CHAPITRE SUPPLÉMENTAIRE. 54q
raréfié ou un air chaud. M. Faraday a prouvé , au moyen d'uu appareil ingénieux , que de semblables effets sont produits dans les décharges de l'électricité voltaïque , et qu'un courant qui passe dans un air très-chaud donne naissance à des décompositions chimiques et fait dévier l'aiguille aimantée dans le multiplicateur.
Davy était parvenu à faire passer un courant excessivement énergique dans le vide entre deux pointes de charbon qui, d'abord en contact, avaient été successivement éloignées jusqu'à une distance de quatre pouces (i); mais dans l'expérience précédente , le courant passe immédiatement, quoique avec une énergie infinimentmoindre dans un air chaud, sans que l'on soit obligé de met* tre d'abord les pointes en contact.
M. Faraday entend par courant quelque chose qui marché progressivement, soit que ce soit un fluide électrique ou deux fluides se mouvant dans des directions opposées, ou simplement des vibrations.
Il attribue pour caractère distinctif à l'électricité ordinaire une grande intensité pour une petite quantité et des pouvoirs attractifs et répulsifs à des distances sensibles, dont jouit également l'électricité de tension recueillie aux deux pôles'* d'une pile.
Les phénomènes de chaleur produits dans des fils de métal par l'électricité commune et l'électricité voltaïque sont les mêmes. L'électricité voltaïque donne naissance à des effets électro-magnétiques qui sont beaucoup plus exaltés que ceux que l'on obtient avec l'électricité ordinaire.
Quelques physiciens pensaient que les expériences de M. Colladon n'avaient pas résolu îa question de l'identité entre les effets magnétiques produits par les deux espèces d'électricité.
M. Faraday ayant repris ces expériences , avec des appareils qui lui sont propres, a confirmé pleinement les observations de M. Colladon. Il a trouvé qu'un courant d'électricité commune, qui est transmis à travers l'eau,
(i) Eléments of chimical philosophy, p. i53.
55o CHAPITRE SUPPLEMENTAIRE.
l'air raréfié, ou au moyen de pointes dans l'air ordinaire, est toujours capable de faire dévier l'aiguille; la seule précaution à prendre est de laisser à l'action le temps de se produire. Il donne encore ce fait comme une preuve de l'identité entre les deux électricités.
Il passe ensuite aux décompositions chimiques qui caractérisent éminemment l'action de l'électricité volfctfque (i).
Wollaston avait montré que l'électricité commune produit également des décompositions chimiques.
M. Faraday a voulu ajouter de nouvelles preuves à l'appui du rapprochement qui avait été opéré par son illustre compatriote. Il a décrit un appareil plus convenable et plus efficace que celui qu'il avait donné pour opérer la décomposition chimique à l'aide de l'électricité commune.
Dans toutes les expériences , il a eu soin d'éviter la * formation de l'acide nitrique résultant de la combinaison de l'oxigène dégagé et de l'azote de l'air , et en a déduit un moyen très-simple et très-prompt de constater la formation de l'acide nitrique dans les réactions chimiques qui ont lieu au contact de l'air.
Lorsque Wollaston décomposa l'eau avec l'électricité ordinaire, au moyen de deux pointes de platine trèsfines, il avança que l'oxigène et l'hydrogène étaient dégagés à chaque pôle, et ajouta à ce sujet, en comparant ce mode de décomposition à celui de la pile , que la ressemblance n'était pas complète. M. Faraday rapporte que cette expérience avait déjà été faite anciennement par MM. Paets, Van Trootswyk et Deiman, en 1789, et de Pearson en 1797 (2) ; « qu'elle prouve, ajoutc-t-il, « la décomposition électro-chimique , c'est ce qui est « évident. L'eau est décomposée aux deux pôles indé- « pendamment l'un de l'autre ; l'oxigène et l'hydrogène
(1) Philosop. Trans. , i8oi,p. 4*7, 434.
(2) Nicholson's journal , in-4°, vol. 1, p. 241, 299, 349-