‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 186 sur 278 · CHAPITRE X. t · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. t

142&0. Considérons maintenant le pouvoir conducteur électroly tique , ou la décharge parj'addition de substances aux diélectriques employés. Les acides sulfuriquci phosphorique , oxalique et nitrique, augmentent, comme on sait, considérablement le pouvoir conducteur de Teau, tandis que les acides tartrique et citrique n'augmentent que fs^iblement ce pouvoir; et d'autres, comme les acides acétique et borique, ne produisent pas de changement sensible.

De même, l'ammoniaque est sans effet, pendant que son carbonate, les alcalis caustiques et leur carbonate produisent un effet remarquable, ainsi que les sulfates de soude , le nitre et plusieurs autres sels solubies. Le percyanure de mercure et le sublimé corrosif n'en produisent aucun, de même que l'iode, la gomme et le sucre.

D'un autre côté, dans plusieurs cas, la substance ajoutée éprouve une action directe ou indirecte, et alors les phénomènes deviennent plus compliqués. Nous cite« rons particulièrement l'acide hydrochlorique , les protochlorures solubies, les iodures et l'acide nitrique, etc.

Dans d'autres cas, la substance ajoutée, quand elle n'est pas seule, n'est pas soumise tiu pouvoir de la batterie voltaïque , tandis que, lorsqu'elle est associée à l'eau, elle communique et reçoit les pouvoirs. Tels sont l'acide sulfureux, l'iode et le brome, le chlorure d'arsenic, et probablement l'acide sulfurique et l'acide phosphorique.

Tous ces effets dépendent des relations qui existent entre les affinités en vertu desquelles les éléments de ces corps sont réunis, et les forces électriques auxquelles ces mêmes élémentssont soumis; relations qui, dans l'état actuel de la science, ne peuvent être déterminées à priori. Il faut donc en appeler à l'expérience, pour résoudre 1^ question dans chaque cas particulier.

§ lÎL Décharge de rupture.

1 42 1 . M. Faraday appelle ainsi, comme je l'ai déjà dit, W

l36 DléCHàRGE DE RUPTURE.

décharge qui a lieu sous la forme d'étincelle, d'aigrette et de lueur. L'étincelle ne se montre qu'autant qu'il y a un diélectrique placé entre les deux corps chargés d'électricité contraire; en diminuant la densité du diélectrique, on a la lueur. Les effets qui précèdent dans le diélectrique sont des effets d'induction, dont l'intensité, immédiatement avant que l'étincelle éclate, est la limite de l'influence que le diélectrique développe pour résister à la décharge. C'est donc une mesure du pouvoir conservateur du diélectrique. M. Harris est un des physiciens qui ont examiné avec le plus de soin les circonstances qui limitent cette action dans l'air. Il a reconnu (p. 12 3') que la quantité d'électricité varie exactement avec la distance entre les baltes ou entre les points de décharge, c'est-à-dire, qu'il faut une quantité d'électricité double pour une distance double; qu'en faisant varier la pression ou la densité de l'air, les quantités d'électricité nécessaires pour produire la décharge à travers un intervalle constant varient exactement avec la densité de l'air.

Si la quantité reste la même tandis qu'on fait varier l'intervalle et la densité de l'air, on trouve que celle-ci est dans un rapport inverse avec l'autre, c'est-à-dire, que la même quantité passe à une distance double quand Tair est raréfié de moitié.

i4^2« Les variations de température dans l'air ne produisent non plus aucun changement dans la quantité d'électricité, nécessaire pour opérer une décharge dans un espace donné.

M. Faraday admet que la décharge a lieu probable-* ment, non quand toutes les particules ont atteint un certain degré de tension^ mais quand la particule qui est la plus affectée a été exaltée au point d'ê.tre intervertie. Car, bien que toutes les particules qui se trouvent sur la ligne d'induction résistent à la charge et soient associées dans leurs actions, de manière à donner une somme de forces résistantes, néanmoins, quand il y en a une de déplacée hors de la direction , toutes doivent ouvrir la route, comme dans le cas d'une étincelle entre deux balles.

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