‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 4)Chapitre 113 sur 119 · CHAPITRE SUPPLÉMENTAIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE SUPPLÉMENTAIRE

dans l'effet décomposant. Ayant disposé un appareil particulier pour opérer là décomposition d'un sel, il enleva ensuite le conducteur négatif, ainsi que le papier de curcuma destiné à constater la présence de l'alcali, et toucha le papier de tournesol avec un cordon humide qu'il tenait à la main; quelques tours de la machine suffirent pour rougir le papier. L'effet fut encore le même lorsque le bout du fil humecté fut suspendu en l'air , avec un tube de verre. L'autre pôle donna le même résultat. Il varia ces expériences, et conclut de ces résultats que la décomposition électro-chimique ne dépend pas de l'action simultanée des deux pôles. Il ajoute cependant que Pair avait agi comme un pôle. Il obtint également la décomposition en supprimant toute communication métallique avec le corps soumis à l'expérience et en ne prenant pour pôles que l'air. Les papiers à réactifs employés constituaient donc les conducteurs, car à l'un des bouts se trouvait la réaction acide et à l'autre la réaction alcaline. La pile ne donne rien de semblable. Ces résultats annoncent, suivant M. Faraday, l'action interne des parties soumises à la décomposition et paraissent montrer que le pouvoir qui a le plus d'effet pour séparer les éléments se découvre, non aux pôles, mais aux limites de la surface électrfcée.

Il traite ensuite de l'influence de l'eau dans la décomposition électro-chimique. Plusieurs physiciens avaient avancé que sa présence était indispensable. Il rapporte à ce sujet l'opinion de Davy et s'appuie sur les expériences que j'ai rapportées précédemment, et au moyen desquelles il a prouvé qu'il existe un certain nombre dç corps qui se comportent comme l'eau.

M. Faraday rappelle toutes les tentatives qui ont été faites pour expliquer les effets de décomposition. Il cite particulièrement Davy qui attribuait les effets aux attractions des pôles , Grotthus qui supposait que les actions attractives et répulsives peuvent être communiquées de la surface métallique sur toute l'étendue du

menstrae et diminuant cfintensiîé depuis les pôles jusqu'au point milieu qui est neutre. 11 combat soccessivemeot toutes les théories, et avance qoe les décompositions électro-chimiques ne dépendent d'aucune attraction ou répulsion directe des pôles., considère les portions environnantes de Fair, dans les phénomènes de décompositions opérées avec Félectricîté, comme des surlaces jouissant des mêmes propriétés qu'on avait attribuées aux métaux. Cet habile phisïcien est parvenu à construire un appareil à l'aide duquel il a décomposé des sels avec la pile sur une surface d'eau aussi bien que dans Fair ou sur un métal ; résultat semblable a celui qu'il avait obtenu avec l'électricité ordinaire. H dît

3ue la théorie de M. Delarive ne peut rendre compte es effets de décomposition à la surface de Fair et de Feau.

Après avoir discuté l'imperfection de toutes les théories connues, il en propose une qui lui semble s'accorder mieux avec le grand nombre de faits observés, et d'après laquelle les effets de la décomposition électro-chimique proviennent de forces internes et sont relatif* à la matière en décomposition, et non de forces externes comme on pourrait le croire s'ils dépendaient directement des pôles. 11 suppose que ces effets sont dus, à une modification de l'affinité chimique des particules au travers desquelles passe ce courant, laquelle modification leur donne le pouvoir d'agir plus efficacement dans une direction que dans l'autre, en les faisant passer par une suite de décompositions et de recompositions successives dans des directions opposées, et enfin les chassant aux limites du corps décomposé dans la direction du courant; aussi croit-il qu'il serait plus philosophique de dire qu'un corps décomposé est plutôt en rapport avec le courant qu'avec les pôles. Cette théorie exige comme il le dit lui-même, que les particules élémentaires des corps décomposants aient une relation mutuelle et une influence l'une sur l'autre, qui s'étendent au-delà de

Page 1