CHAPITRE V
une certaine décomposition chimique, mais il faut encore que cette électricité soit produite par une action chimique d'une certaine intensité.
1487. M. Matteucci est parvenu à une conclusion un peu différente, comme nous le verrons dans un instant. Il a commencé d'abord par démontrer qu'en employant une pile composée d'un certain nombre d'éléments, le courant acquiert toujours une force électro-chimique d'autant plus grande que la quantité d'électricité dégagée et mise en circulation est plus considérable, et qu'il ar* rive qu'une augmentation de surface du métal dissous n'a pas toujours pour effet la circulation d'une plus grande quantité d'électricité; tandis que cette circulation peut devenir plus considérable par un changement dans le liquide qui provoque le courant, sans que pour cela la quantité totale d'électricité dégagée se soit accrue.
L'appareil dont cet ingénieux physicien a fait usagé consiste en un flacon de la contenance de isS à i5o grammes d'eau, muni d'un bouchon de liège recouvert de vernis. Une lame ^e zinc distillé ou de zinc amalgamé, de 3 centimètres sur 4? et une autre de platine de mêmes dimensions sont soudées à deux fils de cuivre traversant le bouchon. Ces deux fils, qui sortent du flacon, sont scellés dans le bouchon et recouverts de vernis jusqu'à là soudure. Au centre du bouchon se trouve un tube de verre.de trois millimètres de diamètre, recourbé en U, et dont l'une des branchés communique avec l'intérieur, et l'autre avec l'extérieur.
Au moyen de cette disposition , quand il se dégage du gaz dans l'intérieur, ce gaz déplace une portion du liquide, qui, étant recueillie et mesurée, indique la quantité de gaz dégagée. Plusieurs flacons analogues ont été préparés ainsi. Le liquide employé pour charger les appareils voltaïques est de l'eau acidulée par l'acide sulfurique ayant une densité de i,5 ou 2.
Il est reconnu que, dans une pile, la quantité d'électricité dégagée et qui circule dans chaque couple «augmente ordinairement avec le nombre des couples. Cette quaa-
î238 CONSIDÉRATIONS GENiftALES.
tité d'électricité dontie des produits que l'on considère comme égaux (quoiqu'ils ne le soient pas toujours, comme le prouvent les expériences de M. Daniell), et sur la lame de platine des couples et sur les électrodes qui se trouvent dans le liquide soumis à l'action. Si l'on apporté un cliangement clans la distance entré les électrodes, dans leur étendue, la nature du liquide, il y a àiissitôt un changement correspondant datis la quàhtité d'électricité dégagée et qui circule entl^e chaque côiiple; ce changehient est indique par la quantité d'hydrôgèné dégagée sur la lame de platine de la JDilë; iiiàis oh obtient toujours la même quantité d'hydrogène sii^ la lâiiile de piatiue des couples et sur celle qui formé i eiëctrodé hé^ gatii^.
j488. m. Màtteucci explique de là lîiemé niàtiîerê que M. Delarive pourquoi la quantité d'électricité dégagée et qui circule clans chacun des couples augmenté àVec leur nombre; mais je ne m'y arrêterai pas, attendu qii'il a été souvent question de cette explication dans cet bU* vrage.
Mais il a observé un fait important, doni j aï parlé pré» cédemment; c'est que 1 on peut augmenter la force chimique du courant eh diminuant la surface des lâniés qui transmettent le courant dans le liquide. Ce fait est abolùment semblable à celui qui a été découvert par Wollaston pour l'intensité ordinaire, et dont cet ingénieux physicien a fait usage pour décomposer 1 eaù.
En rétrécissant ainsi la surlace des lames détômpôsantes, on diminue bien la quantité totale d'électricité qui circule; niais alors on augmenté son intensité. Wol* iaston disait que rélectricité , en entrant par des pointes très-tînes dans le liquide, avait une tension plus considérable, et avait alors plus d'aptitude pour décomposer l'eau. 1489. Considérons maintenant le fait cité par M. Fà* raday^ du coupkzinc et platine qui décompose un électrolyte , quand on ajoute à la solution d'acide sûlfurique quelques^outtes d'at^ide nitrique , tandis cju'oii it'obtlènt rien en augmentant la quantité dTacîde siïlfurîqué ôii retendue de la lame de zinc.