CHAPITRE II
On sait que Davy n'a pu parvenir à priver Peau des matières qu'elle renfermait; M. Grove, pour y parvenir, a soumis à lelectroly&ation, pendant cinq jours, dans un vase de cire, de Teau distillée, acidulée par l'acide sui^fqrique pur. L'électrode négatif en cuivre amalgamé plqngeaitdans du mercure. Au bout de ce temps, le mercure fut remplacé par une autre quantité de mercure, et deux heures après, cette nouvelle quantité fut renferynée dans un tube aveosde l'eau ainsi puriBée; le ipercurfi Ifiissa dégager une petite quantité d'hydrogène , i^ui provenait probablement de la présence dans le mercure du métal d'un des alcalis.
, Cette expérience n'ayant pas donné le résultat qu'il en attendait, il répéta la deuxième expérience, rapportée plus haut, en élevant lajempérature du liquide au-dessous de i'ébullition. L'aiguille du multiplicateur fut divisée de 60® j pt le courant eut une intensité assez constante.
Il mit ensuite une lame de platine dans une cloche remplie d'hydrogène et la- plongea dans du mercurp. Quand le platine ou le mercure était mouillé, il moutrait une tendance à l'amalgamation , mais jami^is quand l'un et l'autre étaient parfaitement secs. De cette expérience, et d'autres que je ne rapporte pas ici, M. Grove en a tiré la conséquence que le mercure, sous l'influeqce d'un courant voltaïque, peut absorber une petite quantité d'hydrogène c(ui se dégage aussitôt que la compiunication est rompue. Quoi qu'il en soit, je crois qu'il faut encore de nouveaux faits pour avoir la véritable explication des propriétés du zinc amalgamé.
§ IIL action des oxacides concentrés sur des couples voliaïques composés d'un métal oxidable et (Sun métal inoxidable.
i/jSy. On sait que l'action chimique d'qn acide à hase d'oxigène sur les métaux oxidables est augmentée par l'association voltaïque de ces métaux avec d'autres métaux,
ï88 ACT. DES OXAC. CONC. SUR DES COUPL VOLT., ETC.
tels que le platine, etc. M. Thomas Andrews (i) vient de montrer que cette action est diminuée généralement dans les mêmes circonstances , quand l'acide est concentré. Les expériences suivante^ mettent ce fait en évidence :
Lorsqu'on introduit dans l'acide sulfurique d'une pesanteur spécifique de 1,847, ^"^' p'^q"^ de zinc, à la température ordinaire, sa surface se recouvre d'une multitude de bulles de gaz si petites qu'on les prendrait pour un précipité blanc. 11 suffit de l'agitation ou de l'application d'une chaleur douce pour les faire dégager. Ce gaz est de l'hydrogène pur. En chaufTant l'acide, il y a à peine une nouvelle production de gaz ; mais lorsque la température a atteint près de loo**, il commence à s'élever de la surface des filets de gaz. En continuant à élever la température, le phénomène continue, et, de i3o à i5o°, il y a une vive effervescence; à des températures plus élevées encore, il se dégage un piélange de gaz sulfureux et d'hydrogène.
Si, dans les mêmes circonstances, on met en contact une lame de zinc avec une lame de platine, de manière à former un circuit continu , les petites bulles de gaz se montrent seulement sur la surface de platine. Si on les enlève , elles ne se reforment qu'après que l'on a exposé une nouvelle surface de zinc à l'action de l'acide. Le gaz obtenu est encore de l'hydrogène pur. Si l'on chauffe l'acide, il ne se développe pas de gaz de la surface de l'un des métaux jusqu'à ce que là température • ait atteint iSo** centigrades. En continuant à élever la température, des rayons de gaz s'élèvent du fîl de platine; de 210 a 240^, il y a effervescence. Le dégagement de gaz n'a lieu que sur le platine.
JM. Thomas Andrews a reconnu que le gaz dégagé sur la surface du platine diffère du gaz obtenu avec le zinc, par la petite portion d'hydrogène qu'il renferme, et dont la quantité diminue au lieu d'augmenter, à mesure que la solution avance.
(i) Trans. of the Royal Irish Academy. (i838.)