TRAVAUX I>E ST. DE HUMBOLDT
M. de Uuinboldt rapporte un fait remarquable, qui doit être pris en considération par ceux qui s'occupent de l'application du galvanisme à la médecine : il a vu l'inflammation se développer dans une plaie de la main par l'application de l'irritation métallique; il a constaté aussi ce fait sur lui-même à plusieurs reprises. Ayant appliqué deux vésicatoires sur les muscles deltoïdes et posé dessus des armatures après l'ouverture des vésicules, il en résulta aussitôt un nouvel écoulement de sérosité avec changement de couleur, douleur très-forte, rougeur et inflammation.
Achard de Berlin avait établi le premier une communication entre [abouche et l'anus avec du zinc et de l'argent (t). Il excita par ce moyen des douleurs dans le basventre, augmenta l'énergie de l'estomac et opéra un changement dans les évacuations alvines. M. de Humboldt , considérant que tous les nerfs du tronc étaient excités dans cette expérience , conçut l'idée d'essayer si une irritation aussi active ne pourrait point rappeler à la vie des petits animaux très-irritables, lorsqu'ils étaient atteints d'une mort apparente; il choisit une linotte qui allait expirer, dont les yeux étaient déjà fermés et qui était étendue sur le dos. Aussitôt que la communication galvanique fut établie entre le bec et le rectum , l'oiseau ouvrit les yeux, se leva sur ses pattes en battant des ailes, respira pendant 6 ou 8 minutes, et expira tranquillement.
M. de Humboldt rapporte une observation intéressante du docteur Grapen Giesser, médecin à Berlin, relative à l'influence de l'irritation des nerfs sur les mouvements péristaltiques du canal intestinal , d'où il conclut que ce mouvement est uniquement l'effet des nerfs, puisqu'il est impossible d'irriter le canal intestinal sans irriter les fdets nerveux qui se distribuent dans le tissu cellulaire, les membranes et les vaisseaux des intestins.
(1) Histoire du galvanisme, 1. 11, p. 78.
Schmuch avait observé le premier l'excitabilité du cœur par le fluide galvanique. Pfaff, Ludwig, Crève et Webster confirmèrent cette observation sur les grenouilles.
M. de Humboldt reprit ces expériences et trouva qu'elles réussissaient toujours sur le cœur des grenouilles, des lézards et des crapauds. Celui des grenouilles, qui est le plus excitable par le chlore, l'est aussi le plus par l'irritation métallique; il en tire la conséquence que l'irritation métallique agit et sur les muscles dépendants de la volonté, et sur ceux qui en sont indépendants, quoique plus faiblement sur ceux-ci. M. de Humboldt , dans la théorie qu'il a donnée de tous ces effets , n'a pas adopté les idées de Volta ; mais aussi à cette époque , la pile n'était pas encore découverte , et il était permis de douter. Au surplus, les théories passent , et les faits bien observés, que nous devons à ce savant célèbre, resteront toujours.
M. Pfaff (1) chercha à prouver que l'action chimique des différents corps sur la fibre, telle que M. de Humboldt l'avait admise , n'agissait pas comme exaltant l'irritabilité, mais que tous les corps constituaient une chaîne, par leur contact mutuel.
Il avança que ces corps ressuscitaient les contractions d'une manière très-efficace, lors même qu'ils îj'étaient pas appliqués immédiatement aux nerfs, mais seulement mis en relation avec eux par des conducteurs. Il ne tint pas compte, dans cette circonstance, de leur réaction sur ces derniers, qui cependant était la cause iufluente.
§ IV. De la pile de Voila et des premières observations relatives à son action chimique.
La lutte continuait toujours entre les partisans de .
(1) Archives du Nord , icr cahier d'un journal publié en 179a à Copenhague, et Recueil périodique de la Soc. de médec. de Londres , t. xx , p. 100.