‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 218 sur 278 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

heure dans ce dernier acide, sans qu'elles eussent éprouvé la moindre altération. On plongea ensuite dans l'acide nitrique un fil d'or qu'on mit en communication avec Tune des feuilles de même métal ; la feuille touchée fut aussitôt dissoute, tandis que l'autre ne fut pas attaquée.

Pour s'assurer s'il y avait endosmose et exosmose, M. Grove colora l'acide nitrique avec un peu de tournesol ; quand la communication fut établie, l'acide hydrochlofique ne fut pas coloré. Une solution de nitrate de cuivre ayant été substituée à l'acide nitrique, l'effet fut semblable, seulement la dissolution d'or se fit lentement^ mais il ne se fit aucun précipité sur le métal négatif.

Ces divers résultats montrent qu'aussitôt que le courant électrique, résultant de la réaction des deux acides l'un sur l'autre, à travers le diaphragme, est établi , ces deux acides sont décomposés : l'hydrogène de l'acide hydro-chlorique s'unit avec une portion de l'oxigène de l'acide nitrique, et le chlore attaque l'or. Dans la réaction des deux acides, l'acide nitrique prend l'électricité positive et l'autre acide l'électricité négative; il en résulte que la feuille ou le fil d'or qui se trouve dans l'acide hydro-chlorique est le pôle positif du couple voltaïque.

M. Grove, frappé de cette action , qui était à prévoir d'après les Wfets produits par l'élément de ma pile à oxigène, eut l'idée qu'en substituant le zinc à l'or positif, on devait avoir une combinaison très-puissante; l'expérience est venue confirmer ses prévisions. En effet , une seule petite paire consistant en une lame de zinc amalgamé, d'un pouce de long et d'un quart de pouce de largeur, un cylindre de platine de trois quarts de pouce de hauteur, la tête d'une* pipe à fumer et un peu d acide composent un élément voltaïque qui décompose facilement l'eau acidulée avec l'acide sulfurique. Dans cette combinaison, l'actioi^ est constance, et il i^'y a aucun précipité sur chacun des métaux.

En substituant une solution de potasse pure à l'acide hydro-chlorique, c'est-à-dire en prenant l'élément de la pile à courant constant que j'ai décrite précédemment,

y. VL^ partie, i3

194 WLE VOLT. CONST. D^APRlks LBS PRINC. EXP.,ETC.

Inaction a été également puissante. Le premier arrangement, suivant M. Grove, est préférable à celui-ci, en raison de la cristallisation du nitrate de potasse qui , s'efFec* tuant dans les pores de la terre de pipe, obstrue ou fait briser le diaphragme.

L'acide nitrique concentré et l'acide sulfiirique étendu de 5 ou 6 parties d'eau peuvent être employés avec avantage, sans craindre d'attaquer le platine; seulement il faut avoir l'attention que l'acide nitrique soit toujours concentré , car dès l'instant que cet acide a perdu une quantité telle de son o^igène que l'hydrogène, au lieu d'être absorbé, soit dégagé sur la surface du platine, l'action s'abaisse et n'est plus constante.

M. Grove a disposé une pile ronde , n'ayant que 4

Souces de diamètre et i pouce ~ de hauteur et composée e 7 petits verres avec pareil nombre de têtes de pipes, présentant en tout une surface de 20 pouces carrés. Quand cette pile est convenablement établie, elle donne à peu près I pduce cube de gaz par deux, minutes, et paraît avoir autant de force qu'une pile ordinaire de 5o ou 6à éléments.

J*ai formé avec M. Grove une pile de ce genre avec douze éléments, composés chacun d'une lame de 2inc amalgamé de i décimètre de haut et de 6 centimètres de largeur, et d'une lame de platine de mêmes dimensions. Les liquides employés étaient de l'eau salée et de l'acide nitrique concentré. Le zinc plongeait dans la première et le platine dans l'acide. Le diaphragme était un cylindre de porcelaine légèrement cuite et non enduite d'une couverte. Les effets de déflagration produits avec cette pile avaient une grande énergie, ainsi que les effets de décomposition.

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