‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 254 sur 278 · CHAPITRE VI. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. a

d'abord une couleur brune due à la réparation de l'Iode, dans le liquide B, avec dégagement de gaz aux deux pôles ; on obtient en même temps une légère réaction 'acide sur la feuille du même côté. La couleur brune va en croissant, ainsi que la réaction acide au pôle positif. Le dégagement de gaz continue aussi de ce côté, mais il est moins considérable que sur la lame négative. Au bout d'environ ao minutes, si les communications sont renversées, la feuille positive se recouvre aussitôt d'iode sans dégagement de gaz, t^andis qu'une vive effervescence a lieu en même temps sur la lame négative. L'apparence du chlore ou de l'iode au pôle positif, avant le renversement, est due évidemment à l'acide qui passe dans l'eau positive. Cet effet a lieu plus rapidement dans le cas de l'iode que dans celui du chlore, probablement parce (Jue l'acide hydriodique est plus facilement décomposable que l'acide hydro-chlorique.

Après le renversement , ontie voit pas immédiatement du chlore ou de l'iode au pôle positif, parce que l'oxigène est entièrement employé à décomposer l'acide correspondant.

L'expérienôe a été répétée avec trois tubes (fîg. 79) ? les tubes B et C renfermant de l'eau ^ et le courant étant fourni par une pile de 72 éléments. On avait dans ce cas une légère effervescence aux deux pôles , au bout de une à deux minutes. Après une demi-heure, le liquide en G a commencé à acquérir une légère teinte brune, avec une faible réaction acide au pôle positif; et, 10 minutes après, la teinte brune C était bien marquée, sans qu'il y eût la moindre décoloration dans le liquide de B ou de A. On avait en même temps la réaction acide sur l'asbeste entre B et C. La batterie ayant été renversée, il en résulta une décoloration au pôle positif, sans efTervescence, tandis qu'il se dégageait du gaz au pôle négatif. L'iode, qui apparaissait dans le liquide positif, avant le renversement, provenait d'une action secondaire sur l'acide, qui avait marché jusqu'au pôle positif, à travers le liquide en B»

1254 AGT. DES COUR. SUR L£9 SOK.irT. ALCOOLIQUES.

i5o3^Ea mettant une soliit ion peu saturée de chlorure de potassium en A (fîg. 'jSh et de Tedu distillée en B,et expérimentant avec une pile dé 7a éléments, chacun de quatre pouces carrés on a obtenu^ en deuK oti trois minuteS) de l'acide au pôle positif avec un dégagement de gaz aux deux poles> ^u bout de huit nlinut6S4 on observait une légère odeur de chlore ^ ainsi qu'une réaction acide du coté positif en A ; 7 minutes après, le papiet* réac* tifne blanchissait pas quand on le plongeait dans l'un des tubes; enfin on ne distinguait pas d'odeur de chlore en A.

Avec une solution peu saturée d'iodure de potassium, en cinq minutes, on a eu une réaction acide en A , on a observé, eu même temps, du mémecoté^ une teinte brune près de l'extrémité de l'asbeste, laquelle s'étendait jusqu'à la feuille positive, la couleur du liquide négatif n'étant point changée.

Ces résultats sont entièrement conformes à ceux qu'on a obtenus avec les hydracides ; le chlore ou l'iode apparaissent en vertu du passage de l'acide au côté positif, et de l'action secondaire qu'il éprouve de la part de l'oxigène.

L'action secondaire est plus forte dans le cas dé l'iodure de potassium, tandis que la quantité d'acide qili se rend du côté positif est beaucoup pluis petite qile dans le cas du chlorure de potassium.

§ IIL Action des courants sur les solutions alcooliques,

i5o4* Je vais examiner maintenant la nature des changements produits par l'action du courant sur des solutions alcooliques d'une très-grande force.

Lorsqu'un Sel oxacide à base puissante, cômhie le nitrate de chaux, est dissous dans l'alcool absolu ^ l'acide et la base cheminent chacun à leur pôle respectif, comme dans une solution aqueuse; mais l'action est beaucoup plus lente. Il y a dégagement de gaz au pôle négatif, et peu ou point au pôle positif. Quand là bas« m\ facile- "

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ment réductible, comme dans le nitrate de zinc, le dégagement de gaz au pôle négatif est moindre, et le métal réduit par l'hydrogène se déposé à ce pôle, mêlé avec de l'oxide.

Quand la solution d'un acide dont les éléments sont Fortement unis, comme Paçide borique , ou d'un alcali, comme la potasse, est soumise à l'action du courant, il y a effervescence au pôle négatif et non au pôle positif; excepté lorsquW opère sur une forte solution aun alcali hydraté.

i5o5. Toutes les fois qu'un fort dégagement de gaz se manifeste au pôle positif, rien n'indique pour cela la décomposition du corps dissous.^ Quand le métal d'un sel haloïde possède de grandes affinités, comme le potassium, le calcium ou le magnésium. Il y a alors un dégagement rapide d'hydrogène, et loxide du métal parait en plus ou en moins grande quantité au pôle négatif. Dans ce cas, il est probable qu'une portion de l'hydrogène naissant se combine avec l'élément électro-négatif du sel haloïde et que le métal séparé réagit sur Teau de l'alcool ; l'oxide se dissout dans l'alcool, quand il en est capable. Là où le métal est d'une réduction facile, comme dans le cas de l'oxide de zinc, l'effervescence au pôle négatif est diminuée, quoiqu'elle ne cesse pas,» et le métal se sépare par suite de la combinaison d'une partie de l'hydrogène avec l'élément électro-négatif du sel haloïde.

Passons maintenant aux changements produits par l'action des courants sur de l'alcool contenant une forte quantité de potasse. Après une action de 20 à 3o minutes,, le liquide commence à prendre une couleur foncée; une heure après on trouve sur la lame positive une substance blanche, qui n'est autre que du carbonate de potasse. Au bout de quelques heures, l'effervescence est faible au pôle négatif ^t nulle au pôle positif; lé liquide possède alors la couleur du vilî de Porto ; après une action de près de vingt-quatre heures, Teffervescence est faible et la couleur devient d'un rouge très-sombre. En évaporant la solution jusqu'à siccité et dissolvant dans

a56 DK l'état des sels HALOID. dans leur PISS., ETC.

l'eau le résidu, et le saturant avec de l'acide hydro-chloricjue, on a un précipité abondant de matière résineuse.

1 5o6. M. Dobereiner (i) a observé aussi la formation d'une matière résineuse, en petite quantité à la vérité, dans une solution alcoolique de potasse, soumise à l'action d'un courant; mais il n'a point fait mention du dégagement de gaz à Tun des deux pôles, comme l'indique M. Connell; il se borne seulement à considérer la formation de cette matière résineuse, comme un effet de l'oxidation de l'alcool.

M. Connell, ayant recueilli le gaz dégagé, a trouvé qu'il était formé d'hydrogène, renfermant envirbn-~-d'oxigène venu du pôle positif; il est probable que le reste de l'oxigène a été employé à produire l'action secondaire, d'où est résultée la matière résineuse.

i5o7. Tout concourt à prouver que lorsque des solutions alcooliques d'acide, d'alcali et de sels oxacides, sont soumises à des actions voltaïques , Teau de l'alcool est le sujet de l'action directe du courant, tandis que les corps dissous, à l'exception des sels oxacides, ne sont pas décomposés. Quant aux solutions alcooliques des sels haloïdes, il est permis de croire, d'après la présence de l'élément électro-négatif au pôle positif, du moins avec des iodures, que c'est réellement le sel haloïde qui est directement décomposé, et que la quantité définie d'hydrogène , recueillie au pôle négatif, provient de la réaction du métal du sel haloïde décomposé sur l'eau constituante de l'alcool. Telle est l'opinion que l'on peut avoir aujourd'hui, concernant l'action des courants sur les solutions alcooliques en général, opinion qu'on peut encore appuyer sur une foulé de faits qui ne peuvent trouver place ici.

§ IV. De l'état des sels haloïdes dans leur dissolution

dans Veau,

i5o8. On a longtemps agité la question de savoir si (i) Atin.'de poggeud., vol. xxiv,pag. 609.

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