‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 54 sur 278 · CHAPITRE PREMIER. l6t · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. l6t

Il est très-probable que l'eau de la mef pénètre dans les foyers volcaniques; mais pourquoi la lave ne sort-elle pas aussi par les mêmes canaux conducteurs, puisqu'elle y trouverait une résistance moindre que partout ailleurs? On répond à cette objection que les longues intermittences des volcans font présumer que l'eau pénètre peu à peu par sa propre pression , dans des fissures imperméables et s'y accumule dans de vastes cavités que renferme la terre. Les feux volcaniques se rallument ensuite peu à peu, et la lave, après avoir obstrué les canaux par lesquels l'eau était arrivée , s'élève par son soupirail accoutumé.

iao4. Enfin, nous terminerons ce qui concerne les volcans, dont nous avons grand intérêt à connaître. le$ effets, par l'exposé des considérations que nous devons à M. de Humboldt sur les volcans en général, parce qu'elles nous fourniront quelques données utiles à la théorie électro-chimique dft globe.

Les volcans enflammés paraissent être l'effet d'une communication permanente entre l'intérieur de la terre en fusion et l'atmosphère. Sur la crête des Cordilières du nouveau monde, comme dans le sud de l'Europe et dans l'ouest de l'Asie, il existe une liaison intime entre l'action chimique des volcans proprement dits, qui produisent des roches y parce que leur forme et leur position permettent une issue, plus facile aux matières en fusion, et celle des volcans de boue en général, lançant d'abord des blocs, des flammes et des vapeurs acides^ puis vomissant plus tard des argiles boueuses, du naphte^ de l'hydrogène mêlé d'acide carbonique et de l'azote trèspur. L'action des volcans manifeste cette même liaison avec la formation, tantôt lente, tantôt brusque, des bancs de gypse et de sel gemme anhydre qui renferment du pétrole, de l'hydrogène condensé, du fer sulfuré, et quelquefois des masses considérables de galène, comme au Rio-Hualaga, à l'est des Andes du Pérou. Elle la manifeste encore avec l'origine des sources thermales, le groupement des métaux, déposés à diverses époques de haut

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en bas dans les filoqs. dans les ama$ et dans les roches altérées qui aVoisiuent les crevasses métallifères; enfin avec les tremblements de terre, dont les effets ne sont pas toujours dynamiques y mais qui sont accompagnés quel^ quefois de pbénomènes chimiques, et avec les soulèvements instantanés et très'^lents que Ton aperçoit après de longues périodes sur quelques parties de la surface du globe.

li'ànéilogie de faits actuels bien observés avec des faits anciens nous permet de concevoir ce qui s'est passé à des époques reculées, qui ont précédé les temps historiques. Cette action du dedans aq dehors est aujourd'hui très* affaiblie et ne produit des roches qu'autour de petites ouvertures circulaires, ou sur des crevasses longitudinales de peu d'étendue ^ elle ne manifeste non plus sa puissance Intérieure à de grandes distances qu'en ébranlant b croûte de notre globe dans des directions qui restent îeS mêmes pendant un grand nombre de siècles.

On voit donc que. l'époque des gmndes révolutions géognostiques était celle où les communications entre l'intérieur et rextérieur du globe étaient plus fréquentes et eh même temps plus nombreuses qu'elles ne le sont maintenant, et où la tendance a établir ces communications à fait soulever à différents âges et dans diverses directions les chaînes de montagnes qui recouvrent maintenant la surface du globe.

^ V. Des effets électriques qui ont accompagné et acàompagnent encore tes phénomènes géologiques .

iao5. Daïis les premiers âges du monde, les actions 'éhimiqués qUi avaient lieU etitre les couches de la terre^ qui $e déposaient successivement, étaient uniformément tépartiès autour du noyau primitif, tes effets électriques qui •àccoYnpagnaieùt ces actions devaient êtrp tumultueux, c'est-à-dine que toutes les fois que quelques-unes dès àubàtances formées n'entraient pas en vapeur, ïl y àVail recomposition immédiate d$^ deux électricités dé-

gtgrfet dans lés poiots mémM où la riacliôn ehtmiqu^ s'effectuait. Mais lorsque plusieurs de ces substances se gazéifiaient, elles emportaient avec elles une d^s deux électricités dont l'espèce dépendait de la nature de cep substances. La foudre devait sillonner alors continuellement les anus de vapeurs qui entouraient le noyau pri* mitif , absolument comme dîans les éruptions volcaniques où il arrive fréquemment que les vapeurs aqueuses qui ^ condensent par le froid des régions supérieures re> tombent en pluies abondantes, accompagnées de coupp d^ tonnerre.

L«s courants électriques devaient alors être peu aensibles, parce que leur production exige la présence d'un tmisième £orps inerte, en contact avec deux autres <|ui réagissent chimiquement l'un sur l'autre.

Mais lorsqu'il est arrivé que deux couches contiguëi n'exerçaient aucufie action l'une sur l'autre, et que celle qui était aundessus pénétrait par des fissures jusqu'à une couche attaquable, il a dû se produire des courants élec<r toniques, toutes les fois que les couches intermédiaires étaient conductrices de Télectricité.

Des effets semblables auront eu lieu quand , par suite de boursouflements de la croûte et du refroidissement des vides se sont formés entre les diverses couches déjà déposées, lesquels auront été remplis de liquides ou d'autim corps conducteurs.

iao6r Nous avons vu précédemment qu'il existe dans tous les pays à volcans une communication permanente «ntpe l'intérieur de la terre et sa surface, au moyen de nombreuses fissures p^i' lesquelles s'infiltrent Tes eaux de la mer qui vont réagir, soit sur les métaux des terres et des alcalis, soit sur les chlorures métalliques, et d'où résultent des effets électriques tels, que les métaux prea- B«nt l'ébctripité négative, la vapeur d'eau et )es gaz Télâstricité positive^. Une partie de cette dernière électricité ast apportée daos Tatmosplière par les déjectious volcanique* Tautre teuâ à se combinier avec l'électrjcité né- £llby« an imQê ^ m ^aivAIlt tous les «or ps cpnducteurs

|64 fiPÎ?* ^l'ïîû* QUI OITT ACCOMP. BT ACCOM^* ; ETC.

qui établissent la comtnunication entre les métaux ou leurs chlorures et les substances solides, liquides et ga- Zieuàes qui remplissent les fissures. On conçoit dès 1ers qu'il doit circuler dans Tintérieur du globe une foule de courants électriques partiels, qui produisent des réac* tîons électro-chimiques, dont nous ne pouvons apprécier toute l'étendue,, mais qui bien certainement donnent naissance à de nombreux composés.

Tout porte donc à croire qu'il existe dans la terre, jiisqu'à une certaine profondeur, une multitude de cou-» rants électriques dirigés dans toutes sortes de sens, et dont la résultante doit exercer une action sur l'aiguille aimantée. Peut-être cette résultante est-elle la cause du inagnétisme terrestre ; c'est une question que nous discuterons plus en détail en traitant des phénomènes du niagi^étisme du globe.

Ce ne sont pas là de simples conjectures, mais bien des conséquences rigoureuses de faits bien constatés, puisque nous savons que les vapeurs qui sortent des cratères dans les éruptions, apportent avec elles une quantité suffisante d'électricité pour que la foudre gronde quand ces vapeurs se résolvent en pluie.

1207. Voyons maintenant si d'autres causes que des réactions chimiques ne donneraient pas naissance aussi à des courants électriques terrestres.

On a dit que le mouvement de rotation qu'éprouve la

terre pouvait faire naître des courarits : on s'appuy^**^ pour cela sur l'action que l'aiguille aimantée éprouve de la part d'un disque tournant; mais cet effet ne peut s'appliquer au cas du globe terrestre, attendu que l'aigniH^ participe à son mouvement propre et qu'elle est pa^' rapport à lui dans un repos relatif. "

1208. On a avancé aussi que l'accroissement régulier de la température, en pénétrant dans la terre, indique l'état croissant de la chaleur au centre, et qu'il doit exister dçs lors dans la croûte de la terre des courants thermoélectriques, produits par la différence de température ^n\X^ ks points de cette surface que réchauffe le soleil

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