mises dans un bocal de verre, et la spirale a, n" a, placée autour de ce bocal. £n saisissant les manches métalliques adaptés aux extrémités de Thélice c, on éprouvait un choc au moment où la décharge traversait la spirale extérieure. Dans toutes les expériences, en employant l'électricité ordinaire ou l'électricité voltaïque,
f Q) DES COUR. Iirb. DB DIFf.^ QltPJI^I PROD. AU MOT., ETC.
le^ irésuUaU ont éfé semblable». Je doià dire Mpendant que les courants de différents ordres obtetlli9 avec Yéf leOtripiié 0rdioairQ « au lieii de présenter les aUernattves
dp^ GOtimdte Ypltaïques, spni toqs diib» Ia mêm^ di^
rection que la décharge de la bouteille.
I ^qX M} Henry ^ après avoir fdU plusiëQri» expériences pQ\ïr ^^pliquer cette différence, ^ p0nsé que Ift direction 4e« çour^ut^ pouvait bieu dépendre de 1a distance de$
p0uduQt^urs.
Pour vérifier cette idée 9 il a tendu parallèlement deux bandes étroites de feuilles d'étain , d^ed vil'on 4 niètrisa de long, en les séparant au moyen de plaque$ minera de Hiica à une distance d'environ un demi - millimètre; en faisant passer dans Tune d'elles la décharge d'une bou* teille de Leyde, on obtenait dans l'autre un courant induit dans la même direction, Les rubans ayant été séparés par des plaques de verre a uue distance d'un peu • plus d'un millimètre, le courant cheminait encore dans la même direction,. Quand la distance était de 3 millimètres ^ on ne pouvait obtenir de courant induit. En augmentant la distance, le courant a reparu de nouveau, mais dans une direction opposée. On n'a point remarqué en* ^uite d'autres çhaUgemeuts dans la direction des courants. Pans ces expériences ^ la direction du courant a été déterminée par la polarité de J'aiguille placée dan$ la spirale magnétisante,
' i394* £n employant une bouteille de Leyde ordinaire et les conducteurs étant placés à une distance moindre, de Tz de pouce, le courant induit était toujours dans la ^lême direction que le courant primaire; jnais quand on éloignait graduellement les conducteurs, on trouvait toujours une distance oii la direction du courant commençait a changer. Cette distance dépendait de la force de la dép charge, de la longueur et de l'épaisseur des conducteurs. Avec une batterie de 8 bouteilles , semblables à celle qu'on a (léjà mentionnée, et en employant des fils parallèles, d'eaviroi^ 3 mètres de long , le changement dans la direction n'avait pas lien à une distance au •< dessous de 3 à
CH&PITRB TH. )o3
4 décimètrôs ; avec une batterie encore plas ibf te et dés ponducteurs plus longs, on nt trouvait aucun changenlent^ quoique l'induction fût produite! à là distance de 6 déoU snàtrës auiîdessas.
Les courants de tous les ordres jouisséiit égalénieiit âe là propriété de changer là dir^tion des cblirànts induits aTëb la distance. Dans ces différents cas tiependant^ le ehaiigement a toujours lieu à une très«petitë distatieé du fii conducteur, et sods ce rapport le résultat est semblable fl l'effet d'un coùratit primaire dé la décharge d'une pe« tite bouteille.
1 39S. Voici encore une expérience qui donne une grande idéci des effets d'induction ph>duits par une forte dé*charge électrique. Cette expérience a été faite avec une batterie de 3!i bouteilles et un fil de cuivre de 0,0026 tnètre$ de diamètre^ et de a6 mètres de long, dont les bouts ôiit été mis en communication avec la batterie. A côté dé ce fil, s'en trouvait tin autre ayant lias tiiémes dimensions et dont les bouts étaient en rapport avec une. spirale luagnétisatite. Les deltx fils recourbas ^ comme l'indique la flg. 89, ont d'abord été placés à la distaticè d'environ 3 millimètres, et ensuite séparés après cHaqiie déchargé de toute la batterie ^ travers le premier fil. Quand on faisait une rupture en a, l'aigUille en b n'était pas aimantée; mais quand le circuit était complet, l'aiguille par son aimantation iiidiquait un courant dans la même direction que celui de la batterie. En augmentant la diètaiice jusqu'à près d^ 5 décimètres , la direction dti courant no changeait pa$, et son intensité était suffis santë pour dotmer le choc. Le second fil â été placé ensuite autour de l'autre, de manière à le renfermer; le tiïagnétisme parut alors plus fort. La direction du courant était encore la même; on a continué à l'écarter jusqu'à ce que les deux fils fu^ëeut séparés à la distance de 4 tnètres, e)£cepté en un endroit oiî ils étaient croisés à la distance de 2 mètres; l'aiguille , à cette grande distatice, était encore assez magnétique pour attirer la limaille de &r« I^ direction du courant était la mâqie que éell^
I o4 DES COUR. IND. DE DIFF. ODBD., PROD. AU MOT., ETC.
de la batterie. La longueur dû circuit du fil intérieur était d'eaviron 26 mètres, et celle du fil extérieur de 89 mètres. Des effets d'induction analogues à ceux que je viens d'indiquer, doivent se manifester dans la décharge de l'électricité des nuages.
1396. Une décharge d'électricité ordinaire produisant un courant secondaire puissant dans un fil voisin, il est probable qu'elle doit produire un effet analogue dans le fil même où elle a lieu ; mais il est bien difficile de l'ob* server. Le professeur Henry rapporte à ce sujet l'expérience suivante faite sur l'électricité atmosphérique, en i836, par un comité de l'institut de Franklin : deux cerfs-volants avaient été attachés et élevés avec un petit fil de fer au lieu de corde; le fil s'étendait sur la longueur d'environ un mille. Le temps était parfaitement clair, et cependant les étincelles tirées du fil avaient une si grande force, que 1 5 personnes se donnant là main et debout sur le sol reçurent en même temps la commotion, dès que le premier eut touché le fil. £n saisissant une bouteille de Ijcyde par l'armure extérieure, et présentant le bouton au fil, on reçut une commotion très- forte, qui n'était que le résultat d'une induction soudaine et intense.
Ces effets ne doivent pas être attribués à l'électricité accumulée aux extrémités du fil, puisqu'il fallait approcher l'articulation du doigt à environ 6 millimètres avant de recevoir l'étincelle; il ajoute qu'on ne peut aussi les at^tribuer à la quantité depuis que les expériences de Wilson ont prouvé qu'on ne produit pas le même effet avec une somme égale d'électricité répartie sur la surface d'un grand conducteur; il en conclut alors que l'effet observé est dû à l'induction d'un courant sur lui-même.
Le fil étant chargé d'une quantité-considérable d'électricité faible, qui passe sous forme d'un courant dans toute sa longueur, il se produit une induction à la fin de la décharge , comme dans le cas où un long fil transmet un courant voltaique.
Il paraît résulter des observations faites, qu'il est probable que le courant voltaique , comme le cou*
CHàPITRE Vif. Io5 .
rant élcK^rique, produit d'abord upe action iaductive dans la direction même, et que l'influence inverse a lieu à i|pe petite distance du fil.
Pour faire vérifier cette conjecture , M. Henry a place rbélîce sur la spirale n^ j, pour recevoir l'induction, el ses bouts ont été unis à ceux de la spirale e^itérieure en étain du cylindre de. verre (fig. 37), taudis que la spirale magnétisante.était attachée au bout de la spirale intérieui^. Il s'est produit alors un courant tertiaire faible, dont la direction était la même que celle ducourant primaire. Dans d'autres cas, le magnétisme était imperceptible, o]x dans un autre sens. Avec un arrangement de a spirales , dis* posées autour de a cylindres de verre l'un dans l'autre, on obtenait le même effet. Le magnétisme était moindre quand la distance des deux séries de spires était plus petite; ce qui indiquait lapproche d'une position neutre. Ces résultats paraissent indiquer le même changement que la distance dans le cas des courants voltaïques. La distance à laquelle a lieu ce changement semblerait moindre avec les courants voltaïques qu'avec les décharges.
Aussi tout concourt à prouver qu'il y a une parfaite analogie entre l'action inductive du courant primaire de l'appareil galvanique et celui de la batterie électrique ; seulement, le point de changement de chacun d'eux avec la batterie parait s'effectuer à une grande distance.
1397. L'effet neutralisant des plaques interposées peut s'expliquer en disant que lorsqu'on agit en même temps sur un troisième conducteur par un courant primaire et un courant secondaire, à moins qu'il ne soit très-rapprpché du second fil, cet effet toiiibe dans la sphère de l'influence + du premier, et dans celle de rinfluence — du dernier, et que par conséquent il n'y a pas d'induction produite. La figure 4^ rend compte de ce qui se passe; a, représente le conducteur du couratit primaire; by celui du courant secondaire; c, -le troisième conducteur. Les signes H — h + commençant au milieu du premier conducteur et s'étendant jus* qu'en bas, représentent l'influence constante + du cqu«
I06 DE Ti'iNBtTCT. DES KKSXfk. THERMO-iÉLEGT. j
Mtit, et 1^ Hig&eS rf- G -'' — ^eté., mtnineftçàm ttu Ml^ «ôtid, Indiquent que son iiifluëflté indùctitë èhàùgé avec la distance. Le ti:oisièm6 côndttotëUt*^ ddti^tqe tfti lo voit dàn3 Ift figure, tornb^ dâHft Isc régidti 4^ du ëëûhint pfirtiaire et dà&6 Ift légion ---^ du ct>ilfàtlt ^ëcOHââit^^ ^1 j|)&t là le» deux 9<îtiëtiS se neCitmlisetlt Ffiii^ l'àUthè, il tie ^e l^rbduil ^% de fësultijtts ^ppàfdflts.
La flguté 4 1 Indique là diftpoâitiotî àd ihoyëti de laquelle en tonçôit YeSM. héUfralisànt dâtis le daé dèâ tolit^tits secondaire et tèhiàifi^. Lé fil dbnduiSâdt 1« ooùràiit sëddii^ daire est t'epréfeetitë pttr hi celui qui cëtiduit lé tî5uî»*iît tertiaire par c, et Tautfë fil pôUt^ fëcevôir riiiduëtîôri pëtrf. La direction de rinflufeiice, cômifie avant, est indiqué^
pà^ -f- o etc.; oh voil encore ici le trdi^iéinè fil
datis la région + d'un coUt^aiit et dans la régioii {nôlhè dans l'autre. Quand rf est pladé a&sez pt^ft de 6, âlètS là tieutralisâtioti n'a pas lieu, et l^s d&ul cotisants teiîâèiit à y produire Une induction dans la rtlêittë dit^ëètîëh.
Toutes les expériences qui vietitlènt d'être rappbfteës se lient intimement avec leâ obsefvfcltîbnS de M. 8ôvâ^y concernant le magnétisifle alternant que prëniiëilt des aiguilles d'acier plabées à diverses distances de 14 ligiè de décharge d'électricité ordinaire!, et avôt cellël de M. Harris sur l'influence knagnétique de t0Us lëâ itlétàUt servant d'écrans (l). '
§ V\. De t induction des courants ihermO'él)^ctriqUês.
îSgfi. Tous les courants électriques doivent produire des effets d'induction , c'est un fait qUÎ est aujourd'hui bien établi; mais il restait à démontt^er que leS èoUfants Iherrtiô - électriques jouissent également de ôelte propriété. Voici comment M. Zantedeschi l'a prouvé ((i). Des filis de cuivre, ent0Urés de soie, ont ^té enroulés dans
r . ' - ■; '- 'Jf ■*"■ -1 j .1 ■ ■■■ . I • i'. 1 .1 111' >ii .Oflti!j|L ti I jî *9t
(i) Tom. in j p. 244 et f. ii, p. tÛ, (a) Bibl. Univ., t. é5, p. iQO.