‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 3)Chapitre 67 sur 278 · DE LA MESURE DES COURANTS ÉLECTRIQUES · texte numérisé non relu

DE LA MESURE DES COURANTS ÉLECTRIQUES

§ I**". Description de la balance électrO'magnétiquei

1 a4B. Lorsque les deux électricités émanent sans interruption d'une source commune, et parcourent des corps conducteurs solides ou liquides dont les dimensions sont invariables, il en résulte un courant dont l'action sur l'aiguille aimantée, ou sur les solutions, dépend de la quantité d'électricité en mouvement et de sa tension. Si toute la quantité d'électricité dégagée ne circule pas librement dans les conducteurs, elle élève leur température. Quand la tension augmente , la même quantité devient apte à vaincre l'inertie des conducteurs, ainsi que Taflitiité réciproque de leurs parties constituantes.

L'aiguille aimantée, librement suspendue, est employée ordinairement pour évaluer l'intensité absolue du courant, abstraction faite de la tension de Télectricité.

On n'a trouvé jusqu'ici que deux moyens pour comparer entre eux les courants, sous le rapport de leur intensité absolue. Le premier consiste à faire osciller une aiguille à la niême distance d'un fil conducteur traversé par des courants n'ayant pas la même énergie, et à calculer ensuite l'inten&ité de chacun d'eux au moyen de la

aïO DESCniPT. DE LA. BAL. iLEGTROMAGNlÊTIQUE.

farinula du pendule. Cettf méthodç r\t peut $ervir <(ue lorsqu'il s*agit de comparer ensemble des courants d'une

certaine force t produit^ par de l'électricilé fournie par

une source constante. La seconde, qui est destinée à évaluer de faibles courants, exige Temploi d'un nniltiplteateur; les déviations de Tatguilie aimantée, comme on sait, font connaître l'intensité du courant. Mais quand ces dfvii^tioRS dépassent unt certaine limite^ il est impossible d^obtenir une loi générale qui exprime le rapport entre la déviation de l'aiguille aimantée et l'intensité du eourani, et même de former une table empyrique, capable de donner des résultats sur lesquels on puisse compter.

Nous avons suivi une autre marche : nous évaluons en poids l'effet électro-magnétique d'un courant.

On prend une balance d'essai, TBC (fig. 6), trébu- ^ant à une fraction de milligramme. A chacune des extrémités du fléau^y, on suspend à une tige verticale, d'un ^oimètra de long, un plateau fi^p^* Au^oissou&^de chaque platei^u ae trouve uu anneau qui sert à suspendre un barliMiu d'acier aimanté ab^ d k\ au moyen d'un fil de soie: chaque barreau a 3 millimètres de diamètre et 8 centiteàtret de long» Ces deux barreaux sont aimantés à saturation et tournent leur pôle boréal en bas, c'est^^lire le pôle qui regarde ordinairement le sud, quand l'aiguille tiitiiantée est suspendue horiaontalement. On évite par ce Indien que les aimants ne perdent une partie de leur magnétisme. Les deux plateaux de la halance, quand ils sont en équilibre , doivent trébucher au meins à un demimilligramme.

On prend ensuite deux tubes creux en verre ^ d^ua •àlamèlra assez gmnd pour que les deux barreaux pois- -ee»t j entrer $ans loucher les parois, quand ils sont )^acëa verticflement au-dessous d'eux. Obi enroule au*feur de ehaeu» de ces tubes on S\ de ciiîvre recouvert lie soie de manière à former une hélice de dix mUie cii^ «oviTolution^, sHl s'agit de e^Urants éleclro-^rhimiquesi, #u d'un pelit nombre de leure si t'^n ne veut t^fér^qs»

CHAPITRfi PAEMIKR* ail

sur des courants th^rnK>-électric|ues« Cet» deux tUbes sont alors Riki verticaK;ment sur des petits plateau» horiaoïi-* taux en cuivre e c^ c' c\ mobiiei clans deux dirdQtiOnn p«$rpendiculairi^ entre elles au moyen de vis dl$ fappei V v\ afiu de pouvoir les centrer par rapport à Taxe des bal** r^aux.

N« considérons pour un iniitânC qti^une seule de» hélices^ et faisoilé passer un courant à ti^avei^s te fil) il est bien évident que, suivant la direction de ce courant^ le barreau aimanté s'élèver^i ou s'abaissera et fera participer à ce mouvement le fléaii aveo lequel il e«t en rapport. Disposons maintenant la éecimile hélice dé telle sorte que le mouvement du iléaU s'exécute dans la méinesens, quand le fil est parcouru parle courant^ek faisons comniuniquer ensuiti* les deux hélices l'une ave<} l'autre; les actions qu'elles exerceront sur les deux bar« reaux ft'a}outei*ônt nécessairement. Quelques exemples vont donner une idée de la sensibilité de l'appareil , ainsi que du parti que l'on peut en tirer pour comparer «il» semble les courants solis le rapport de leur intensité.

ii40' ^y^^^t pris deux lames, l'une de xino et Tautre df! cuivre, présentant chacune une surface de quatre oea« tiniètres carrés^ et en commuilioation avec les deux ex* trémités libres des deux hélices^ oi) les a plongées eil. même temps dans lo gramme» environ d'eau distillée. I>es plateausC ont trébuché et il a fallu ajouter un poids de o^'',oos£5 pour maintenir l'tkjuilibre* £n plaçant dan» le circuit un multiplicateur à fil court^l aiguille aimau* tée a Hé déviée de 6o°*

N'ayant rien chan|é au dispositif d^ l'appareil^ on m . plongé dans l'eau le bout d'un tube humecté d'acide sulfuj^ique; les plateaux ont trébuché de tout suite dactt le même sens, en vertu de raccroissemetil de force da courante 11 a fallu alors ù^'fù'à55 pour maintenir l'équi'' libre; il résulte de là que le aecond courant est tfu premier dans le rapport de 355 à aS, c'e^l^à^lire à peu près comme i4 e»t à i^ Une additiod à l'eau d'une it*èspetite quantité d'acidd aullurique 9 donc suffi pour

ai a DESCRIPT. DE LA. fi\L. lÉLECTRO -MAGNÉTIQUE.

rendre le couraat quatorze fois plus énergique qu'il n'était auparavant. En ajoutant successivement de l'acide sulfurique jusqu'à 3 grammes, on est arrivé à un point où il a fallu o^'',o5a pour empêcher la balance de trébucher. Les deux courants étaient donc dans le rapport de I à 17, rapport qui n'a pas augmenté, comme on le voit, en raison de Tacicle. En ajoutant une plus grande quantité d'acide, on n'a pas augmenté l'intensité du courant.

En substituant à l'eau distillée de l'eau saturée à moitié de sel marin, il a fallu o^',025 pour maintenir l'équilibre. On a plongé dedans , comme précédemment, un tube humecté d'acide sulfurique; le courant a exercé une action telle qu'il a fallu employer o^,o32 au lieu de o*%o355 , comme dans l'expérience précédente, pour maintenir l'équilibre.

En opérant avec un grand couple voltaïque de plusieurs décimètres de côté, il a fallu, pour maintenir l'équilibre, un poids de o5'",o3i5 , résultat qui est à peu près le même, comme on devait s'y attendre, que celui qu'on a obtenu avec un couple de petite dimension,^ attendu que l'intensité du courant est dépendante dé la longueur et du diamètre du fil qu'il parcourt, ainsi que de la tension de l'électricité.

I à5o. Nous avons cherché ensuite le rapport entre des courants provenant de piles composées d'éléments plus ou .moins nombreux. Avec une pile de 4o couples de 4 centimètres-de côté, chargée avec de l'eau renfermant -5V d'acide sulfurique, -^ de -sel marin et ~— d'acide nitrique, il a fallu employer o^^ôiS pour maintenir l'équilibre, d'où il suit que l'intensité de ce courant re*^ lativement à son action sur l'aiguille aimantée, après avoir traversé les deux spirales, est à celle du courant obtenu avec un seul couple, fonctionnant avec l'eau salée et l'acide sulfurique, comme 61 5o : 35^ c'est-à-dire comme 176 est à i.

Ces trois exemples prouvent avec quelle facilité ou compare ensemble, au moyen de poids, les intensités

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