‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 4)Chapitre 16 sur 119 · TRAVAUX DE M. DE HUMBOLDT · texte numérisé non relu

TRAVAUX DE M. DE HUMBOLDT

La commission reconnut que l'étincelle électrique suffît pour rétablir la susceptibilité des animaux épuisés par des expériences répétées. Elle essaya sur des organes musculaires épuisés l'alcool et le chlore , ainsi que la dissolution de potasse et celle d'opium, en employant pour support l'argent et le zinc.

L'immersion des muscles^et des nerfs dans l'alcool et les dissolutions opiacées affaiblit et va même jusqu'à éteindre leur susceptibilité.

Les muscles des animaux tués par des décharges électriques éprouvent un accroissement de susceptibilité galvanique, tandis que cette propriété subsiste sans altération dans les animaux asphyxiés par la submersion, dans le mercure, par le gaz hydrogène, etc., et s'affaiblit après les asphyxies par l'hydrogène sulfuré, l'azote, l'ammoniaque, et s'anéantit dans des animaux suffoqués par le gaz acide carbonique.

M. de Humboldt fît, sous les yeux des commissaires, plusieurs expériences qui avaient pour objet l'actiou du . galvanisme sur les mouvements du, cœur, l'effet de la ligature des nerfs et celui des substances évaporables placées dans différentes parties de l'arc excitateur. Il annonça que le temps où la susceptibilité se trouve la plus grande est la fin de l'hiver et le commencement du printemps, époque où l'animal sort de son engourdissement et où il est près de s'accoupler ; passé ce temps et l'accouplement fiai, la susceptibilité diminue. Lors de l'accouplement, M. de Humboldt assure qu'elle est, toutes choses égales d'ailleurs, chez le mâle plus forte dans les extrémités antérieures, avec lesquelles il embrasse et serre la femelle, que dans les extrémités postérieures, et qu'en tout temps elle est en général plus grande dans les femelles que dans les mâles , particulièrement dans les extrémités postérieures.

M. de Humboldt publia un ouvrage en allemand , sur le galvanisme, qui a pour titre : Expériences sur le galvanisme et en général sur l'irritatioq des fibres musculaires et nerveuses, lequel a été traduit, en 1799, p^r

M. Jadelot, médecin. On y remarque particulièrement les faits suivants :

Le diaphragme, dans les animaux à sang chaud, est le muscle sinon le plus fortement, au moins le plus facilement irritable. Le galvanisme peut exciter des mouvements dans les organes indépendants de la volonté, tels que le cœur et l'estomac. Les phénomènes de contractions peuvent avoir lieu sans l'intervention d'aucun corps extérieur. L'excitabilité est portée à un degré supérieur à ce qu'on avait remarqué dansl'état naturel, en baignant les nerfs des animauxdansunesolutiondeselsalcalins ou dans le chlore.

M. de Humboldt, désirant savoir si les mouvements musculaires et les sensations que le galvanisme produit, se prolongent après que la chaîne a été fermée, eut le courage de se faire appliquer deux vésicatoires sur chacun des muscles deltoïdes; l'une de ces plaies fut fermée avec une médaille d'argent et l'autre avec une lame de zinc, et la communication fut établie entre les deux avec un arc de métal. Après un seul contact, les muscles de l'épaule et du cou se contractèrent alternativement et il en résulta une cuisson ; il distingua très-bien trois ou quatre coups simples, et souvent deux de ces coups ne se faisaient sentir qu'après que le zinc avait été posé pendant quelque temps sur la peau mise à nu. Lors qu'on eut répandu sur l'armature quelques gouttes d'une solution alcaline, l'excitabilité des organes fut considérablement augmentée et les douleurs devinrent très-violentes. Il signale ensuite l'existence de la fibre irritable dans le règne végétal et dans les insectes qui sont doués d'une grande irritabilité. Les poissons, en raison de leur organisation nerveuse, lui ont paru extrêmement propres aux expériences galvaniques. « J'ai vu, dit-il « des poissons auxquels on avait coupé la tête une demi «heure auparavant, frapper leur queue galvanisée d * manière que tout leur corps sautait assez haut sur 1 « table où ils étaient posés. » En employant le chlore on avait peine à se rendre maître des poissons, surtou des anguilles et des tanches.

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