‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 196 sur 278 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

On obtient des étincelles à des intervalles beaucoup plus grands que ceux qui sont indiqués dans le tableau. Les nombres qui y sont consignés représentent seulement les distances au-dessous desquelles la décharge est une étincelle.

i440' Les expériences précédentes ont des rapports avec celles que le professeur Belli de Milan a faites dans le but d'étudier la dissipation de l'électricité positive et négative dans l'air; je crois donc devoir exposer ici les résultats que ce physicien a obtenus :

Un électromètre à cadran ayant été fixé sur un conducteur horizontal, M. Belli trouva pour moyenne de trois expériences, qu'après avoir éleclrisé le conducteur positivement, l'électromètre mettait 10' a ^' à descendre de ao** à 10°, tandis que lorsque le conducteur était chargé négativement, le même électromètre ne mettait que 4' 3o" à parcourir les dix mêmes degrés. Dans les deux séries d'expériences, l'état de l'atmosphère n'avait pas changé , la disposition des appareils était la même ; enfin , toutes les circonstances étaient semblables dans les deux cas. D'autres séries d'expériences ayant donné les mêmes résultats, M. Belli en a conclu que dans l'air orditiaire et aux tensions" pour lesquelles on se sert ordinairement de l'électromètre à cadran , tensions qui déterminent des étincelles longues de une à deux lignes, l'électricité négative se dissipe plus promptement que l'électricité positive.

Rien n'étant changé dans l'appareil, on ajusta seulement une pointe métallique à Tune des extrémités du conducteur isolé. Ge conducteur ayant été électrisé positivement, la tige de l'électromètre descendit rapidement à six degrés. A la déperdition qui avait eu lieu jusqu'à ce moment par la pointe , avec un bruit perceptible et une lumière visible dans l'obscurité, succéda une déperdition lente, semblable à celle qui avait lieu sans la pointe. Avec de l'électricité négative , la tige de l'électromètre descendit rapidement à quatre degrés et demi , et ce ne fut que

l58 DÉCHARGE LUMINEUSE.

lorsqu'elle fut parvenue à ce point que la déperdition commença à s'opérer lentement.

Ces résultats, qui ont été confirmés encore par d'autres expériences, viennent à l'appui des conséquences auxquelles M. Belli avait été conduit d'abord.

Au lieu d'adapter la pointe métallique au conducteur lui-même , on lé plaça vis-à-vis de son extrémité sur un pied non isolé. Le résultat prouva encore la différence qui existe entre le pouvoir absorbant et émissif des pointes pour chacune des deux électricités.

M. Belli a déduit enfin des faits qu'il a observés : I** que la force ordinairement moindre que possède l'électricité négative, comparée à cellej de l'électricité positive, fournie par la même machine, ne dépend pas seulement de la disposition moins avantageusedes conducteurs destinés à recueillir la première électricité, mais aussi de la déperdition plus facile qu'elle éprouve; 2° que l'on ne peut admettre le principe mis en avant par M. ïr.émery pour expliquer le phénomène de la carte percée au moyen d'une étincelle électrique , principe d'après lequel l'électricité positive se propagerait dans l'air plus facilement que l'électricité négative, puisque les faits observés effectivement par M. Belli tendent à prouver que l'électricité négative se propage plus facilement que l'électricité positive.

§ • VII. Décharge lumineuse.

\[\t\\* Cette décharge, qui se montre sous la forme de lueur souvent très -belle', semble dépendre d'une charge rapide et presque continue de l'air qui entoure le conducteur. La diminution de la surface électrisée produit cet effet. A mesure que la boule ou la tige arrondie qui est électrisée positivement diminue, les aigrettes disparaissent et sont remplacées par une lueur phosphorescente continue .qui couvre tout le bout du fil; avec des tiges très-petites; et aussi avec des pointes coniques émoussées, les lueurs ont lieu plus rapidement; avec

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une {>oinl:e très^fine, on ne peut obtenir l'aigrette à l'air libre, mais seulement la lueur.

L'augmentation de pouvoir dans la tnachine tend à produire la lumière. La raréfaction de l'air favorise mei*- Yeillèusement les phénomènes de la décharge lumineuse.

Il est très^-difficile d'obtenir une lumière négative dans l'air à des pressions ordinaire^ : M. Faraday n'a pu Ta voir avec une tige de o, 3 p. de diamètre, ni dans des tiges plus petites. La lueur se présente dans tous les gaz' qu'il a observés : l'air, l'azote, l'oxigène, l'hydrogène, le gaz Oxide de carbone, l'acide carbonique, l'acide hydro-chlorique, l'acide sulfureux et l'ammoniaque. Il pense l'avoir obtenue dans l'huile de térébenthine, mais elle est très^faible et très-peu visible. La lueur est toujours accompagnée d'un souffle venant soit directement de la -partie lumineuse , ou se portant directement vers elle. Le preitiier id9s est le plus général; il a lieu même quand la lueur se présente autour d'une* boule de dimensions considérables.

Les diverses circonstances qui favorisent sa production sont faciles à étudier; ainsi je n'en fais pas mention ici.

Voyons maintenant le rapport qui lie la lueur à l'aigrette et à l'étincelle, selon que les surfaces électrisées sont positives ou négatives. Si l'on commence par l'étincelle, elle devient aigrette pltis rapidement quand la surface où commence la décharge est négative que lorsqu'elle est positive.

\ L'aigrette positive devient une lijeur bien avant que l'aigrette négative ait lieu.

M. Faraday pense qu'il est probable qu'en examinant avec attention Le passage d'un ordre de décharge à un autre, on trouvera que chaque gaz présente des résultats particuliers dépendant du mode dont les particules prennent la condition électrique polaire.

Tous les effets observés tendent à montrer que la lueur est due à une charge ou à une décharge continue de l'air, laquelle est accompagnée, dans le premier cs^,

l6o BIÉCHARGE OBSCURE.

d'un courant venant de la lueur, et dans le second d'un courant qui se dirige vers elle.

Dès Finstant que l'air environnant vient sur le conducteur électrisé et atteint le point où la tension est élevée à un degré suffisant, il se charge et se meut ensuite souà l'influence des forces {auxquelles il est soumis. Pendant ce même temps, il ouvre la route à d'autres particules qui se chargent à leur tour, et ainsi de suite ; d'où résulte un courant.

§ VIII. Décharge obscure.

i442' L'expérience suivante et les effets qui en résultent, suffisent pour montrer ce que l'on entend par décharge obscure.

Soient deux tiges de cuivre de 8 millim. de diamètre, entrant dans une cloche de verre par une de leurs extrémités et mises ensuite en contact ; on raréfie l'air dans l'intérieur de la cloche, puis on fait passer une décharge de la machine entre les tiges, et pendant qu'elle continue les extrémités sont séparées l'une de l'autre; au moment de la séparation , une lueur continue a lieu sur le bout de la tige négative, tandis que l'extrémité positive reste tout à fait obscure. A mesure que la distance augmente, une traînée de lumière pourpre ou blanche paraît à l'extrémité de la tige positive et s'avance directement vers la tige négative, elle s'allonge à mesure que l'intervalle s'élargit, mais ne se joint jamais à la lueur négative; de sorte qu'il y a toujours entre elles un petit espace obscur. Cet espace, d'ewviron un millimètre et plus, est invariable en apparence dans son étendue et sa position relativement à la tige négative. Le même effet se produit, que le bout négatif soit inducteur ou induit.

Avec deux balles dans le récipient, où l'air était raréfié, les résultats ont été les mêmes; mais toutes les fois que le rayon lumineux qui se montrait après l'étincelle et l'aigrette avait cessé, il se changeait en lueur sur les

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