‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 217 sur 278 · TEMPÉRA- TURE · texte numérisé non relu

TEMPÉRA- TURE

On voit par ces résultats que, bien que les variations dans rétendue des surfaces , quand on les compare l'une à l'autre et à celle du zinc, soient très-considérables, néanmoins les quantités de zinc dissoutes ne présentent que de légères différences, et ne paraissent nullement influencées par les changements dans les surfaces de platiné.

Dans d'autres expériences, M. Andrews a montré que l'augmentation des surfaces de platine tend à arrêter plus complètement l'action de l'acide sulfurique sur le zinc.

i458. Le fait suivant contraste avec les résultats pi-écédents : si l'on chauffe séparément du mercure et du platine dans de l'acide sulfurique concentré, jusqu'à ce qu'il se produise une faible effervescence sur la surface, et qu'on les mette ensuite en contact, il y a aussitôt une violente réaction chimique.

Ce fait est d'autant plus remarquable, qu'il paraît que l'influence de l'amalgamation et du contact avec le platine, dans la solution de zinc, est inverse dans une solution d'acide sulfurique concentré.

1459. Les autres métaux qui peuvent décomposer l'acide sulfurique produisent des effets semblables; deux fils de fer semblables 11' (fig. 68) ont été placés dans un tube de verre contenant de l'acide sulfurique concentré; I étant seul et T uni avec un fil de platine plus fin. En chauffant le liquide il se dégageait en I une grande quantité de gaz , tandis qu'il n'y avait aucun dégagement en

CHÀPITRB II. 101

P OU l' jusqu'à ce que la température fut portée à Tébul* litiou. Dans ce cas, il y avait une légère effervesûetice eu P, et un feible dégagement de gaz sur T, Avec Tétain les phénomènes se présentent avec l'acide froid comme avec le fer et le zinc. En élevant la température, il se dégage en même temps du gaz sur l'étain isolé et sUr le platine. En chauffant l'étain uni et le platine dans ufi tube séparé, la quantité de gaz P devient très-cotisidérable, mais beaucoup moindre que celle qu'on obtient auparavant sur la lame isolée.

Le bismuth ne donne pas de gaz dans l'acide froid.

£n chauffant 9 la surface du bismuth isolé se recouvré d'une pellicule de gaz, et bientôt après celle du bismuth uni. En continuant à chauffer, il se dégage du gaz du platine du bismuth isolé, mais en plus grande quantité sur ce dernier. Le bismuth uni n'en donne presque pas.

L'antimoine se comporte de même.

L'argent ne donne point de gaz à froid, mais en

chauffant , l'argent isolé et l'argent uni s'obscurcissent

presque en même temps. Dès l'instant que la chaleur

s'élève, le gaz se dégage abondamment de l'argent isolé,

' et en plus petite quantité de l'argent uni et du platine.

Avec l'arsenic et le mercure, nulle action à froid. En chauffant l'acide, le dégagement de l'acide sulfurique paraît à peine diminuer, si toutefois il Test, par l'union de ces métaux avec le platine. La quantité de gaz dégagé à la surface de platine est très-faible.

En résumé, nous voyons que le dégagement de l'hydrogène ne se présente, par l'immersion dans l'acide froid, qu'avec le zinc, le fer et l'étain. Les effets qu'on obtient avec un couple platine et zinc nous fournissent un exemple remarquable de la cessation d'actions chimiques par suite de l'état de polarisation qu'acquiert dans cette circonstance la lame de zinc. On ne peut s'empêcher de reconnaître dans ces phénomènes une analogie avec l'action de l'acide nitrique concentré sur le fer.

Avec le fer et le zinc , le dégagement de gaz est entière-

1 92 PILE VOLT. CONSTR. d' APRÈS LES PRINC. EXP. , ETC.

ment transporté de la surface de ces métaux sur celle du platine avec lequel ils sont en communication.

Avec le bismuth, l'antimoine, l'étain, il y a un faible dégagement de gaz sur la surface du métal qui est dissous; avec l'argent, la quantité de gaz est presque la même sur le platine et sur l'argent, tandis qu'avec l'arsenic et le mercure, le platine donne à peine un peu de gaz.

On obtient des résultats semblables avec l'acide nitrique ; aussi M. Thomas Andrews n'a-t-il pas craint d'énoncer le principe suivant : l'action chimique ordinaire d'un oxa- ' cide sur les métaux qui s'y dissolvent, est, en général, diminuée quand l'acide est concentré, par l'association voltaïque de ces métaux avec des métaux, comme le platine, l'or, etc.; mais au contraire elle est augmentée quajid l'acide est étendu.

§ IV. 'Pile voltaïque construite d après les principes exposés dans les chapitres P', etc.

1460. L'interposition d'un diaphragme poreux entre deux liquides qui réagissent chimiquement l'un sur l'autre, est un puissant moyen de faire naître des courants électriques énergiques, capables de produire de grands effets de décomposition et de recomposition, comme j'en ai cité un grand nombre d'exemples dans le cours de cet ouvrage.

M. W. Grbve, s'est servi de ces mêmes diaphragmes pour étudier les courants électriques et construire une pile possédant une grande énergie électro-chimique. Il a cherché d'abord h expliquer le fait de la dissolution rapide de l'or dans l'eau régale, dissolution qui ne peut s'effectuer dans aucun des deux acides séparés. Le diaphragme dont il s'est servi est la tête d'une pipe à fumer, laquelle fut fixée au fond d'un petit verre avec du mastic; on versa dans la première de l'acide nitrique pur , et dans le verre de l'acide hydro-chlorique, au même niveau; deux feuilles d'or furent laissées pendant une

Page 1