‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 222 sur 278 · CHAPITRE m. aof · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. aof

Avec l0 fer, son action dans la batterie est presque nulle; une faible action locale a lieu sur les plaques elles-mêmes, mais le dégagement de gaz sur le platiné est à peine sensible. Si Ton remplace les plaques de platine par des lames de zinc amalgamé , les plaques de fer se comportent comme celles de platine, qu'elles surpassent en efficacité. La quantité de gaz recueillie dans les électromètres voltaïques en séries est presque double de celle de la batterie dans son état normal.

Cette expérience ayant été répétée avec des plaques nouvelles de fer, l'effet fut moindre; il en résulte que l'accroissement d'action doit être attribué à ce que les plaques de fer avaient été préalablement mises en opposition avec les plaques de platine.

1467. Voyons actuellement les effets produits quand on modifie la composition du liquide interposé : en ajoutant à l'eau acidulée un volume d'acide nitrique égal à celui de l'acide sulfurique , la quantité d'hydrogène dégagée dans les cellules est diminuée, et son dégagement est irrégulier.

Ayant substitué à l'une des cellules un électromètre voltaïque composé de deux lames de platine en relation avec le système, la quantité d'hydrogène qu'il indiquait dans les premiers instants, était presque triple de celle de la batterie dans son état nornial; mais l'action diminuait rapidement dans l'espace de cinq minutes, £n rompant la connexion avec le circuit, cette énergie revenait en partie, pendant là cessation très-courte de l'action; il en était encore de même en retournant l'électromètre voltaïque. Si l'on ajoutait de. l'acide nitrique au liquide, le dégagement de l'hydrogène s'arrêtait quelquefois dans une des cellules, tandis que dans d'autres il continuait dans une proportion faible et inégale. L'intensité du courant augmentait en même temps, et diminuait rapidement à mesure que l'action continuait.

Pour remonter à la cause de ces variations, M. Daniell a laissé la batterie s'épuiser d'elle-même, pendant trente iieures ; au bout de ce temps , il se dégageait à peine

qU0lqu0s' bulles de gaz dans 1 electroinètre YÔltajque. Les plaques de platine ayant été enlevées, on leur en subs-» titua de nouvelles, et la communication fut rétablie; Faction recommença presque avec la même activité qu'en prepfiier lieu; s<sulement Tabaissem^at fut plus rapide que dqns le premier cas. En opérant avee dea lames dé fer au lieu de lames de platine^ le reinonvellenient de Vaction ^ut encore lieu.

Cette diminution dans Faction provenait de Fëtat des surfaces des plac^ues de platine. Celles«-ci ayant été polie^ avec de la pierre ponce, puis chauffées jusqu'au rouge, et plongées ensuite dans une forte solution de . potasse, on n'obtenait aucun effet. Elles ne recouvraient leurs propriétés qu'après avoir été mises en contact avec les adidés nitrique ou hydrochlorique bouillants.

Les plaques de platine qui ont fonctionné pendant lotigtemps ont leurs surfaces remplies d'aspérités, comnie si le métal avait été corrodé; mais il est facile de reconnaître que ces aspérités soht dues à un dépôt de zino métallique qui tend à produire un effbt en sans con-» traire; lorsque la batterie fonctionne pendant longtemps , là couche de zinc se détache en lames.

1468. Si, dans la solution, il y q un oxide de otiivre^ il est précipité, préférablement à Foxide de zinc; les plaques qui sont recouvertes du premier métal sont^ jusqu'à un certain point , protégées contre le dépôt dn dernier. Eu ajoutant néanmoins au liquide des cellulef Urte grande quantité de sulfate de cuivre, malgré FamaU gamation du zinc, il y a une action locale assez forte sur ce métal pour que le cuivré commence à s'y préci* piter.

Dans ces expériences, l'effet désoxidant de Fhydrogène, d'où résulte un dépôt métallique, nuit ëvîdem** nient à la force de circulation du courant, surtout lorsque ce dépôt a une forte affinité pour Foxigène de FéleCtrolyte. Si donc l'oii parvient à enlever l'hydrogène, au moyen de combinaisons qui ne donnent pas naissance à de semblables précipités, on facilite évidemment la

fiiroulatioQ et h permaftence du courant ; l'addition de Tacide nitrique k U charge de la pile produit da bous effets, puisqu'il enlève l'hydrogènç.

Il 0st bi^i) certain que l'oxigène de cet acide, et même l'azote, agissent comme déshydrogcnants ; car si Ton neutralise avec du carbonate de ^oude la charge épuisée de l'une des cellules, on obtient non-3ei{IemeQt abpndamment de l'atnmoniaque par la chaux , mais encore Un fort précipité de chloriire ammoniacq de platiqei avec une solution de chlorure dP ce métal.

§ II. Pile à courant, constant n

1469. Le9 effets s^pondiures doi^t il a été question dans le paragraphe précédent empêchent d'obtenir des effets constants avec des piles ordinaires; c'est te motif qui a engagé M. Daniell à construire la pile dont je vaîa donner la descriptipn.

^ iig* 7^ représente la coifpe d'une cellule dont la réunion au nombre de dix constitue }a batterie (6g. 73). a b cd est un cylindre de cuivre de 6 pouces de haut et de 3 pouces 7 de large* Il est ouvert à sa partie supérieure a bi et fermé à sa base , à l'exception d'une partie ej de I pouce ^ de large , destinée à recevoir un njoroeau de liëge auquel est adapté un tube d^ verre à siphon^ A V^.

Au sommet ab^ deux supports horizontaux soutiennent un goulot de cuivre correspondant avec celui du bas. Avant de mettre en place le Hége à travers lequel passe le tube à siphon , on fj^it passer par le col infé*, rieur e /un tube membraneux, formé avec une partie d'estomac de bœuf, et on l'attache avec un fil retors à rouvrrture supérieure l mno. Il résulte de pet arrangement une cavité intérieure, communiquant avec le tube à siphon de telle manière que lorsqu'on la remplit d'un liquide jusqu'au niveau 0 /tï, la moindre addition de liquide le fait couler par l'ouverture k. Il peut donc s'é-

chapppr par là autant de gouttes qu'il eu arrive par en

ao4 PlI'E A COURANt CONSTANT.

haut, jp q est une lame de zinc fondu amalgamé, de six pouces de haut et d'un demi -pouce de large; die est supportée sur le bord de l'ouverture supérieure par une planche de bois r s^ passant par un trou foré à son extrémité supérieure ; ^ et w sont des coupes remplies de mercure destinées à établir la communication avec les différentes cellules au moyen de fils métalliques.

Dans la fig. ^3 , les dix cellules sont réunies en simples séries; le zinc de Tune communique avec lecuivredela suivante, ainsi de suite; ces cellules reposent sur une petite table circulaire dans laquelle sont pratiquées des ouvertures pour les tubes à siphon qui dégorgent dans un bassin placé au-dessous: un entonnoir plus petit repose audes^s de la cavité intérieure de chaque cellule.

Cette disposition est absolument la même que celle quia été décrite plus haut (i 461). Enladoptant, M. Dani'ell a eu pour but d'enlever du circuit intérieur Toxide de zinc qui nuit à l'action de la batterie, aussitôt que sa solution se forme, et d'absorber l'hydrogène dégagé sur le cuivre sans, la précipitation d'aucune substance capable de détériorer ce métal.

La première condition est remplie en suspendant la lame de zinc dans la cellule membraneuse intérieure, où de l'eau acidulée tombe lentement de l'enlonnoir supérieur , tandis que la solution plus pesante qui se forme sort en même proportion par le tube à siphon. Quand les deux cellules sont chargées avec la même dissolution acide, et que la communication est établie entre le zinc et le cuivre, au moyen d'un fîl de platine de 77^ de pouce de diamètre, le fil s'échauffe au rouge, et la membrane humide ne présente point d'obstacle au passage du courant.

La seconde condition s'obtient en remplissant Tespace extérieur d'une solution saturée de sulfate de cuivre au lieu d'une dissolution acide. Le courant circule lentement, et lé cuivre réduit par l'hydrogène se précipite sur le cylindre de cuivre.

Lorsque la batterie est montée^ il ne se dégage pas de

Page 1