CHAPITRE SEPTIÈME
raux ont été formés dans les premiers temps qui ont suivi la consolidation du globe, parce que le feu a concouru seul à cette action; mais ils ne sont pas de nature à nous initier sur le mode de formation des composés dont l'origine est aqueuse, comme ceux que Ton trouve, par exemple, dans les terrains de sédiment, ou dans certains filons qui n'ont pu être remplis par voie ignée.
A la vérité, on ne peut vérifier directement si les moyens qu'on emploie dans les laboratoires sont véritablement ceux dont la nature a fait usage; mais, si Ton peut arriver à prouver que les causes que Ion met en action se présentent dans la terre avec les mêmes circonstances, rien ne s'oppose alors à ce que Ion admette que les mêmes effets ne s'y produisent également; la conséquence me paraît rigoureuse.
On rapporte souvent à (électricité les phénomènes naturels dont on ne connaît pas l'origine, comme si cet agent était destiné à produire tous les effets qui dépendent de causes occultes. La plupart du temps, l'on ne cherche pas à démontrer si ce rapprochement est justifié par l'expérience ; c'est cependant là le point de départ.
Ou a vu, dans le cours de cette notice, la marche qu'il fallait suivre pour l'opérer; ainsi je n'y reviendrai pas. Mais je rappellerai seulement comment il faut concevoir l'influence qu'exercent lès effets électriques produits dans les actions chimiques sur ces actions elles-mêmes pour augmenter leur énergie.
Toutes les fois qu'un corps réagit sur un autre, celui qui joue le rôle d'acide, comme on sait, prend l'électricité positive, et celui qui se comporte comme alcali, l'électricité négative : la recomposition de ces deux électricités est plus ou moins immédiate sur la surface même de contact , suivant la faculté conductrice des deux corps. Dans ce cas, il y a un simple rétablissement d'équilibre sans production de courant, attendu qu'il n'y a pas de déplacement des deux fluides; ou s'il y a des
54o DES FORCES A LAIDE DESQUELLES, £TC.
Un autre fait qui est encore bien constaté, c'est que, dans les terrains oii se trouvent des pyrites de fer ou de cuivre, les eaux qui suintent dans les roches, se chargent de sulfates de fer et de cuivre; si ces terrains sont alumineux et magnésiens, il se forme eu outre des sulfates d'alumine et de magnésie.
Il est encore bien prouve que certains granités et plusieurs roches anciennes se décomposent sous l'influence de l'air et des agenls qu'il renferme.
Voyons maintenant comment on peut concevoir les effets de décomposition. Ces effets peuvent être le résultat de deux modes particuliers d'action. Le premier rentre dans le domaine de l'électro-chimie, le deuxième dans celui de la chimie ordinaire et n'a pas été jusqu'ici le sujet d'aucune investigation.
Si le principe, à l'aide duquel on utilise l'électricité qui se dégage dans les actions chimiques, pour produ re de nouvelles réactions, est simple, il n'en est pas de même de son application, attendu qu'une foule de causes, et en particulier les diverses modifications que les actions chimiques éprouvent, détruisent et même intervertissent les effets électriques produits; de là la nécessité, avant de se livrer à fies recherches de ce genre, de se familiariser avec les effets électriques qui ont eu lieu dans toutes les actions chimiques, de quelque nature qu'elles soient.
Voyons maintenant comment on peut expliquer la formation de certains oxides cristallisés, des crislaux de protoxidede cuivre, par exemple, tels que ceux que l'on trouve à Chessy dans les argiles qui accompagnent ordinairement le grès bigarré et dont la formation paraît postérieure à leur dépôt.
Il est bien prouvé que les eaux qui se rendent dans les galeries s'emparent du sulfate de cuivre qui provient de la décomposition des pyrites cuivreuses. Supposons maintenant qu'une semblable dissolution soit séparée d'une veine d'eau qui ne renferme pas de sulfate de cuivre, par un banc d'argile d'une épaisseur plus ou