CHAPITRE IV. ao
ches qui ont de l'analogie avec ceux qui oot transforme le feldspath en kaolin.
La décomposition de ces granités a attiré surtout notre attention , non pas sous le rapport des changements qui se sont opérés dans quelques-unes de leurs parties constituantes y mais bien sous celui de 1 étendue de la partie altérée. Dans diverses localités, et particulièrement sur la route de Toulouse, en sortant de Limoges, on trouve plusieurs carrières d*oîi l'on tire du granité pour divers usages. La partie que l'on exploite est intacte ^ mais celle qui est la plus rapprochée du sol est dans un état complet de décomposition. Il n'est pas permis de douter que les causes qui ont produit cette décomposition n'aient agi par en haut. Il y a même quelque probabilité à supposer qu'elles ont du commencer à agir immédiatement après la dernière catastrophe du globe, qui a rejeté les mers dans les bassins qu'elles occupent maintenant; car les eaux auront dû enlever toutes les roches désagrégées, toutes les parties enfin qui n'auront pu résister à leur impulsion. Ces principes posés , ne pourrait-on pas remonter à l'époque de cette dernière catastrophe, en comparant les altérations qui ont eu lieu depuis quelques siècles à celles qui se sont opérées dans les masses actuellement en place? A la vérité^ il faut supposer que les causes qui existaient alors sont encore les mêmes; mais cette supposition est assez admissible depuis que l'on sait, par qn grand nombre de faits, que l'état de l'atmosphère n^a pas changé sensiblement depuis cette époque.
I^a méthode que nous proposons, quoique inexacte à certains .égards, a des avantages marqués sur les autres méthodes employées , ne fût-ce que de donner une limite , comme nous allons le voir. Voici les moyens que Ton a proposés pour arriver à la détermination de l'époque de la dernière révolution du globe :
i^ Les données historiques et surtout les données religieuses; nous devons les respecter, et par conséquent ne pas en parler, st^ L'accroissement des atlerrissements le
ao6 INDICAT. d'un PR06. POURlJVAt. PAR APPROX., ETC.
long des fleuves ou sur les côtes de la mer. Mais la nature a-t-elle toujours agi d'une manière uniforme pour produire ces atterrissements? Dans les premiers temps, lorsque la terre était jonchée de débris de toute nature qui ont été charriés par les eaux , l^s atterrisseinents ont dû s'accroître plus rapidement que maintenant. Au surplus ^ nous ne connaissons aucun calcul bien positif qui nous donne la marche graduelle de ces dépots, depuis le dernier cataclysme du globe jusqu'à nos jours.
Le procédé que nous proposons repose sur des faits dont tout le monde peut vérifier l'exactitude; il importe donc de le faire connaître, parce que les géologues pourront en faire l'application dans un grand nombre de localités. Dans une question de cette nature, il ne faut pas s'appuyer sur des monuments péiMSsables qu€ les générations futures no peuvent consulter, mais bien sur des témoins irréfragables, qui restent debout pour éclairer continuellement la soience. Voici comment nous avons procédé :
Nous nous sommes demandé si l'on ne pourrait pas comparer les altérations qui ont eu lieu depuis quelques siècles dans des blocs de granité avec celles qui ont eu lieu dans la méuie roche actuellement en place. Or, la cathé* drale de Limoges, qui a été construite il y a environ quatre siècles, permet d'établir une comparaison à cet égard, Cet édifice est construit en granité qui a dû être extrait des carrières les plus rapprochées de la ville, et qui, sous ce rapport, a une grande analogie avec celui de la carrière qui se trouve sur la route de Toulouse. Daqs l'intérieur de la cathédrale, l'altération du granité est 'peu ou point sensible, surtout dans les parties qui n'ont pas été exposées à l'humidité; mais il n'en est pas de n>êm6 au dehors, principalement sur les facei^qui sont exposées au Vent de pluie. La désagrégation, dans quelques parties, est assez profonde, dans d'autres elle l'est moins; la première conséquence que l'on tire décos observations, que nous avons eu également l'occasion de faire dans plusiours égKses du Limousin ^ ainsi que sur les routes qui le travar^-
§ent ddQs tpu3 les $ien$, c e^t que 1^ alt^Vatipiis çont due» aii?^ influençai ^troosphériques, D'aprè* c^la et en r^i$pn des motifs qge uqus ^vpqs donnés pins haut , U faut donc ^ttribu^r à une cause semblable la décomposition des parties supérieures du granité en place, Nous avons fait nn grand nombre d'observations sur la profondeur de i'allération des granités de U cathédrale : le tçrme mo^en est de 8 millimètres. Or, la portion décomposée de la masse de granité que j'ai observée est de i mètre 60 centimètres environ; en supposant que la marche des altérations ait eu lieu dans la masse de granité pro« portionnellement au temps, on trouve que raltéra" tipu a dû commencer il y a environ 8a,ooo ans. On ignore, à la vérité, la marche de la décomposition du granité en masse, qui a dû être plus rapide dans les premiers temps qu'après, puisque les parties supérieure» auroqt préservé celles qui étaient au-dessous. Dans ce cas , la loi serait une progression décroissante et donne-* rait encore un nombre plus grand que celui que nous avons trouvé. Au surplus, la manière dont le granité se décompose n'a pas dû rendre aussi difficile qu'on pour-r rait le croire la décomposition des parties inférieures, puisqu'un des premiers effets de la décomposition étant de produire la désagrégation de ses parties constituanteS| l'eau et l'air qu'elle transporte auront pénétré avec plus de facilité dans les parties inférieures que si la décompo*» sitiun se fût opérée comme dans certaines roches , par une simple cémentation. Nous ne prétendons nullement donner comme définitif le nombre 8a,ooo, attendu que la méthode employée repose sur des données qui ont encore besoin d'être examinées ; mais nous pensons que c'est une de celles qui peuvent nous conduire le plus directement à la solution d'une question qui intéressé au plus haut degré la géologie,
Ifûus croyons avoir atteint le but que nous nous
sommes prpDosé, ^n faisant connaître au lecteur toutes les données dont la science peut disposer pour expliquer
ào8 INDICAT. D*UN PROC. POUR iJvAL. PAR APPROX., ETC.
les actions lentes en général , dans l'intérieur ou à la surface de la terre. Toutes les forces de la nature concourent à la production de ces actions; la chaleur, la lumière, Télectricité, les affinités, la capillarité, et même les forces organiques. Jadis on s'en occupait peu, parce qu'on n'avait pas cherché à analyser la part que chacune d'elles prend h l'effet général. Nous sommes bien éloigné de croire que nous ayons fait connaître toutes les causes qui interviennent; mais nous avons indiqué du moins les moyens d'investigation à l'aide desquels on peut arriver à leur détermination. "Notre ouvrage n*est donc pas à beaucoup près complet : aussi doit-on lé considérer comme un cadre dans lequel viendront se placer les découvertes qui enrichiront successivement cette partie de la science. Un jour à venir, l'ensemble de toutes ces connaissances formera un corps de doctrine dont les sciences. physiques, chimiques et physiologiques, tireront un grand parti pour leur perfectionnement réciproque.
Nous prioiîsde nouveau le lecteur de ne pas attacher plus d'importance que nous ne l'avons fait aux théories que nous avons données pour lier ensemble toutes les observations. Nous avons voulu seulement rendre leur étude facile, et les accompagner d'aperçus philosophiques propres à engager les jeunes physiciens à cultiver une branche de nos connaissances scientifiques qui offre une source inépuisable de découvertes importantes. Nous espérons que les observations qu'ils voudront bien nous communiquer nous mettront à même de rectifier les erreurs qui ont pu se glisser dans un ouvrage qui, en raison de l'abondance des matières, a eu plus d'extension que nous ne voulions d'abord lui en donner.
Depuis la publication des quatre premiers volumes , la science électrique a été enrichie de découvertes importantes qui doivent trouver naturellement place ici; aussi croyons-nous être agréable au lecteur en ajoutant un livre supplémentaire , dans lequel il trouvera l'exposé des principaux faits qui ont été observés*