CHAPITRE V. 1à/\ï
résultats portent à admettre que l'acide et les chlorures sont décomposés directement, en même temps que l'eau. M. Matteucci, pour étudier la manière dont s'opère cette décomposition , a fait usage de l'appareil voltaîque décrit dans le cinquième volume de cet ouvrage, p. 3oo. Le courant était transmis par des lames de platine, ayant 2 centimètres de long sur 6 millimètres de large; l'appareil pour recueillir les gaz était un voltaïmètre rempli d'eau acidulée par de l'acide sulfurique, d'une densité de i,336. L'autre liquide était placé dans une capsule, au fond de laquelle étaient fixées avec de In cire à cacheter 9 deux lames de platine, disposées parallèlement l'une à l'autre, et placées perpendiculairement au fond de la capsule. I^ capsule ayant été remplie de liquide, on renversa sur les deux lames deux, tubes gradués, remplis du même liquide. En soumettant à l'expérience des mélanges d'eau et d'acide hydro-chlor rique, des solutions de chlorure, d'iodure, etc., on a obtenu les résultats suivants : i ° lorsque le liquide électrolytique était composé, en grande partie, d'acide hydrochlorique, hydriodique, de chlorure et d'iodure, et d'une très-petite quantité d'eau, on n'obtenait que du chlore ou de l'iode au pôle positif; l'hydrogène, dégagé au pôle négatif, donnait une quantité d'acide hydrochlorique , hydriodique , de chlorure et d'iodure décomposés, équivalente précisément à la quantité d'eau décomposée dansie voltaïmètre. 2° En augmentant*la proportion d'eau, relativement à celle des combinaisons de chlore et d'iode, ou eu faisant usage d'eau légèrement acidulée par l'acide sulfnt'ique, au lieu d'eau pure, on obtenait de suite au pôle positif, avec l'iode ou le chlore, une (quantité d'oxigène, qui était d'autant plus grande que la proportion d'eau était plus forte. 3^ En augmentant la force de la pile, la proportion de l'oxigène devenait proportionnellement plus considérable. 4^ La quantité d'hydrogène obtenue au pôle négatif, dans les solutions qui contenaient les acides hydro-chlorique, hydriodique, etc. , est moindre que celle qu'on obtenait au pôle de même
V, 2,^ partie. ~ i(i
^4^ DE LA. DÉCOMP. VOLT. OPÉR. SUR DES COMB. , ETC.
nom dans l'eau du voltaïmètre, lorsque les solutions étaient saturées de combinaisons de chlore et d'iode et que la force de Ja pile n'était pas plus grande. Le contraire avait lieu dans les cas opposés,
1492* Si l'on prend pour point de départ ces expériences, la loi de la décomposition directe, opérée sur deux combinaison^ méléeâ ensemble, peut s'exprimer ainsi : l'action chimique du courant est toujours définie; les deux combinaisons sont décomposées directement par le courant; la quantité de chacune d'elles qui est décomposée, est équivalente à celle qu'on obtient en en décomposant séparément une seule par un courant de même force.
En opérant avec des combinaisons de chlore et de métaux, qui ne décomposent pas l'eau à l'état naissant comme le~ platine, l'or et même le cuivre^ on arrive au même résultat
Enfin , toutes les fois qu'en augmentant la force chimique dé ia pile, on voit augmenter la quantité décomposée d'une certaine combinaison comparativement à une autre avec laquelle elle se trouve mêlée ^ on doit en conclure que la première est n^oins décomposable que la seconde. C'est ainsi que l'iodure de potassium, les acides hydriodique et hydro-chlorique, les chlorures, l'eau acidulée par l'acide sulfurique , sont des combinaisons qui se suivent dans l'ordre de leur facilité à être décomposées. *
§ III. De la décomposition voltaïque opérée sur des combinaisons binaires du second ordre.
1493. Les combinaisons binaires sur lesquelles M. Matteucci a opéré , sont l'acétate de plomb 'Bt les borates neutres de plomb et de zinc.
Lorsque l'on lioumet à l'action dé la chaleur dô l'acétate neutre de plomb, ce sel se fond dans sbn eau, puis se solidifie; en (Continuant à chauffer^ il se fond de nouveau , puis perd uae partie de son acide et finit par se
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aoUdifîeis quand il est t*éduit à 1 état d'acétate tribasique. £n soumettant l'acétate neutre anhydre à l'action d'un' courant {irovenant d'une pile de 60 couples, lequel courant passe en même temps dans l'eau acidulée d'un voltaïmètre^ ou observe les effets suivants : du gaz se dégage sur la lame positive en même temps qu'une couche brunrougeâtredeperoxidede plomb est déposée sur cette même lame; au pôle négatif, on obtient du plomb. En recueillant les produits, on a trouvé dans une expérience : dans le voltaïmètre 6 cent. c. de gaz mêlés, qui correspondent à 3,aî2i6 millig. d'eau décomposée , et Sy miUig. de plomb au pôle négatif. Ce résultat donne 1287 pour l'équivalent du plomb, nombre qui diffère très-peu de celui qui a été adopté par les chimistes.
Si l'on fait passer le courant dans une solution aqueuse d'acétate de plomb, on obtient la même quantité de plomb pour la même quantité d'eau décomposée dans le voltaïmètre; il en est encore de même avec des solutions plus ou moins concentrées , il se dépose, comme dans l'acétate fondu , du gaz et une couche de peroxide de plomb. Le gaz est de l'oxigène pur et sa quantité est à peu près le -^ du inélan ge gazeux du voltaïmètre. La quantité de peroxide parait être la même dans le sel fondu que dans le sel dissous.
i494« £1^ opérant avec le nitrate d'argent fondu, il y a un grand dégagement de gaz nitreux au pôle positif, et un dépôt d'argent au pôle négatif. Pour 6 cent cub. de mélange gazeux dans le voltaïmètre, on a 3q millig. d'argent. Ce nombre donne pour l'équivalent oe ce dernier métal i356, nombre sensiblement le même que celui iqui est adopté par les chimistes. On obtient encore un résultat semblable quand on fait passer le courant dans une solution de nitrate d'argent.
Les borates neutres de plomb et de zinc se comportent de même.
On voit donc que le courant électrique exerce la même actioti sur une combinaison binaire, soit qu'elle se trouve à l'état de combinaison binaire du premier ordre, ou
a44 J^U R APP. QUI EXISTE ENTRE l'aCT. I>C COUR., ETC.
à rétat de combinaison binaire du second ordre ; c'està-dire qu'un o&ide fondu est décomposé par le courant , comme cet oxide Test quand il est combiné avec un acide ; de sorte que Ton peut admettre que les produits obtenus dans les solutions aqueuses de ces sels ne sont pas nécessairement des produits secondaires.
§ IV. Du rapport qui existe entre V action du courant et le nombre relatif des équivalents chimiques qui entrent dans la combinaison décomposée.
1495. La détermination du rapport entre l'action chimique du courant et le nombre relatif des équivalents chimiques qui entrent dans une combinaison soumise à la décomposition électro-chimique, est d'une très-grande importance, puisqu'elle peut nous donner quelques notions sur les rapports qui existent entre les affinités en vertu desquelles plusieurs combinaisons sont formées. Malheureusement la chimie ne peut nous fournir pour les expériences qu'un petit nombre de combinaisons, qui ne renferment qu'un atome d'une espèce, combine avec I, 2 ou'3 atomes d'une autre espèce; et encore parmi celles que l'on possède il y en a peu qui soient fusibles, anhydres et donnant des produits qui n'attaquent pas la substance des électrodes.
M. Faraday est le premier qui ait fait dés recherches à ce sujet : c'est lui qui a montré que toutes les combinaisons binaires, à l'état de fusion, sont décomposées parlepassage du courant, lorsqu'elles contiennent un équivalent d'un corps combiné avec l'équivalent d'un autre. Il a avancé, en outre, que lorsque ces combinaisons sont formées d'un plus grand nombre d'équivalents, d'un équivalent avec deux équivalents, la décomposition cesse d'avoir lieu. M. Matteucci, comme on va le voir, a modifié un peu cette loi.
Le protochlorure d'antimoine, isoumis à l'expérience, à l'état de fusion, a fourni des quantités de gaz et d'au-