CHAPITRE Vr
Ton a trouvée entre l'alcool et les éthers et d'autres composés y on pouvait s^attendre qu'elle devait également avoir lieu entre l'acide pyroligneux et l'alcool dans leurs rapports voltaîques, comme dans leur composition et leurs propriétés générales; c'est ce dont nous allons nous occuper.
L'esprit pyroligneux soumis à l'expérience avajt une légère teinte jaune; sa pesanteur spécifique était de o,85i à 16°, 67 cent. Traité avec de la chaux étendue, il ne se dégageait point d'ammoniaque, soit à chaud, soit à froid. Par une simple distillation avec de la chaux vive en poudre, il devenait entièrement incolore et transparent. Après une seconde distillation avec de la chaux vive, sa pesanteur spécifique était de 0,808 à 16^*, 67 cent.
1499* Avant d'exposer les résultats de l'action d'un courant sur ce composé, je rappellerai les principaux faits qu'on a ohservés en faisant réagir un courant électrique sur l'alcool.
i^ Sous l'influence d'un courant électrique puissant, l'alcool absolu laissé dégager de l'hydrogène au pôle négatif, et aucun gaz au pôle positif;
2^ £n dissolvant de petites quantités d'acide, d'alcali ou d'un sel, dans de l'alcool absolu, l'action du courant voU taïque est très-favorisée. ,oôoo ^^ potasse produit déjà un effet marqué;
3^ En opérant dans des vases métalliques , il y a dégagement de gaz au pôle positif;
4° Là quantité d'hydrogène obtenue au pôle négatif est la même que celle que l'on recueille avec de l'eau soumise au même courant ;
5® Outre le gaz dégagé, il se forme dans le liquide plusieurs produits , qui sont les mêmes ou analogues à ceux qui résultent de l'oxidation de l'alcool , entre autres une- matière résineuse, et de l'acide carbonique qui se combine avec la potasse;
6° Ces divers résultats indiquent que l'eau contenue dans Talcool est le sujet immédiat de l'agent voltaïque;
aSo ACT. DES COUR. SUR I.*1»»IT PYROLIGNKUX.
que ton hydrogène se dégage au pôle négatif, et que son oxigèoe donne naissance, par une action secondaipe, aux produits de Toxidation , qui se dissolvent dans le liquide ou se précipitent;
7^ On voit, d'après cela, que l'alcool absolu doit në« cessairement contenir de l'eau comme principe constituant.
Ces faits, et les conclusions que M. Gonnell en a ti^ rées , sont également applicables à l'esprit pyroligneux , comme on va le voir. Je dirai seulement qu'il faut des courants moins puissants pour produire les mêmes effets sur ce composé que sur l'alcool : circonstance qui est due probablement à la quantité absolue d'eau plu$ grande , quoique dans une proportion atomique qui est la même, dans un poids donné du premier de ces liquides.
i5oo. Ou a soumis à l'action d'une pile de 7a éléments, de l'esprit pyroligneux rectifié, dans un tube, au moyen de deux lames de platine; en quelques minutes il s'est dégagé du gaz, qui a été recueilli sur le mercure. Quelque temps après, le liquide s'était échauffé. Les lames de platine ayant été placées à une distance d'environ ~ de pouce, afin- de favoriser l'action, on n'a pu savoir de quelle lame provenait le gaz ; mais, d'après sa nature, on ne put douter qu'il ne vint de la lame néga* tive. On en a obtenu -j de poqce cubique. L'action de la batterie ayant diminué, le dégagement de gaa s'est trèsralenti. Ce gaz était composé d'hydrogène mélangé d^air et de quelques traces de vapeur d'esprit pyroligileux.
Une petite quantité de potasse caustique actiwiit fortement l'action décomposante, comme pour l'alcool. Avec YT^ de potasse caustique et une pile de 36 éléments, on obtenait un pouce cubique de gaz en un quart d'heure,-
Avec une pile de 5o éléments et de l'esprit contenant environ —^ de potasse, on obtenait encoredu gaz, mais seulement sur la lame négative. Quand on substituait une capsule de platine au vase de verre qui renfermait l'esprit, il se dégageait du gaz sur les deux lames comme avec l'alcool , dans les mêmes circonstances.
CHÂPIXRX VI. %5ï
Lorsqqe l'esprit pyroligneux ne renfermait qu'une très-petite quantité de potasse, on n'a pas réconnu de traces de carbonate de potasse; mais il n'en a pas été de même en employant une forte solution d'alcali : dans ce oas , et en ne se servant que d'une pile de 36 éléments, on a eu un dégagement de gaz sur les deux lames, mais en plus grande quantité sur ia lame négative que sur la lame positive; Le liquide bouillonnait en quelques minutes , et acquérait bientôt une couleur rouge. Il se déposait une grande quantité de carbonate de potasse. Le liquide rouge acquérait en même temps une forte odeur; mélangé avec de l'eau, il se troublait et acquérait une teinte jaune, due à la séparation de la matière hui« leuse, ou résineuse, ou de 1 ether, qui s'était formée peu* dant l'action yoltaïque. On voit donc qu'avec l'esprit pyroligneux, comme avec l'alcool, l'eau est décomposée) l'hydrogène se dégage au pôle négatif, tandis que son oxigène donne naissance par une action secondaire à de
. petites quantités de matière résineuse, huileuse ou éthérée , ainsi qu'à de l'acide carbonique , quand l'action est énergique. Tout porte à croire que l'accroissement qu'é* prouve iWion vbltaïque, par la présence de la potasse dans l'alcool et l'esprit pyroligneux^ dépend de son affî«? nité pour les produits secondaires.
1 5o I , Pour s'assurer que l'eau avait été directement décomposée, on a introduit dans le circuit un voltaïmè* tre. Les deux pôles négatifs ayant donné la même quantité d'hydrogène, on a dû en conclure que l'esprit pyroligneux, comme l'alcool, contient réellement de l'eau, comme principe constituant essentiel Dès lors l'esprit pyroligneux peut être considéré comme un hydrate d'éther pyroligneux, de même que l'alcool est un hydrate d'éther sulÀirique. D'après ces idées, la formule de l'éther pyroligneux sera H^ G* O, et celle de l'esprit pyro*»
* ligneux H^ C^ O + H^ O.
aSa ' ACT. DU COUR. volt, sur Liés sol. aqueuses, etc.
§ II. action du courant voltaïque sur les solutions aqueuses dhydracide ou de sels haloïdes.
1 5o2. M. Conuell a essayé de montrer, dans son premier mémoire, qu'un courant électrique , assez intense pour décomposer l'eau distillée , ne dégageait pas de chlore ou de l'iode 'des solutions aqueuses des hydracides correspondants et des sels haloîdes , dans lesquelles le dégagement d'oxigène n'avait pas lieu au pôle positif de la solution, mais bien dans de l'eau distillée en relation avec cette solution, au moyen d'une mèche d'asbeste, et que ce n'était qu'après un temps considérable que le chlore ou l'iode apparaissait dans Teau positive, où l'on avait fait passer Tacide de manière à donner lieu à une action secondaire. Par exemple, quand une solution d'acide hydro-chlorique , étendue de deux ou trois fois son volume d'eau, est placée dans un tube A (fig. 78) en relation avec le pôle négatif d une batterie de 60 éléments de quatre pouces, et de l'eau distillée se trouve dans un tube semblable B , en rapport avec le pôle positif, les deux tubes communiquant ensemble au moyen d'une mèche d'asbeste, en quelques minutes on obtient de lacide au pôle positif avec dégagement de gaz des deux côtés, et, peu après, on sent une très-faible odeur de chlore. En plongeant un papier réactif dans les liquides, on n'observe point de changement dans sa couleur. Une demi-heure après, l'odeur du chlore en B est encore légère , et le liquide qui y est renfermé donne une réaction sensible acide, tandis que le liquide de l'autre tube n'a point d'odeur de chlore et ne blanchit pas le papier. En renversant les communications, une forte odeur de chlore se fait sentir du côté du tube positif, avec une vive effervescence au pôle négatif et une moindre au pôle positif; le papier à réactif est blanchi aussitôt au pôle positif.
En opérant avec une solutipii légère d'acide hydriodique, toutes les circonstances étant exactement les mêmes que dans l'expérience précédente, on observe