CHAPITRE m
ment de l'isolement de la silice et de la non-altëration par le feu des parois de ces fiions, que ceux-ci ont dû être remplis par voie aqueuse.
Le remplissage provenant de l'extérieur se compose de fragments de roches anciennes qui ont éprouvé quelque altération, tels que des schistes dont le talc et le mica sont changés en une substance grise, tachante et ardoisée; des schistes talqueux dans lesquels, la stéatite s'est isolée en veinules ou nodules jaunes très-onctueux , et des granités dont le feldspath est converti en kaolin.
Les granités de même formation , qui se trouvent en amas et loin par conséquent du contact d'autres corps, n'ont éprouvé aucune altération.
Le remplissage par l'intérieur paraît être dû à des sources cjui ont déposé de la silice, du sulfuçe de fer et des pyrites arsenicales sur les fragments des roches primitives. Ces dépôts, qui ont été enveloppés ensuite par tous les autres dépôts, constituent la première époque de remplissage.
Cette époque est caractérisée par une absence presque complète de cristallisation. Il semblerait que les eaux minérales étaient tellement chargées de substances ou d'éléments propres à produire celles-ci , qu'elles ont dû se prendre en masse.
1241. M. Fournet a observé quatre autres époques de remplissage; à la seconde, les fentes primitives ont éprouvé une nouvelle dilatation, il en est résulté plusieurs branches secondaires auxquelles on donne ordinairement le nom de filon du mur ou du toit et aont les caractères sont essentiellement différents de ceux du filon primitif. Ces branches secondaires ont été remplies par des produits. secondaires et tertiair^^s, comme les fentes précédentes, soit par des fragments anciens provenant de la surface et des débris quartzeux du filon détachés par la violence de la secousse, soit par des dépôts de quartz et de sulfure des sources venues de l'intérieur. Les quartz se distinguent des précédents par une texture éminemment esquilleuse et par une ten-»
fgS D£S FJLOBiS De pomtgibaud.
d.ince prôrtoncëe h la cristallisation fjtii a prôcïuit, ver» lesi dernièK*tis périodes de Tépoque^ deâ poititementfl cristallins.
Les dépôts du sulfure ont eu lieu autour de nodules anciens et ont formé des zones alternatives de pyrites, de galène et de quartas régulier en petits ori&tau)t«
ii^^* A la troisième époque, une dilatation nouvelle du filon a eu lieu ; il en est résulté les mêmes accidents qu'à la deuxième, c'est-à dire des fractures, des ébou* lements de roches anciennes et formation de nouveaux minéraux. Cette dilatation parait avoir eu pour résultat de détourner lefc sources qui produisaient la blende et la galène, et d'introduire dans le filon des dissolutions chargées de sulfate de baryte, ou du moins de sels capables de le produire par leur réaction»
Il n'est pas rare de trouver dans le filon de Barbeco, dont le centre est un fragment de roche ancienne, en* veloppé de quartz esquilleux, des sulfures de plomb et de zinc de la précédente époque. Le sulfate de baryte, dans son contact avec les roches ancienne», a pris ordinaîremenl des teintes violacées qui se perdent peu à peu en raison de son éloignement des roches anciennes» Ce fait confirme l'observation qui est relative h la coloration du quartz esquilleux, savoir, que les eaux ont agi P^f voie de dissolution sur les roches préexistantes.
1243* A la quatrième époque, l'énergie incrustante des sources paraît s'être affiiiblie peu à peu; a^^*** ^^ formes du minerai sont-elles de plus en plus régulitjr^** Le filon a achevé de se constituer, les salhandes se son formées. M. Fournct divise les produits formés en dettX classes, ceux provenant des sources de Tintérieurf ^ ceux qui sont dus à des causes extérieures. Ces dernier sont également des argiles tenaces et onctueuses, i**®* qiiemmenl chargées de détritus du filon lui-même:^
Quelquefois les salhandes paraissent être le restiuS d'une altération profonde de roches anciennes. Cet eiie peut s'expliquer par le séjour prolongé de» eau* ^^^^f f fitoii, en raison de l'analogie qu« l'on remarqua «Vfc 1'»"^*
tÈ\\oh idêntié(uè* du tûêmê rooher k h surface de la terre*
Pendant qiië têi allératioti» avaient lieu^ il s'es€ forttié des {^jrrite^, d^autrts ëubstatiGeii et dÎTers carbb« nates qui ifidiqyibiit là {ireitiière arrivée de l'acide car** faonique.
Enfin ) là dndyièttiis époque correspond probablemeiit à celle ded gfàiideâ ailuviôns et deâ éruptions basaltiquest Les dépôts siliceux ont toujours continué à parâtti^e et n'ont pas êeèsé jusqu'à nos jours; majs avec ciette diffefénce^ qu'il eit impossible d'expliquer comment il se fail que k silice ^it couramment dans un état gélatineux qui ne lui permet plusdecristalliser. Le fèr et le manganèse y sont à l'état d'hydrate; la calamine éeule, en raison de ses affinités éfiergiques, a pu cdnsèrver l'acide carbonique qui ^ du reste ^ se dégage depuis cette époque ^ avee force 5 soit des eaux, soit deê fissures multipliées produites par les éommôtidUâ qui ont accompagné la àërie des éruptions volcaniques. IjCS dépots ferrugineux et calcaire» tendent constamment à obstruer les travaux du mineur^ en sorte que 9 aprèit l'épuisement du filon ^ si on laissait les ga* leries fermées ^ et que la masse acquit de la cfompacité par les infiltrations successives^ il est probable que dea 6Xploitaliona nouvelles seraient ouvertes sur des dépota de minerais de fer hydraté silicifères; c'est ainsi quéf Ton trouvé d«sot!restrès*GompacteSf cimentant des fraglAents de remblats4 ayant une surface mamelonnée et do^ rée comme celle de certains minerais de fer*
f a44' 1^ dépôts de manganèse libre sont peu abondants^^ ceiâH de ëilUte pure sont affectés à certaines lùca-* lités, et les calcaires ne diffèrent pas en général de ceux qui c0iti^titueni les stalactites ou le» concrétions amorphes* eu» dernières sont quelquefois cristallisées assez irrégu* lièrement et en pointements oblongs^ Le plu» fréqiiem« ment, toutes ces substances sont mélangée» confusément ensemble et constituent ds^ns les galeries ou à la surface du sol des amas d'ocre effervescent, à base de silice gélatineuse.
1^45. Dans la contrée que nous décrivons, il est fa-
aoa I>ES FILONS DE PONTGIBA.UD.
cile de se rendre compte des altérations journalières que les substances minérales éprouvent par l'action des agents atmosphériques. En général, ces altérations se mauifes* tent par Toxidation graduelle des deux éléments des sulfures; il se forme des bases et des acîdes qui restent libres ou s'unissent par suite du contact, ou enfin s'emparent des autres substances voisines et forment ainsi des produits variés.
Le fer hydraté compacte et terreux provient évidemment de la décomposition des pyrites , puisqu'on trouve souvent dans son centre des portions de pyrites encore brillantes»
Le fer hydraté pulvérulent provient de la décomposition du carbonate de fer; le fer arseniate vert pâle des pyrites arsenicales; le fer phosphaté en filaments très* ténus est aussi une formation moderne.
Le fer sulfaté fibreux se forme journellement sur les bords des mines.
' La galène se décompose également comme le sulfate de fer et se convertit eu une substance pulvérulente noire et tachante; elle donne quelquefois naissance à du plomb carbonate noir ou blanc vitreux ou terreux, qui reste mélangé avec la galène. On trouve fréquemment de ces formations dans les galeries de mine.
Quelquefois l'acide sulfurique reste combiné avec l'oxide de plomb et donne naissance à du sulfate en petits octaèdres.
La blende est également soumise à des altérations particulières; il se forme des sulfates et de l'oxide sulfure de zinc.
. Le cuivre pyriteux, en se décomposant, donne naissance à du sulfate et à du carbonate de cuivre vert putvérulent ou cristallisé, ou bien à du protoxide de cuivre en petites houppes soyeuses.