‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 221 sur 278 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

dégagement de gaz j tandis que le dégagement est trèsabondant quand la communication est établie avec la lame de platine correspondante. Si l'on prend deux, éléments et que Ton mette en rapport les deux plaques de zinc d'une part , et les deux plaques de platine de l'autre , on n'ob* serve aucun effet, et cela par suite de la production de deux courants en sens contraire. £n substituant à la seconde cellule une autrp cellule chargée avec une solution d'iodiire de potassium, dans laquelle se trouve de l'amidon en suspen-» sion, les deux courants, dirigés en sens inverse, n'ayant pas la même intensité , il en i*ésulte des effets dus à la différence des deux intensités; il se précipite alors sur la lame de zinc amalgamé de l'iode ^ dont la présence est indiquée par la couleur bleue que prend l'amidon. Cette expérience pcouve, d'une manière évidente, comme j'en ai déjà donné mille exemples, qu'il n'est pas nécessaire du contact de deux métaux difjférents pour obtenir un courant électro-chimique.

£n faisant fonctionner tous les couples réunis, chargés avec de l'acide sulfurique, dans les proportions indiquées ci-dessus, on trouve que la somme d'action de chacun d'eux, évaluée par la quantité d'hydrogène recueillie dans chaque électromètre voltaïque, pendant des temps égaux, n'est pas la même, bien que tout sott semblable de part et d'autre. La différence entre la plus grande et la plus petite quantité est d'environ un tiers. Cette inégalité peut provenir de différences dans les distances des plaques ou dans les surfaces amalgamées. En les réunissant ensemble, dans une seule série circulaire, chaque plaque donne alors la même quantité de gaz; cette quantité est plus faible que celle que l'on obtient dans la cellule où on avait eu le minimum d'effet.

Pour faire ces deux expériences, on réunitd'abord toutes les plaques de platine au moyen de fils de même métal qui se rendent dans une capsule centrale et remplie de mercure , et toutes les plaques de zinc avec des fils passant dans un anneau de même métal , fixé dans la coulisse abcdef; puis l'on établit la communication entre les deux

I9B PREMIÈRES BISPOSITIONS.

systèmes au moyen d*un fil de métal; il y a dégagea ment de gaz dans toutes les cellules. L'inégalité d'action se montre comme lorsque les couples agissaient séparé* ment. Cet arrangement transforrqe évidemment la pile en un appareil composé d'un seul élément.

Mettant à part les inégalités d'action, on trouve que les cellules, daps les deux cas, produisent et dépensent la mdme quantité de force; mats quand elles sont réunies en séries, le fil de communication ne transpoi'te pas d'uuQ cellule à l'autre plus que la quantité fournie par la pre« mière, comme l'a démontré M. Delarive; tandis que dan^ le circuit simple, la quantité entière produite dans les cellules doit passer à travers le fil centrai de communication. Dans ce dernier cas, la quantité peut se manifester par une élévation de température, dans un fil fin de platine placé dans le circ\iit. Quant à l'intensité de la force qu'on trouve dans le premier cas, et qui dérive des impulsions répétées de la disposition en séries , elle se manifeste par des étincelles dans les solutions de continuité du conducteur, tandis qu'une quantité dix fois plus considérable est arrêtée par la plus faible solution de continuité dans le circuit simple. Ces, faits ont déjà été remarqués depuis longtemps dans l'étude compara» tive qui a été faite des piles à grand et à petit nombre d'éléments.

i4^3. En combinant les cellules par paires, et mettant en connexion deux plaques de platine et deux plaques de zinc, puis les cinq paires en séries, au moyen de fils allant de chaque paire de zinc à la paire voisine de platine, la quantité de gaz recueillie dan^ chaque électromètre voltaïque est la même. Elle n'excède que de très-peu celle de l'appareil en séries simples. L'ariratigement équivaut à une série de cinq plaques de dimension double de la dimension primitive, et la quantité d'électricité qui circule est déterminée par la

(mire la moins efficace; en conservant une paire de celules réunies, et séparant les autres afin de les faire agir dn séries simples aveo elleâ , l'effet est oe)qi d'une

GHÀPITBE III. 199

pl£(que de ^imen$ioa doubte, interposée dans un cir.cn'u compose de huit paires simples. Dans ce cas, le gaz recueilli dans chacun des électromètres voltaïques de. la double cellule est exactement la moitié de celui des électron^ètre^ Toltaïques des cellules simples.

L'effet régulateur des séries yoltaïques, qui égalise toutes les irrégularités de ses éléments , montre que la cpt^rant qui circule doit être uniforme dans son cours.

Pour trouver les effets de retard des diverses cellules sui* lesf éléments de la batterie, on réunit ensemble les cellules eu séries simples ^ en substituant une plaque de platine à une plaque de zinc; l'obstacle réagit alors sur toute \^ série; l'action est réduite de plus d'un tiers, et la quantité de gaz reçqeillie dans chaque cellule génératrice est égalf à la qqantité d'hf drogène recueillie dan$ }a cellule de retard. En opérant un changement^ semblfibl^ daus la cellule suivante, la quantité d'hydrogène, 4aus tous les électromètres voltaïques , est égale , mais 9*édpitc!à un peu moins de -j, et le courant est tout à fait arrêté par trois cell|4les de retard dans les sept cellules gédér^tripes,

Lorsqu'op en}ève une des plaques de s^inc des séries régulières, et qu'on la remplace par une plaque de platine recouverte d'une couche de cuivre au moyen de la décomposition électro-chimique d'un sel de cuivre, on obtient les effets suivants: aucun dégagement de ga% n'a lieu sur la plaque recouverte de cuivre; ce dernier s'pxide lentement; l'oxide se dépose graduellement, et l'on voit reparaître la surface de platine, puis des buUe^ de gaz oxigène.

l464« Opérons maintenant avec le système fig. 71. Les deuït plaques de platine ij\ Ira communiquent ensemble avec une coupe de mercure/?, tandis que la plaque 4e zinc interposée est en relation avec l'autre coupe o. Cet arrangement est le même que celui d'un couple de la batterie à la Wollaston. En combinant les cellules ainsi disposées en séries simples, on recueille presque autant de gaz 4^ chacun des côtés opposés au^ plaques généra-

aOO PREMIERES DISPOSITIONS.

trices qu'on en avait recueilli , dans un temps égal^ d'une plaque seule; dans ce cas, la double surface du platine permet à la plaque de zinc de décomposer presque une double quantité d'eau.

Dans ces dernières expériences, les bulles d'hydrogène se dégagent de chacune des deux faces de chaque lame.

i465. M. Daniell a eu occasion de remarquer fréquemment, comme on le savait déjà, dans le cours de ses recherches, que l'hydrogène et les autres gaz qui adhèrent aux électrodes exercent une grande influence sur l'action chimique, et, par suite, sur l'intensité du courant. Il considère la matière gazeuse comme s'étendant d'elle-même sur le métal, comme le fait une goutte d'huile volatile que l'on répand sur une large surface d'eau. Il ne lui paraît pas impossible , et je partage son opinion à cet égard, que l'efticacilé des plaques conductrices des appareils voltaïques puisse dépendre en partie, sinon entièrement, de l'étendue de surface qu'elles présentent pour cette diffusion du gaz. Pour s'assurer jusqu'à quel point cette conjecture était fondée, il a réduit la largeur des plaques de zinc dans la batterie , en les partageant d'abord en deux, et diminuant ensuite leurs dimensions de manière à n'avoir plus que des fils amalgamés de ~ de pouce de diamètre et de trois pouces de long; il a trouvé que, daus ce dernier cas, ce^fils étaient aussi efficaces que des plaques larges d'un pouce, et que, sous leur influence, les plaques conductrices dégageaient autant de gaz, dans d'égales portions de temps, que lorsqu'on les unissait avec des surfaces génératrices plus grandes.

i466. Il était important de reconnaître quelle différence il y avait , sous le rapport de l'intensité de l'action chimique , entre le zinc ordinaire et même le fer et le zinc amalgamé. En substituant des plaques de zinc ordinaire aux plaques de zinc amalgamé, on obtient les résultats suivants : avec des plaques de zinc ordinaire, lorsque l'action chimique est très-forte seulement, il se dégage autant de gaz du platine que lorsque celui-ci est combiné avec le zinc amalgamé.

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