‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 46 sur 278 · CHAPITRE VII. lîfcS · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. lîfcS

platine en communication avec le pôle positif de la même pile. Des tubes de sûreté 1 1 sont placés dans les bocaux A, A' : la première tubulure de A , qui est fermée avec un bouchon, est destinée à introduire le carbonate de chaux nécessaire pour effectuer le dégagement du gaz acide carbonique; dans l'ouverture O passe, outre le tube de sûreté 9 un autre petit tube que Ton ouvre de temps à autre pour laisser sortir l'hydrogène. Quand l'appareil est bien luté , on procède au dégagement du gaz acide carbonique, eniméme temps que Ton fait fonctionner la pile.

Yoici ce qui se passe : le chlorure de calcium est décomposé, la chaux est transportée dans A', où elle trouve de l'acide carbonique avec lequel elle se combine ; mais au lieu de cristalliser immédiatement sur la lame de pla* line, elle se dissout dans l'excès d'acide. Cet effet continue jusqu'à ce que l'eau acidulé soit saturée de chaux. La cristallisation commence alors sur la lame même du platine. L'action décomposante de la pile s'exerce également, quoique faiblement , sur le bicarbonate de chaux; on a, d'une part, de l'acide carbonique et du carbonate de chaux, et de l'autre de l'acide carbonique et de la chaux. Mais cette dernière décomposition doit être ex* cessivement faible, attendu qu'elle se produit au milieu d'un liquide chargé d'acide carbonique. La chaux n'est pas le seul corps qui soit transporté dans le bocal A'; l'hydrogène, qui provient de la décomposition de l'eau, s'y rend également. Ce gaz , en se dégageant autour de la lànie de platine, agite le liquide et nuit à la cristallisation. Pour obvier à cet inconvénient on place au fond du vase de l'hydrate de cuivre, lequel se combine peu à peu avec l'acide carbonique. Ce nouveau carbonate est dissous, puis décomposé par le courant ; l'hydrogène aide à la réduction du deptoxide de cuivre et ne trouble plus la cristallisation du carbonate de chaux ; mais alors la lame de platine se recouvre de cuivre métallique ou de protoxide, suivant la force de la pile, et quelquefois même (le carbonate bleu et vert de cuivre en petits tu*»

laâ DES CRIST. DE GHÂUX OAAB. SPATHIQUE, ETC.

bercuies, quand son action est excessivement faible, et tràs-pFobablement aussi de double carbonate de chauK êi de euivpe.

^ I^s cristaux de carbonate de chaux, déposés, sur la lama, sont des prismes quadrangulaires termines par des sommets dièdres, forme incompatible avec lerhomboèdra primitif de ia cliaux carbonatée, mais qui appartient au système de Tarr^gonite. Queiquesriins des cristaux, après ato jours d'expérience, avaient un millimètre de long. Examinés au microscope, ^uiv^nt la méthode décrite au* paravant, on a reconnu le clivage de Tarragonite. L'analyse qualificative n'a donné que ^e la chaux e.t de iacide carbonique sans eau de cristallisation.

Ija matière chauffée à i5o°, dans un tube de verre, a^a rien perdu de son poids. Un peu avant le rouge obsr €ur, elle a pris une teinte grise et a répandu une légère odeur, puis elle est redevenue très-blanche : le résidu s'est dissous entièrement dans l'acide acétique faible. Chauffée au chalumeau avec du borax, elle a fondu eq un vert presque incolore; o^^ 1 15 ont été décomposés par l'acide sulfurique et chauffés au rouge obscur et ont (donné o, 1 54 de sulfate de chaux, dans lequel on a coqs? taté l'absence du fer, du manganèse, de la strontiane et de la silice. Cette analyse montre qu^ la composition de nette chaux carbons^tée est précisément la même que celle llu calcaire ordinaire et de l'arragonite.

Lorsqu'on cherche à former l'arr^gopite , sans employer l'oxide de cuivre, le dépôt cristallise difficilement, eomme nous l'avons déjà fait observer^ parpe que l'hy- ^Irogàne causie de l'agitation dans le liquide. On ne peut donc décider ici si la présence d'un métal est ou non une des causes influentes de la cristallisation de la chaux carbonatée dans le système prismatique.

§ III. Des cristaux de chaux carbonatée spathique ' et d'arragonite de formation moderne.

ii^Sf A Carlsbady en Bohême, il se dépose jouroel-

GSÀPITRB Vri. IS7

lement des concrétions calcaires que l'on a rapportées à l'arragonite. A Saint-Nectaire^ dans le département du Puy-de-Ppme , on trouve de semblables dépots dans des tufs mp(|ernes. Ces dépôts ne présentent, en général, qu'une cristallisation confuse tle cristaux groupés irrégulièrement les uns à côté des autres, et partant d'un centre commun. - -

Ce groupement, qui est le même que celui des cristaux de Veptaîson et de diverses localités , a paru suffisant pour fjire l'eearder comme identiques ces deux espèces de cristaux. Pour nous assurer si ce rapprochement était bi^n fondé , nous avons fait les obseryatiqns suivantes :

1176. A Çlermont, en Auvergne, il existe des fonr taines incrustantes qui déposent sur les corps une croûte de chaux carbonatée, n'ayant aucune apparence de cristallisation. A Saînt-Neclaire il existe également des eaux incrustantes, mais le dépôt qui se fonne sur les corps n'est plus terreux; il est formé de petits cristaux dont pq a cherché le système cristallin par la méthode précé* deniment indiquée^ leur clivage est le même que celui de Tarragonite : ce qui vient encore à l'appui de c^tte assertion, c'est que l'arragonite se forme depuis un temps immémorial dans cette localité. Les fissures des roches granitiques^ par lesquelles les eaux sortaient jadis, epi sont tapissées. La cause qui détermine la cristâllisatiop delà cliaux carbonatée, dans le système prismatique, existe donc là depuis la plus haute antiquité. Quelle est cette cause? nous l'ignorons. Ce que nous pouvons dire, c'est que la modification que le courant électrique im« prime à la chaux, quand elle est transportée par lui au {{)iliei} 4'une ^sm chargée d'acide carbonique en présence de l'oxide de cujvre, suffît pour déterminer la formation de l'arragonite : aller au delà ce i^çratt devancer Pexpérience. Nous ferons remarquer seulement qu'à Saint-Nectaire la oomposition des eau:!^ minérales indique également un gF^nd excès. d'acide carbonique, comnie le prouve l'analyse d^ M. Berthier.

ia8 DES CRIST. DE CHAUX CARB. SPATHIQ., ETC.

Sels sans eaa.

Acide carbonique libre 0,000736

Carbonate de soude neutre.. • . o,oo2833

Muriate de soude o^oooiSô

Carbonate de chaux 0,00044^

Carbonate de magnésie. ...... 0,000240

Silico • » 0,000100

Oxide de fer. • , o,ooooi4

. 1 177. M. Berlhier, qui a fait une étude approfondie des eaux niinéraies^ et en particulier des eaux thermales de Saint-Nectaire, nous a donné des renseignements précis sur les changements qui s'y produisent quand elles sont au contact de l'air. Ces eaux suintent en bouillonnant à travers les fissures d'un gneiss jaunâtre en décom* position. Près de leur source elles sont très-limpides, mais elles ne tardent pa^ à louchir et déposent sur le sol des incrustations calcaires qui s'accumulent avec le temps et finissent par former des rochers d'une grande étendue. Dans les jouiiiées chaudes , elles déposent sur les herbes des efflorescences blanches alcalines. Ces dépots varient de couleur : ils sont d'une couleur ocracée due à l'oxide de fer qui se dépose dès que j'eau a le contact de l'air. Les autres sont grisâtres ou blanchâtres et sont composés découches concentriques; la cassure en est presque toujours cristalline et striée. Voici l'analyse qu'il adonnée de toutes ces concrétions :

Dans les concr^lions Dans les coocrétîoM ocracées. blaocfaes.

Sable mêlé de silice gélatineuse. o,i4*«*- 0^18

Carbonate de chaux 0,78 .... 0,78

Carbonate de magnésie. 0,04. • . . o,o4

Oxide de fer 0^04 • • • • trace.

lies efflorescences alcalines sont pulvérulentes et d'un

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