PHÉNOMÈNES CALORIFIQUES DE LA PILE
moins fortement que lorsque l'on employait le fil qui avait servi à transmettre le courant voltaïqde.
§ VIII. Suite des phénomènes de chaleur et de décomposition produits par la pile.
Depuis la découverte de la pile, on n'avait pas cessé de s'occuper de ses effets chimiques; mais on ne les avait pas encore analysés de manière à établir leurs rapports mutuels, et Ton avait négligé surtout l'examen des phénomènes de chaleur qui sont produits dans les mêmes circonstances, à l'exception de Davy qui préludait déjà aux brillantes découvertes dont il devait enrichir plus tard Jes sciences physiques et chimiques; mais ses travaux n'avaient pas encore acquis l'importance qu'ils eurent ensuite, comme nous allons le voir.
Il se livra, dans le laboratoire de l'Institution royale de Londres, à quelques expériences relatives à l'action de l'électricité galvanique sur la production de la chaleur et aux changements qu'elle occasionne dans différents fluides (ï). Il examina en même temps l'influence des piles à larges plaques sur l'action chimique.
Fourcroy, Vauquelin et Thénard avaient prouvé qu'il valait mieux employer, pour les phénomènes de combustion , les batteries à larges plaques que celles qui avaient de petites dimensions; en conséquence, Davy opéra avec un appareil galvanique composé de 20 couples carrés de pièces de cuivre et zinc de 1 3 pouces de côté. En la chargeant avec de l'eau pui'e, il obtenait des effets très faibles; avec une dissolution de sel marin, Faction fut augmentée; avec l'acide nitrique elle le futencore davantage, puisqu'il put rougir à blanc trois pouces d'un fil de fer de 77^ de pouce de diamètre. Ayant comparé les effets produits au moyen de l'acide nitrique avec ceux que donnait une solution concentrée de carbonate de potasse, il observa que les premiers étaient plus forts que
(1) Annal, de Ch., t. xliv, p. 206.
2C PÉRIODE, CHAPITRE PREMIER. | a5
les seconds, ce qu'il attribua à faction chimique. Il en conclut qu'il était probable qu'avec de l'eau pure privée d'air et de tout sel, on n'obtiendrait aucun résultat. Lorsque la batterie galvanique était en pleine action, un fil de fer de a pieds de long et ^ de pouce de diamètre, placé dans le cercle galvanique, acquérait assez de chaleur pour faire bouillir promptement leau. Il en fut de même quand le fil plongeait dans l'élher, l'alcool, les huiles, etc.
En terminant les deux conducteurs par deux petits morceaux de charbon bien calciné ou un morceau de charbon et un fil métallique, on vit une abondante production de gaz, et les extrémités du charbon parurent d'un rouge blanc quelque temps après le contact. Il obtint également des étincelles dans les acides nitrique et sulfurique. Ayant soumis l'eau à l'action des étincelles qui jaillissaient tie deux morceaux de charbon, il obtint un gaz composé de -§ d'oxide de carbone, de ~ d'oxigène et de | d'un gaz inflammable. Avec l'or et le charbon, le premier étant positif, les gaz produits parurent être un mélange d'oxigène et d'hydrogène. Il examina aussi l'action des étincelles sur l'alcool, ï'éther, etc., et trouva que les gaz produits étaient des mélanges d'oxigène et de gaz inflammables.
Ces produits devaient leur origine, suivant toute apparence, à la décomposition de l'eau que renfermaient ces liquides. Il attribua l'ignition apparente du charbon, dans différents fluides, à ce qu'au moment du contact il se trouvait entouré de globules de gaz qui empêchaient la chaleur dégagée de se communiquer immédiatement au liquide.
En employant des fils d'or attachés aux extrémités de la batterie , il remarqua, dans ce cas, que le pouvoir conducteur des fluides agissait plus puissamment sur le dégagement des gaz que lorsqu'il employait des piles à petites plaques. En étudiant l'action d'une grande batterie composée de 20 plaques qui avaient chacune 5 pouces de large, il observa, à plusieurs reprises, que
I'^6 PHÉNOMÈNES CALOK1FIQUKS DE LA PILE.
les gaz se dégageaient plus rapidement et en plus grande quantité des fils métalliques correspondant à de larges plaques, que des autres, tandis que les deux batteries exerçaient à peu près la même action sur l'eau ; ce qui Semblait prouver que Télectricitéjproduite dans les piles composées de larges plaques peut passer plus facilement à travers les meilleurs conducteurs que celles des pileà à petites plaques.
Davy examina ensuite les effets de l'ignition du charbon dans le chlore; Je charbon fut maintenu rouge blanc pendant près de deux heures; le volume du chlore (Jin)inua très-peu, et il se forma une grande quantité $e matière blanche sur le charbon qui n'avait pas été sensiblement consumé. L'eau absorba les trois quarts du gaz ; le résidu était inflammable. Quand l'étincelle était vive, on remarqua constamment un nuage blanc qu'il fallait attribuer, suivant Davy, à ls\ décomposition de l'eau dissoute dans le gaz par le charbon et le mercure qui y adhéraient. La matière blanche était probablement du chlorure de mercurp.
Brugnatelli (ï) a fait aussi plusieurs expériences du même genre, en fixant au bout des conducteurs métalliques des morceaux de charbon de bois bien tendre ; les étincelles furent plus belles et plus suivies; il observa , comme Davy, que la propriété dont jouit le charbon de provoquer des étincelles n'est nullement diminuée quand il est plongé préalablement dans les acides nitrique, sulfurique, l'éther, etc.; que tous les charbons ne sont pas également propres à produire cet effet; que les amalgames, et particulièrement celui d'argent , sur-, passent le meilleur charbon pour transmettre des étincelles , et que le phosphore se comporte comme le zinc dans la galvanisation des animaux nouvellement morts.
Les premiers effets de la pile ont été observés par Nicholson, Carliste et Cruikshanks; ils établirent bien que l'hydrogène et les bases étaient transportés au pôle
t ' * ' ■ . .' ' - iii ■ i' i, . . . . . r (ï) Journ. de Ch.^ n9 ta, p. 76.
négatif, l'oxigène et les acides au pôle positif; mais il restait à analyser des phénomènes qui se rattachaient à ces décompositions, et surtout les réactions produites •sur les fils conducteurs plongeant dans les dissolutions. MM. Berzelius et Hisinger (1 ) reprirent cette question; en opérant avec des fils de fer et une dissolution étendue de sel ammoniac, ils obtinrent de l'hydrogène et de l'oxide de fer : la liqueur se troubla, et il se déposa sur le verre un peu d'oxide de fer.
L'ammoniaque concentrée, traitée de la même manière, donna de l'hydrogène au pôle négatif, et de l'azote au pôle positif. Un peu d'oxide de fer fut dissous.
Avec l'ammoniaque étendue d'eau, l'eau seule fut décomposée. Le sulfate d'ammoniaque avec excès d'acide donna de l'hydrogène du côté négatif, et de l'oxigène du côté positif.
Plusieurs sels neutres alcalins et métalliques furent successivement décomposés par le même procédé, sans présenter des faits nouveaux.
Le prussiate d'ammoniaque donna du coté positif du prussiate de fer avec excès d'oxide.
Le muriate de soude, décomposé par des fils d'argent, fournit du côté positif du chlore et du chlorure d'argent, le côté négatif était alcalin ; au bout de trentesix heures, tout le chlorure fut dissous. Le sulfate de Potasse, décomposé par des fils de plomb, donna de oxide puce de plomb et de l'oxigène au pôle positif, et de l'hydrogène au pôle négatif.
MM. Berzelius et Hisinger remarquèrent que le , dégagement de gaz continuait encore long-temps après même qu'où avait séparé les tubes de la chaîne; c'est surtout dans cette expérience que le fil négatif présentait ce phénomène d'une manière frappante; et même lorsqu'on le retirait, quoiqu'on l'essuyât bien et qu'on le replongeât dans la liqueur électrisée , le dégagement
(1) Jopra. de Gh. de Van Mous, ae cahier.
ia8 RECHERCHES DE. BERZELIUS ET HISIJN'GER.
de gaz recommençait. Si, après avoir bien essuyé le fil de fer, on le portait sur la langue, et qu'on le mît en contact avec les lèvres ou avec les dents, on sentait une saveur acide très-sensible. Ces phénomènes étaient une confirmation de ceux qui avaient été observés par Ritter et autres. Avec le sulfate de potasse et des fils d'argent ils obtinrent, du côté négatif, de la potasse, et du coté positif, du sulfate d'argent.
Le même sel, décomposé par des fils d'or, donnait, du côté négatif, de l'alcali, etdu côté positif, de l'acide; mais lorsqu'on agitait les deux liqueurs ensemble, il se formait du sulfate neutre, sans qu'il se précipitât aucune trace d'oxide noir. L'eau de chaux électrisée avec des fils de fer ne fut pas altérée.
Un siphon dont la courbure était trouée afin de laisser passer les gaz, et st travers les extrémités duquel on avait fait passer des fils de fer, fut rempli aux deux tiers, d'un côté avec du muriate d'ammoniaque, de l'autre avec du sulfate de potasse; les liqueurs furent mises en contact avec de l'eau distillée, qui remplissait aussi le siphon; vingt-huit heures après, la liqueur négative qui contenait du sulfate de potasse était devenue alcaline, par suite de l'ammoniaque rendue libre; la liqueur positive contenait de l'acide sulfurique, de l'ammoniaque, de l'acide muriatique et de l'oxide de fer; le sel du côté négatif avait donc cédé une portion de son acide au sel du pôle positif, et celui-ci avait cédé une portion de son alcali à l'autre. De toutes ces expériences, MM. Berzelius et Hisinger tirèrent les conséquences suivantes : i° Lorsque l'électricité traverse une liqueur, les principes qu'elle renferme sont séparés, l'oxigène et les acides sont transportés au pôle positif, l'hydrogène, les alcalis et les terres, et en général les bases, sont transportés au pôle négatif. a° La quantité relative de la décomposition dans les liqueurs composées est en proportion de leur efficacité et de leur point decontact avec les conducteurs. 3° Les phénomènes de la décomposition sont déterminés par l'affinité desparties composantes pour
- a* PÉRIODE, CHAPITRE PRFMIER. I9C)
le conducteur, autant qu elles peuvent entrer en coin* binaison avec lui; par l'affinité réciproque des corps composants, lorsqu'il y en a plusieurs à la fois. Les faits cités en premier lieu étaient déjà connus, les autres leur appartiennent.
S IX . Action chimique de la pile sur les substances
organiques.
On ne se borna pas à étudier l'action de la pile sur les sels et les acides, plusieurs physiciens cherchèrent aussi comment elle se comportait par rapport aux subtances organiques.
Brugnatelli (i) soumit à son action diverses humeurs animales, au moyen de deux lames de platine en coin* munication avec les deux pôles. Le sang de bœuf placé sur la lame positive se décolora et se coagula, sur le pôle négatif il prit seulement une couleur noire.
Le lait se coagula également au pôle positif, et prit une saveur acidulé agréable; le pôle négatif se couvrit de sucre de lait. La salive ne donna qu'un léger caillot uu pôle positif. La bile de bœuf donna au môme pôle un r i caillot semblable à la substance que Ton obtient eu traitant la bile avec un acide ; ce caillot paraissait être de nature résineuse. L'urine déposa l'urée sur le pôle positif et du phosphate d'ammoniaque de l'autre côté. Le blanc d'œuf se coagula au pôle positif. Brugnatelli examina ensuite l'altération que les rondelles de drap imprégnées d'eau salée éprouvent quand la pile a fonctionné long-temps. Il trouva qu'elles se transformaient en savon de laine par suite de la combinaison de la soude avec la matière animale. Larcher Daubencourt et Zannetti(a)sc sontaussi occupés de l'action de la pile surdifférents liquides animaux, particulièrement sur l'urine, la bile, le lait et le sang. L'urine a donné un précipité sans
(i) Journ. de Van Mons, n° 10, p. n5. (a) AnnaL de Ch., t. 45 , p. xlv.
l3a PHÉNOMÈNES PHYSIOLOGIQUES DE LA PILE.
vent trouver place dans l'ouvrage que je publie, je crois devoir rapporter quelques-uns de ses résultats, en raisondes phénomènes galvaniques sur lesquels il s'appuie. Dans le chapitre où il traite de l'influence que la mort du cerveau exerce sur celle du cœur, après avoir avancé que ce n'est point immédiatement par l'interruption de l'action cérébrale que le cœur cesse d'agir, il chercha à confirmer ce fait en s'appuyant sur le galvanisme, afin d'établir par tous les moyens possibles que le cœur était toujours indépendant du cerveau. Voici plusieurs des expériences qu'il fit à ce sujet : « i° J'ai « armé, dit-il, dans une grenouille, d'une part, son « cerveau avec du plomb; d'une autre part, son cœur « et les muscles des membres inférieurs avec une lon- « gue lame de zinc, qui touchait au premier par son a extrémité supérieure et au setfond par l'inférieure. <c La communication établie avec de l'argent entre les ce armatures des muscles et celles du cerveau a déter- « miné constamment des mouvements dans les membres ; « mais aucune accélération ne m'a paru sensible dans le « cœur lorsqu'il battait encore; aucun mouvement ne « s'est manifesté quand il avait cessé d'être en action. ex Quel que soit le muscle volontaire que l'on arme en <t même temps que le cœur, pour comparer les phéno- « mènes qu'ils éprouvent lors de la communication mé- « tallique, il y a toujours une différence tranchante.
ce a° J'ai armé, sur d'autres grenouilles, par une tige « métallique commune, d'une part, la partie cervicale « de la moelle épinière, dans- la région supérieure du « cœur, afin d'être au-dessus de l'endroit d'où les nerfs, <c qui vont au sympathique et de là au cœur, tirent « leur origine; d'autre part, le cœur et un muscle vo- « lontaire quelconque. J'ai toujours observé un résultat « analogue à celui de l'expérience précédente , en éta- « blissant la communication ; toujours de violentes agite tations dans les muscles volontaires, jointes au dé- « faut de changement manifeste dans les mouvements « du cœur, se sont fait apercevoir.
2e PERIODE, CHAPITRE PREMIER. 1 33
« 3°. J'ai tâché de mettre à découvert les nerfs qui * vont au cœur des grenouilles; plusieurs filets grisâtres, « à peine sensibles, et dont, à la vérité, je ne puis « certifier positivement la nature, ont été armés d'un « métal , tandis que le cœur reposait sur un autre* La c communication établie par un troisième n'a déter- « miné aucun effet sensible. »
Il envisagea ces expériences comme très - propres à montrer si le cerveau influence ou non directement le cœur, sur les animaux à sang chaud et froid.
Il fit divers essais sur des cadavres de guillotinés , chez lesquels toute espèce de motilité était éteinte; il ranima cette propriété avec le galvanisme; mais il lui a toujours été impossible de déterminer le moindre mouvement en armant , soit la moelle épinière et le cœur, soit ce dernier organe et les nerfs qu'il reçoit des ganglions par le sympathique ou du cerveau par la paire vague, quoique les excitants mécaniques, appliqués directement sur les fibres charnues, en occasionassent la contraction. Contre l'opinion de M. de Humboldt, il ne put exciter des contractions lorsque l'on détache le cœur promptement et avec le soin d'y laisser quelques-uns de ses nerfs isolés, que l'on arme d'un métal et touchant l'armature avec un autre métal. Il dit qu'il a presque toujours réussi au contraire à produire des contractions chez les animaux à sang rouge et chaud , en leur arrachant le cœur, en le mettant en contact par deux points différents avec des métaux, et en établissant la communication. 11 a répété sur l'estomac, les intestins, la vessie, etc., les expériences galvaniques qu'il avait faites sur le cœur. Ayant armé de deux métaux différents le cerveau et chacun de ces viscères en particulier, il n'eut aucune contraction sensible à l'instant de la communication des deux armatures. Les autres viscères ont produit les mêmes effets. Des expériences furent tentées également sur le même sujet par Dumas, Richerand et M. Dupuytren (i).
(i } Priocip. de Pbysiol. , t. ii, p. 3 1 a.
ï34 PHÉNOMÈNES PHYSIOLOGIQUES DE LA PILE.
1 Mais je rt*\$loïgtfèrais trop dû but que je mé suis proposé dans cette notice , si j'exposais ici tous leurs ftà^aux. ■ « ■
1 %e ii thermidor an x;, MM. Vassâli-Eaudi, Gîufio et RoSSt présenlèrefit à l'Académie de Turin le résultat clé plusieurs expériences galvaniques Sur le cœur, sur les artères, et sur les cadavres de sujets décapités,
£endds ou noyés.
yi Ils ont essayé l'influence galvanique sur le cœur dé trois mauiêres , i° en armant la moelle épinière par le fnôyeh d'Un cylindre de plomb enfoncé dans le canal <1& vertèbres cervicales d'hommes décapités et en portait ensuite une des extrémités d'un arc d'argent sur la sur* face du Cœur et l'autre à l'armature de la moelle épiinière; ia* en armant les nerfs vagues et le grand sympathique; 3° en faisant usage delà pile.
Dans Je premier mode d'excitation, le cœur, doué d'une grande vitalité, s'est contracté visiblement. Ils ont remarqué que, lorsqu'ils touchaient le cœur le premier, et ensuite l'armature de la moelle épinière, les contractions du cœur étaient, et plus instantanées et plus fortes que lorsqu'ils touchaient d'abord l'armature dé la moelle épinière et ensuite le cœur. La grenouille a présenté le même phénomène. En employant la pile, ifs ont trouvé que, lorsque le côté négatif communiquait avec la moelle de l'épine où simplement avec les muscles du dos et de la poitrine mis à nu , «t l'extrémité positive avec le cœur, on obtenait des contractions iti- Stàntanées et violentes qui avaient également lieu lorsqu'on renversait le mode de communication. Ils ont reconnu que le cœur était un des premiers à perdre son ififluence galvanique. Ils expliquent par-là pourquoi Àldini et.Bichat n'ont pas obtenu les contractions du cœur,, car il perd ordinairement son excitabilité 4o minutes après la mort (i). Beaucoup d'expériences ont été faites sur lessuppliciés et sur les grands animaux; mais le nombre en est si grand, qu'il est impossible
(i) Journ. de Phys., floréal an xx, p. 878.
à* FÉItlODE, CHAPITRE PRES* ï EU. 1 35
<fen donner ici le détail. Je dirai seulement qu'Aldirii conclut, d'expériences galvaniques faîtes à Londres Sth? un pendu le 3 janvier i8o3, que le galvanisme exercé une action puissante sur les systèmes musculaire et néi^ Veux; que cette action, comme stimulant, est plus énergique que ne Test celle d'aucun agent mécanique? qùei= conque; que l'action du galvanisme sur le cœur différé de celle sur les autres muscles, attendu que lottqtkë lé premier ne se contracte plus, les autres mu&cles demeurent encore excitables pendant un certain temjis J uë le galvanisme offre un moyen puissent de rappelée
la vie les asphyxiés dans plusieurs circonstances , quand on comhine les remèdes employés ordinairement avec le galvanisme.
Àldini présenta à l'Institut ( i ) une suite (Fëxpériénees tendantes a prouver, comme Galvani l'avait annoncé, qu'il s'exerçait au contact des nerfs et des muscles une action analogue à celle qui se manifeste ait contact des substances métalliques. L'expérience fondamentale appartient, comme on voit, à Galvani; mais le développement en est dû à Aldini.
On doit à Giulo (2) des recherches sur les effets du fluide galvanique appliqué à différentes plantes; il choisit pour sujet de^es observations celles qui sont douées d'une grande irritabilité dans quelques parties lorsqu'elles sont stimulées par des excitants mécaniques. Voici les résultats auxquels il parvint : if arma les branches de la mimosa sensitive en deux endroits différents, avec des feuilles d'étain et de plomb un peu épaisses; il mit une petite bande plus mince d'un de ces métaux sur les muscles qui se trouvent dans la partie inférieure des articulations des pétioles communs des feuilles, et sur ceux par l'action desquels les divisions des feuilles et les folioles se ferment; le lendemain,
(1) Bulletin des Se. de la Soc. philom. , brumaire an xi, n* 68.
(2) Journ. de Phys., frimaire an xii, p. 460.
j36 PHÊNCWtfÈJWS PHYSIOLOÇIQUES DE LA, PILE.
}orsquç toutes les feuilles furent épanouies, il mit en communication les armatures des métaux différents $ans l'intermède de la. pile, et n'observa pas la moindre contraction dans les muscles des feuilles ni dans ceux des folioles; mais lorsqu'il établit la communication avec une pile de 5o couples de disques zinc et argent, les feuilles latérales sur les muscles desquelles passait la petite bande de l'armature, se fermèrent aussitôt. Les deux folioles de cette plante armée se fermèrent assez fortement deux minutes après. Celles des feuilles latérales, qui n'avaient point été armées par la petite bande de feuille de métal qui passait contre les muscles des autres, restèrent immobiles.
Le mimosa pudica ayant été armé de la même manière, une minute après que la communication fut établie, les feuilles qui étaient armées se plièrent sur leurs bnmches; ensuite à différents intervalles, d'autres feuilles çà et là dans différents endroits de la plante : les muscles qui se trouvaient dans l'articulation de la feuille totale avec la branche, furent en général les premiers à être contractés; les contractions des muscles de l'articulation de chaque division, ou pinnule de la feuille, vinrent ensuite ; enfin eurent lieu les contractions de chaque foliole.
Giulio tira la conséquence de ses expériences que, puisque la communication des armatures sans l'intermède de la pile est insuffisante pour produire les contractions, l'excitabilité de leurs muscles est beaucoup moindre que dans les muscles des animaux; qu'en employant la pile, les contractions sont lentes, successives et séparées par defe intervalles considérables, tandis que, lorsqu'on en agit de la même manière avec les animaux, elles sont instantanées et violentes. Ces différences prouvent donc que les muscles et les nerfs dans les animaux sont des conducteurs du fluide électrique infiniment meilleurs que le tissu des plantes.
Il expérimenta sur d'autres mimosas, et reconnut également qu'un plus long intervalle est nécessaire au fluide
ae PERIODE, CHAPITRE PREMIER. t3']
galvanique [pour y développer une action irritante et y produire des contractions visibles. Il essaya ensuite faction galvanique sur Xhedysarum girans, dont les folioles sont douées de mouvements étonnants ; mais la pile ne put jamais produire le moindre changement ni la moindre altération dans les mouvements des folioles. Parmi les personnes qui ont travaillé sur le galvanisme, je dois citer Berlingbieri , qui a fait des expériences sur les nerfs, Fontana , Gaillard , M. le Hot, etc., etc.
$ XI. application du galvanisme à la médecine.
Eu même temps que Ton s'occupait de recherches physiologiques, on tentait d'appliquer le galvanisme à la médecine.
Galvàni fut un des plus ardents à parcourir cette carrière, il indiqua d'abord la manière d'administrer 1 électricité. Suivant lui, pour concevoir les différentes manières d'agir de l'électricité sur le corps humain, il faut avoir égard à trois circonstances principales : i° à celle où l'électricité artificielle agit violemment sur l'économie animale, comme dans l'expérience de la bouteille de Leyde; a° à celle où cette même électricité agit d'une manière lente et successive, et semble se combiner avec les fluides du corps humain : c'est la méthode du bain électrique; 3° enfin à celle où l'on retire de l'animal une quantité donnée d'électricité , comme lorsqu'on emploie l'électricité négative.
Il s'attacha ensuite à démontrer que, dans les maladies convulsives, rien n'est plus important que de détertniner laquelle des deux électricités doit être employée, et fit plusieurs expériences pour prouver que l'état électrique de l'atmosphère peut influer sur l'électricité animale; aussi recommande -t- il , avant d'entreprendre le traitement, d'éprouver l'état électrique des nuages avec des électromètres. Suivant lui, le moyen préférable à tous les autres, dans l'application de l'électricité négative, est de faire communiquer celle qui réside dans les
iS8 ÀPPLICÀtfïÔtf DÛ éitVÀWISM* À 1À MEDECINE.
Muscles atete les nerfs de la partie malade. Il indiqué éti&iiite lés avantages que Ton peut itetifer de l'applt- Câtiôh de l'électricité atmosphérique^ Il éë ttôuvè d'acfcor*d en cela avec Mandait, qui avait aùiî&rtcé que l'influence dé l'électricité artificielle et atmosphérique est plus grande sur l'économie animale qu'on ne l'avait ptetisé (i).
'"■ Crève s'est servi dii galvanisme pioui* distinguer là mbrt Vraie de la mort apparente 6u l'asphyxie. Quand les fibres se contractent, c'est une preuve que l'irritabilité ft'est pas entïèrefrièfrt détruite, et quon he peut encore décider que l'homme soit véritablement mort.
M. Pfaff propfdsâ Ië galvànisrtté dans la paralysie du nerf optique.
Des expériences furent faites à l'École de médecine sûr le traitement des maladies par le galvanisme; la commièsrion qui eh a rendu compte â Cru pouvoir conclure des observations dont elle fut témoin que les effets de l'appareil voltaïque pénètrent et afféétént l'organe nerveux et les organes musculaires plus profondément que les triàchines électriques ordinaires; qu'ils provo»quent de Vives côritractions, des sensations fortes de picotemeùts et de brûlures dans les parties que leur état ïhàladif rend insensibles aux étincelles et aux cotfftnotions; que ht durée de cette actidfc est telle qu'elle Semble autoriser l'espoir de trouver dans1 ce iiïdyen un excitant efficace et capable de concouril!• aV6c succès au traitement des maladies. Ces conclusions, comme oti voit, ne donnent rien de positif sur l'application de* réléctricité à la médecine.
M. de Hnmbôldt (2), dans une lettre à M. Loder, a traité aussi là question de l'application du galvanisme à la médecine; il y convient d'abord que lé principal avantage dés découvertes galvaniques consisté moins dans
H»'U»f| llH'l I! .1,11 .Il |
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Mém. rfe Tànc. École de rbéd., 1. 11, m, iy"ét v. Bibl. gefmâo., t. iV, messidor atttm, p. &>*.
4* *BRlOÏ)B , CHAPITRE PREMIER. a3gf
P&pplfcatiotit directe qu'on peut en faire au dérangement' de l'économie animale que dans les lumières qu'elles peuvent fourtiir slur là nature des nerfs et sur la force dont ils sont doués. Ce savant célèbre s'exprime avec la plus grande réserve sur les applications du galvanisme; quant à l'emploi qu'on en peut faire pour distinguer h mort qui n'est qu'apparente de celle qui est véritable, ses expériences k cet égard tendent à prouver que le galvanisme peut induire en erreur, en annonçant la mort là où il ft'y à qu'un défaut d'irritabilité plus ou moins passager. Il a fait ses expériences non-seulement dur les aiiiftiaui à saùg froid, mais aussi sur ses propres nerfs. Néanmoins,, quoiqu'il ne regarde pas le galva-t flisttie comtae un moyen infaillible de distinguer la .véritable mort dé celle qui n'est qu'apparente, il ne rejette^ pris entièrefmènt l'opinion de Crève et le moyen qu'il propose. Il pense que le stimulant métallique peut être utile chez les asphyxiés; et que, s'il en est ainsi, quand tout le système, taut nerveux que musculaire, est dans on état de paralysie, il est permis d'en attendre d'aussi botts effets dans des cas de paralysie partielle.
M. de Humboldt avance encore que l'un des avantages que procure le galvanisme est de distinguer les nerfs des autres organes, et surtout des vaisseaux.
Grapen Giesser (i), collaborateur de M. de Hum-» boldt, a publié en allemand un ouvrage sur l'emploi du galvanisme dans le traitement de quelques- maladies. L'autetrr' assure que le galvanisme peut non-seulement servir à reconnaître les nerfs dans leur tissu , mais encore h indiquer les distributions des nerfs superficiels. •
Les effets varient, suivant lui, selon la nature des pôles mis en contact avec les parties malades. Si l'on prend, par exemple, une plaque de zinc et «ne plaque d'argent, que châcufte soit mise en contact avec une plaie de vésicatoire, la plaie correspondante au zinc ces-
(i) Grapen Giesser, der Arzneikunde und Wundarzneikunst doctor, i8ox.
Vâà APPLICATION J>U GALVANISME A LA MÉDECINE.
sera la première de fournir de la' sérosité, et il se formera bientôt une escarre.
Le galvanisme peut être utile dans les paralysies des extrémités, telles que la compression du cerveau; dans la faiblesse de la vue et dans la goutte sereine, due* uni-
3uement à l'incxcitabilité du nerf optique; dans les surîtes dépendantes de l'affaiblissement nerveux; dans l'enrouement et l'aphonie; dans la paralysie du sphinc- Xère de l'anus et de celui de la vessie. 11 décrit ensuite les diverses manières d'appliquer ce moyen médicamenteux.
Lebouvier Desmortiers envisagea la question sous un autre point de vue : il s'attacha à signaler, dans un mémoire qu'il communiqua à la Société des observateurs de l'homme, le 28 floréal an ix, le danger du galvanisme dans le traitement des maladies. Il pose en principe qu'avant d'appliquer ce traitement aux corps yivants, il est nécessaire de reconnaître, par l'expérience, les altérations qu'il peut produire dans les différents principes de la vie; c'est une considération que les observa- " leurs précédents avaient négligée. Il examine d'abord, comme avait faiiBrugnatelli , les modifications qu'éprouvent l'urine et la bile. Il rapporte un fait remarquable qui tendrait à prouver que les effets du galvanisme ont peu de durée. Il appliqua deux fois sur les tempes les conducteurs galvaniques, et ressentit deux fortes commotions. « A la suite de ces«comniotions, je m'aperçus, « dit-il, que mes yeux, qui habituellement sont très- « fatigués, et dans lesquels je sens presque toujours de « la chaleur et des tiraillements, n'éprouvaient plus ces tf petites incommodités. Mais cette espèce de guérison « subite ne dura guère, et fut bientôt suivie d'une sorte « d'étourdissement , d'un léger mal de tête, qui ne se dis- « sipa qu'à la fin de la journée (1). » Le même physicien est le premier qui ait soumis les 'calculs urinaires à
(1) Journal des Débats ; du 6 thermidor an xi.
a* PERIODE, CHAPITRE PREMIER. l4l
Faction du galvanisme. Un gravier rond très-dur et posant un grain fut totalement dissous en a4 heures.
Un grand nombre de recherches fureut faites sur l'application du galvanisme à Fart de guérir; mais le succès ne répondit pas toujours à l'attente des expérimentateurs; je ne m'étendrai pas davantage sur ce sujet.
§ XII. Théorie des décompositions chimiques,
par Grotthus.
Les recherches électro-chimiques de Grotthus l'ont conduit à une théorie pour expliquer les phénomènes de décomposition, dont je vais essayer de donner une idée, en raison de son importance.
Après avoir étudié avec soin la précipitation des métaux à l'état métallique et l'influence de l'électricité sur ce phénomène (i), il avança que la précipitation des, métaux en dissolution par d'autres métaux semble être une action galvanique. Je n'entrerai pas dans toutes les considérations qu'il présenta pour appuyer son opinion d'expériences décisives. Je me bornerai à dire que la plupart sont concluantes. 11 posa d'abord en principe que, lorsqu'une couche de métal en dissolution s'est une fois déposée sur celui qui sert de précipitant, elle y reste immobile pendant tout le temps de l'expérience, et que de nouvelles molécules métalliques vont s'implanter sur celles qui existent déjà, de manière que la végétation ne prend de l'accroissement que par les extrémités. Il dit ensuite que l'attraction réciproque des deux métaux, jointe à l'affinité prédominante de l'un des deux pour l'oxigène et pour l'acide de .l'autre, explique bien la révocation des premières molécules, mais non pas celle des molécules subséquentes.
Il passe à l'application des décompositions chimiques par la pile. Il pose d'abord en principe que l'eau, ou une dissolution quelconque, soumise* à faction de la pile,
(i) Annal, de Ch. , t. lxiti, p. 6;
ifa TU KOHI JS DE GKOTTHUS.
est une véritable pile secondaire. Il s'appuie, à cet égard, sur l'observation de Volta dont j'ai parlé, qu'une tranche de papier humide, dont chaque extrémité touche l'un Aes: pôles de la pile, conserve pendant quelques minutes la charge reçue, même lorsqu'elle n'est plus en contact avec la machine , et sur cette autre observation que l'eau pure contenue dans un tube recourbé, et qui s'est trouvée dans l'arc de la pile , retient aussi pendant un court espace de temps la faculté de contracter les muscles de la grenouille. Cela posé, il donne l'explication suivante de la décomposition de l'eau ; Considérons un filet d'eau composé d'une molécule d'oxigène et de deux d'hydrpgène. A l'instant dp l'action du courant, la polarité se manifeste entre Je& molécules élémentaires de l'e^u. Or, ^puisque l'oxigène est attiré par le pôle •+- et l'hydrogène piar le pôle -r-, on est porté à croire que chacurç de ces (deux principes, au moment de sa naissance, acquiert un état électrique contraire à celui du pple qui l'attire; et, comme le même effet doit se produire $pr toutes les ' particules de l'eau , il s'ensuit qu'ep les prenant deux à ' deux, les principes homogènes se repousseront , tandis que les principes hétérogènes s'attireront alternativement. Il suit de là que dès l'instant que l'oxigène passe à l'état dç fluide élastique par l'attraction du pôle positif, çon hydrogène repousse, en vertu de cette éjectricité, l'hydrogène de la particule d'eau voisine, et se çomhine gvec 6on oxigène, en même temps que la rqolécule hydrogèpe , repoussce transmet son mouvement à la suivante; ainsi de suite jusqu'à la dernière, qui prend l'état gazeux quand elle touche au pôle négatif; il en est de même de l'oxigène. On explique par-lâ pourquoi il n'y a que les molécules d'eau situées aux extréipités des fils conducteurs qui soient seules décomposées; car les molécules intermédiaires se bornent seulement à échanger réciproquement et alternativement leurs principes constituants sans changer de nature. Il compare ingénieusement ce qui se passe dans cette circonstance à l'effet produit quand on fait tomber une bille d'ivoire , sus-
* $? PÉRIODE, CHAPITRE PREMIER. ll\!> ,
pendue par, W fil, sur une série d'autres billes également suspendues, et qui se touchent entre elles; l'impulsion ept communiquée à la première, et transmise successivement à toutes les billes intermédiaires jusqu'à la dernière 9 qui, ne pouvant la transmettre, est chassée avec une force égale à l'impulsion primitive. Cettç théorie, qui est encore généralement suivie, fut discutée par lui-même avec tout le soin possible.
§ XIII. Découvertes électro-chimiques de Davyt
depuis 1806.
Davy, *vant 1806, s'était déjà fait connaître dans les sciences physiques et chimiques par des travaux intéressants, mais il n'avait pas encore donné la mesure (\e son génie, comme il le fit dans les deux mémoires rôn^rquable^ dont je vais parler. Si l'on ne trouve pas toujours .dans ses expériences la rigueur mathématique que beaucoup de physiciens exigent dans les recherches expérimentales, on en est très-amplement dédommagé par les découvertes importantes dont elles ont enrichi la science, et les inductions philosophiques qu'il en tire. Chez lui, l'application suit la découverte d'un fait: en général, ses travaux renferment une grande pensée.
Les phénomènes de décomposition étaient encore enveloppés de beaucoup d'obscurité; on ne pouvait expliquer, par exemple, pourquoi, en opérant Ja décomposition de l'eau distillée avec la pile, dans des vases de verre, on avait de la soude au pôle négatif et du chlore au pôle positif; cette question avait donc besoin encore d'être étudiée de nouveau. Davy s'en chargea, et la traita de la manière la plus remarquable, dans un mémoire (1) dont il fit la lecture à la Société royale, le ap novembre 1806.
Desormes avait tâché de reconnaître par l'expé-
(1) Philos. Transact., 1807, et Annal, de Ch., t. lxijj, p. 172.
l44 DECOUVERTES DE DAVY DEPUIS 1806.
rience la nature des substances qui se produisent dans Peau distillée aux deux pôles d'une pile. Il annonça que c'était de l'acide muriatique et de l'ammoniaque (1). Brugnatelli soutint la production d'une substance nouvelle, qu'il appela acide électrique. En It?.Jie, on crut avoir produit du muriate de soude. Dès 1800, Davy avait annoncé qu'en soumettant à l'action de la pile, par le moyen de fils d'or, de l'eau distillée contenue dans deux tubes de verre communiquant ensemble par une substance animale ou végétale humide, on avait une dissolution de chlorure d'or dans le tube positif. Mais il s'assura bientôt après que l'apparence de l'acide muriatique était due aux substances animales et végétales qui avaient été employées, puisqu'il n'obtint aucuu effet en employant des filaments de coton lavés dans une faible solution d'acide nitrique.
Dans le cas où il obtenait beaucoup de soude, le verre paraissait fortement corrodé au point de son contact
. avec Te fil métallique. Il en conclut que, la production de l'alcali était due à cette cause. Il fut confirmé dans cette opinion en observant que l'on ne pouvait obtenir aucune substance saline en opérant dans des vases d'or. De semblables conclusions à l'égard de l'apparence de l'acide muriatique avaient été tirées par la Société galvanique de Paris, le docteur Wollaston et MM. Biot et Thénard (2).
Davy opéra cette fois dans des petites coupes d'agate remplies d'eau distillée, qu'il mit en communication au moyen d'amiante très-blanche, lavée dans de l'eau distillée, avec la pile, par l'intermédiaire de deux fils de
, platine. Les apparences acides et alcalines furent trèsprononcées. C'était encore de l'ammoniaque et de l'acide hydrochlorique. Il fut étonné de ce résultat; car il croyait avoir rempli toutes les conditions nécessaires
(1) Annal, de Ch. , t. xxxvn, p. a33.
(%) JT° 40 du Moniteur, 1806.
2e PERIODE, CHAPITRE PREMIER. J /, !y
tour éviter l'emploi de substances qui pouvaient renmer du sel marin. Il répéta un grand nombre de fois celle expérience et se convainquit que le peu de matière saline qui existait dans les coupes d'agate, avait été la source de l'acide et de l'alcali qu'il avait trouvés. Salant débarrassé de cette cause d'erreur en opérant dans des vases d'or, il obtint encore des réactions acides et alcalines. Il vît alors clairement que l'eau elle-même était capable de fournir l'alcali fixe; cependant cette eau paraissait pure en employant les réactifs ordinaires; il restait à savoir si la substance saline était transportée par la distillalion ou s'il fallait attribuer l'alcali au gaz azote, dont il existe une petite quantité dans l'eau exposée à l'air. Ayant fait évaporer de l'eau trèslentement dans un alambic d'argent, il resta une substance saline à la présence de laquelle il attribua les réactions acides et alcalines qu'il avait trouvées. Il soumit ensuite à l'expérience l'eau qu'il avait distillée, et cette fois il n'obtint aucune réaction acide ou alcaline; il en tira aussitôt la conséquence que l'aleali fixe n'était pas engendré par l'action de la pile, mais provenait soit des matières solides dont on faisait usage, soit d'une matière solide qui existait dans l'eau.
Il expérimenta ensuite sur des vases composés de diverses substances, pour reconnaître jusqu'à quel point on pouvait retirer quelques - uns des éléments qui se trouvaient dans un état de combinaison le plus intime. Avec des tubes de cire, il obtint un mélange de soude et de potasse ; la substance acide se trouva être un mélange des acides sulfurique, muriatique et nitrique. Un morceau de marbre de Carrare, dans lequel on avait pratiqué une cavité, donna de la soude et de la chaux. Davy attribua la présence de la soude à ce que le marbre de Carrare avait été exposé à l'action de l'eau de mer. Plusieurs autres substances minérales lui donnèrent le même résultat, et il en conclut qu'il est peu de pierres <jni ne contiennent des matières salines en combinaison ou disséminées mécaniquement dans leur substance. I. ">
l46 DÉCOUVERTES ÉLECÏROCH1M4QCES DE DAVT.
On conçoit effectivement la possibilité de ce mélange, quand on considère que toutes les roches ordinaires portent des marques évidentes de leur ancien séjour sous les eaux de la mer. Davy, continuant ses recherches, n'a jamais fait aucune expérience de décomposition où il n'y ait eu production d'acide nitreux, et plus longue était l'opération, plus grande était la quantité Je cet acide. L'alcali volatil paraissait aussi se former en trèspetite quantité au commencement dans de l'eau purifiée, contenue dans les vases d'or; il expliqua la production de cet acide et de cet alcali par la combinaison de l'hydrogène et de l'oxigène, à l'état naissant, avec l'azote de l'air a tmosphér iq ue, qui est tenu en dissolution dans l'eau ; car, en prenant toutes les précautions possibles pour que l'eau très-pure ne renfermât pas d'air, il ne retirait de l'eau chimiquement pure que de l'oxigène et de l'hydrogène.
Après que Davy eut bien constaté les effets de l'action électrique sur le verre , pour en tirer le seL marin qui s'y trouvait à l'état de combinaison, il voulut voir
I'usqu'à quel point le même mode d'action agirait sur es corps solides insolubles ou difficilement solubles dans, l'eau. 11 opéra la décomposition de ce liquide dans des. coupes formées de sulfate de chaux cristallisée, de sulfate de baryte et de strontiane , de fluate de chaux et d'autres substances également cristallisées. Dans tous les cas , les parties constituantes des corps furent séparées et transportées à leurs pôles respectifs. Il eut la pensée que de très-petites portions d'acide et d'alcali pouvaient ôtre dégagées, par cette action, de combinaisons solides qui consistaient principalement en terre IHirc; eu conséquence, il soumit à l'expérience le basalte, u géolitho compacte, la lépidolithe et d'autres corps. Lu première substance lui donna du chlore, de la chaux et de lu soude; la seconde de la soude et de la chaux; lu troisième de la potasse, etc. Ainsi ses prévisions se trouvèrent vérifiées. U étudia ensuite les diverses cir- . constances qui accompagnent les décompositions des
2C PÉRIODE, CHAPITRE PREMIER. \[fi
combinaisons solubles. Les dissolutions furent misesdans des coupes en agate , réunies par des fils d'amiante , et en communication avec la pile au moyen de fils de platine. Lorsqu'il employait des mélanges dé solution de sel neutre qui peuvent exister ensemble, les acides étaient transportés dans la capsule positive, et les bases dans la capsule négative. En continuant l'opération assez de temps, la séparation des parties constituantes était complète. Pour analyser les phénomènes de transport , il se servit de deux coupes remplies d'eau distillée , l'une de sulfate de chaux et l'autre d'agate, la première communiquant avec le pôle positif, et la seconde avec le pôle négatif. Là chaux fut transportée dans la coupe d'agate et l'acide sulfurique resta dans celle de sulfate de . chaux. D'autres substances donnèrent des résultats analogues. En mettant entre les coupes un tube d'eau distillée, les différents éléments des sels traversaient l'eau distillée pour se rendre à leurs pôles respectifs sans s'y arrêter.
Il montra ensuite que le contact de la solution avec la surface métallique n'était pas nécessaire pour que la décomposition et le transport eussent lieu. L'expérience suivante faite avec trois capsules attira particulièrement son attention. lies deux capsules extrêmes ayant été remplies d'une dissolution de muriate de soude, et le vaisseau intermédiaire d'une solution de sulfate d'argent, aussitôt que le circuit électrique fut établi, la soude commença à paraître dans le tube négatif et le chlore dans l'autre ; mais le chlore en traversant la solution de sulfate d'argent, produisit un précipité pesant, et la soude un précipité léger; il tira de ce résultat important la conséquence que, lorsque les éléments des sels soumis à l'action de la pile, rencontrent, dans leur passage, des corps avec lesquels ils peuvent former des combinaisons insolubles, ces combinaisons s'effectuent aussitôt. Il examina si les acides et les alcalis, qui étaient transportés par les courants , ne passeraient pas à travers des dissolvants chimiques qui auraient une
l48 DÉCOUVERTES ÉLECTRO-CHIMIQUES DE DAVT.
forte attraction pour eux. Ayant placé du sulfate d'argent du côté négatif, de l'eau du côté positif, une faible solution d'ammoniaque dans le tube intermédiaire, il trouva qu'en employant le pouvoir d'une pile com-
{losée de i5o couples, l'acide se rassemblait autour de a pointe positive après avoir traversé l'ammoniaque pour y parvenir, quoiqu'il eût une grande affinité pour cet alcali. Il varia cette expérience de beaucoup de manières, et arriva au même résultat.
Il soumit à l'expérience , avee un égal succès , les substances végétales et animales. Un pétiole frais de polianthus ayant été mis en communication avec le tube positif contenant une solution de nitrate de strontiane, tandis que le tube négatif contenait de l'eau pure, l'eau devint bientôt verte et donna la réaction alcaline. On y trouva de la potasse et de la chaux, et nulle trace de strontiane. Un morceau de chair musculaire de bœuf d'à peu près trois pouces de long ayant été soumis également à l'expérience, ou obtint de la soude, de l'ammoniaque et de la chaux.
Davy (i)daus le Mémoire déjà cité, qui est un des plus remarquables qui aient paru sur l'électricité vol laïque , établ it les bases de la nouvel le théorie électro-chimique telle qu'il l'avait conçue. En 1 80 1 , il avait démontré qu'en employant, comme élémentsd'une pile, un métal, des solutions acides et alcalines, celles-ci étaient toujours positives lorsqu'elles étaient séparées du inétal et des solutions acides négatives. Il partit de là pour continuer ses recherches.
Il tâcha d'abord de déterminer, par le moyen d'instruments très-délicats, l'état électrique d'une solution acide et d'une solution alcaline simple, isolées après leur contact avec les métaux, mais les résultats ne furent pas satisfaisants. Il n'en fut pas de même quand il expérimenta avec des substances alcalines et acides, qui peuvent exister sous
(i) PhîL trans. , vol. xci, p. 397.
ae PÉRIODE, CHAPmtE PREMIER.
la forme sèche et solide. Les acides oxalique , succinique, benzoîque, etc., parfaitement secs , soit en poudre, soit en cristaux , dans leur contact avec le cuivre, prirent l'électricité négative, et le métal l'électricité positive. L'acide phosphorique dans l'état solide, qui avait été fortement chauffé et conservé avec soin hors du contact de l'air, rendit positif un plateau de ziuc isolé.
» Quand il mit des disques métalliques en contact avec la chaux sèche, la strontiane ou la magnésie, le métal devint négatif. La potasse ne donna, dans aucun cas, un résullat satisfaisant; il en attribua la cause à sa forte ittraction pour l'eau. La soude se comporta, dans un wul cas seulement, comme les autres hases. On avait déjà démontré que, par le frottement du soufre et des métaux, le premier devient positif, et les métaux négatifs. Le plomb, suivant Wilke, faisait exception; maisDavy trouva qu'il se comportait comme les autres métaux. Peut-être Wilke a-t-il été induit en erreur pour avoiremployé du plomb déjà terni. Enfin, de ces résultats et d'autres que je ne puis rapporter ici,Davy tira la conséquence que les corps qui jouissent d'énergies électriques opposées, relativement à un seul et même corps, possèdent aussi respectivement entre eux des énergies opposées, et que ce n'est pas une analogie trop éloignée que de considérer les substances acides et alcalines, en général l'oxigène et l'hydrogène, comme possédant des rapports électriques semblables, et que, dans les décompositions et les changements produits par l'électricité, les différents corps qui possèdent naturellement des affinités chimiques, paraissent incapables de se combiner , ou de rester en cçmknaison, lorsqu'ils sont mis dans un état d'électricité cjai diffère de leur ordre naturel.
Parmi les substances qui se combinent chimiquement, dit-il, toutes celles dont l'énergie électrique est bien connue , présentent des états opposés; ainsi le cuivre et le zinc, l'or et. le mercure, le soufre et les métaux, les substances acides et alcalines,
j£ç> DÉCOUVERTES ÉLECTROiCHJJVUQUES DE DAVY.
donnent des exemples conformes à ce principe. En supposant donc une liberté parfaite dans le mouvement de leurs particules , elles doivent s'attirer l'une Vautre , en vertu de leurs pouvoirs électriques; et, si ces pouvoirs sont assez exaltés pour leur donner une force attractive supérieure au pouvoir de V agrégation , Use formera une combinaison, qui sera plus ou moins forte, suivant que les énergies seront plfis ou moins parfaitement balancées; alors il se produira de la chaleur et de la lumière par la réunion des deux électricités. Telles sont les bases de la théorie électro-chimique conçue par Davy.
Il examina ensuite le cas où plusieurs substances possèdent différents degrés de la même énergie électrique, relativement à un même corps, ainsi que celui où deux corps qui se repoussent l'un l'autre, agissent sur un même corps avec différents degrés de la même énergie électrique attractive. Il montre comment la combinaison peut alors s'effectuer. Nous ne pouvons entrer ici dans la discussion de ces cas composés. Un autre principe était encore nécessaire pour établir des relations entre les affinités et les forces électriques, il fallait admettre que lorsque deux corps vont se combiner, si l'on élève leur température, on exalte en même temps leur pouvoir électrique. Pour prouver ce fait, Davy échauffa ensemble un plateau de cuivre et un plateau de soufre, et examina leur électricité à mesure que la température s'élevait. Il trouva qu'à ioo° Fahrenheit, elle était déjà capable d'affecter les feuilles d'or de l'électroscope , non muni de condensateur. Son énergie devint encore plus grande à mesure que le soufre approchait du terme de sa fusion. Un peu au-delà de ce terme, les effets électriques disparurent et la combinaison eut alors lieu. Ainsi, suivant Davy, tous les signes d'électricité cessent à l'instant où la combinaison s'effectue.
Il chercha à se rendre compte du mode d'action de la pile sur les corps, lequel paraît être de rétablir leur équilibré électrique nature).
2* PÉRIODE, CHAPITRE PREMIER. l5l
Les énergies électriques des métaux , les uns relativement aux autres, ou des substances dissoutes dans l'eau, semblent être la cause qui trouble l'équilibre, et le changement chimique la cause qui tend à rétablir l'équilibre. Ces phénomènes dépendent très-probable* ment du concours de leur action.
Pour expliquer tous ces phénomènes, il adopta la théorie du contact, mais il regarda la décomposition chimique du liquide, qui est traversé par le courant, comme la cause indispensable de sa circulation ; tout ea admettant l'action du contact de Volta , il considéra néanmoins l'action chimique des liquides sur les couples métalliques, comme indispensable pour charger la pile; suivant lui, si le liquide intermédiaire était une substance incapable de décomposition, il y a tout lieu de croire que l'équilibre se rétablirait et le mouvement de l'électricité cesserait. Il regarda cette théorie comme réconciliant les principes de Volta avec les opinions émises par quelques physiciens sur l'origine chimique.
Lorsqu'une décharge électrique est produite par le moyen de petites surfaces dans la batterie de Volta , une chaleur sensible en est la conséquence. Il s'imagina alors que si la décomposition des agents chimiques était essentielle à l'équilibre des électricités opposées, l'effet qui résulte de cet{e décomposition devait se trouver, dans des circonstances favorables, accompagné d'une élévation de température. Cette supposition le conduisit à faire entrer en ébullition l'eau qu'il avait soumise à l'action d'une pile de 100 paires. En soumettant à l'expérience du nitrate d'ammoniaque, la chaleur dégagée fut si intense, qu'elle fit évaporer toute l'eau en 3 ou 4 minutes , avec un bruit semblable à une explosion. Tel était l'effet produit par l'addition dans l'eau de quelques gouttes d'une dissolution saline, mais, en y introduisant une certaine quantité de forte lessive de potasse , il n'eut aucun effet.
J'ai dit plus haut que Davy pensait que tous les signes d'électricité cessaient à l'instant où deux corps
l5a DÉCOUVERTES ÉLEC
entraient en combinaison. Il fît plusieurs expériences 'pour prouver ce fait qui n'est pas exact, comme je le dirai plus loin : car l'action chimique, au contraire, est une des causes les plus déterminantes du dégagement de l'électricité. Voici, au surplus, comment il s'exprima à cet égard :
« Dans les simples cas de changements chimiques , il k ne se produit jamais d'électricité. Le fer qui brûle ï dans le gaz oxigène, mis convenablement en commute nication avec u» électromètre condensateur, ne lui « donne point de charge pendant la combustion. La ti potasse pure dans l'état solide, et l'acide sulfurique, « avec lequel on la combine dans un creuset de platine k isolé, ne donnent aucune apparence d'électricité. Un i amalgame solide de bismuth et un autre de plomb a deviennent liquides, lorsqu'on les mêle ensemble, c sans qu'il y ait production d'aucun effet électri- « que, etc. »
Ce n'est que dans les cas d'effervescence, surtout lorsqu'elle est accompagnée de chaleur, que les vaisseaux métalliques, suivant Davy, deviennent négatifs; mais c'est un phénomène qu'il attribue à I evaporation et non à des changements chimiques. Il est donc bien prouvé par-là qu'il n'admettait pas que l'action chimique fût capable de produire de l'électricité. .
Dès l'instant qu'il eut adopté la théorie que je viens d'exposer, il prévit les applications que l'on pourrait en faire à la chimie, aux arts et à la nature. H réalisa plus tard lui-même cette pensée dans quelques cas.
Il considéra aussi l'action de la pile comme un moyen très-puissant de retirer des minéraux et des substances organiques les matières acides alcalines qui y sont combinées intimement. Ainsi un morceau de fibre musculaire, de deux pouces de long et d'un demi-pouce de diamètre , ayant été soumis, pendant 5 jours, à l'action d'une pile de i5o paires, devint parfaitement sec et dur, et ne laissa aucune trace de matière saline dans l'incinération, La potasse, la soude, l'ammoniaque, avaient été trans-
»" PÉRIODE, CHAPITRE PHEMIEB. l53
portées au pôle négatif, les trois acides minéraux et l'acide phosphorique au côté positif.
C'est dans l'application de ce principe que les médecins peuvent espérer trouver quelque avantage à employer l'électricité dans l'art de guérir. Malheureusement jusrju'îci ils n'ont pas suivi cette direction, si l'on en excepte quelques-uns , entre autres M. le docteur Palaprat, qui a déjà tenté quelques essais à ce sujet, sur lesquels nous reviendrons dans le cours de cet ouvrage.
On voit que Davy avait déjà le pressentiment des grandes découvertes dont il devait enrichir bientôt la science, puisqu'il avança que le mode d'action chimique de la pile pourrait conduire à la découverte des véritables éléments des corps, si les matériaux sur lesquels on agissait étaient employés dans un état de concentrât ion convenable i l'électricité avait une énergie suffisante. Il était convaincu , en général, que l'électricité devait jouer un *rnnd rôle dans la nature, mais il se borna seulement ixposer ses vues à cet égard , sans les accompagner d'aucune expérience directe. On en a la preuve dans le lassage suivant qui termine le Mémoire dont je viens i présenter les principaux résultats :
« Ona, jusqu'à présent, fait peu de recherches sur le- « lectricité naturelle, si ce n'est dans le cas où elle se « manifeste dans l'atmosphère d'une manière évidente
■ et dans une puissante concentration. On trouvera
■ probablement que ses opérations, lentes et silencieuses « dans toutes les parties de la surface du globe, sont
■ liées plus intimement et d'une manière plus importante « avec l'ordre et l'économie de la nature; et des rechero ches sur ce sujet ne peuvent guère manquer d'éclairer "les systèmes physiques de la terre; elles pourront « mettre de nouveaux pouvoirs à notre disposition. »
Davy, qui ne perdait jamais de vue, dans ses recherches scientifiques, les applications aux arts, indiqua quelques circonstances où la décomposition électrique des sels neutres pourrait être appliquée en grand à des usages économiques, en employant le charbon bienfait et la plombagine, ou le charbon et le fer.