‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 4)Chapitre 27 sur 119 · DES THÉORIES ÉLECTRO-CHIMIQUES · texte numérisé non relu

DES THÉORIES ÉLECTRO-CHIMIQUES

bas abattre par toutes les difficultés qu'on lui suscitait, il accumula preuve sur preuve en faveur de sa théorie, et parvint à renverser complètement le phlogistique. Après avoir expliqué la combustion , il voulut aussi rendre compte de la chaleur qui l'accompagne et de celle que l'on retrouve en général dans les actions chimiques.

Suivant cet illustre chimiste, le gaz oxigène, à l'instant oïl il se solidifie, abandonne le calorique qui le tenait à l'état gazeux, et il en résulte la chaleur; Quant à l'explication des phénomènes de lumière qui ont lieu dans la combustion, il ne fut pas aussi heureux.

Après la mort de ce grand homme, on prouva que le eaz oxigène, quand il se combine avec le charbon, pour former de l'acide carbonique, ne change pas de volume. 11 aurait donc dû résulter de ce phénomène un abaissement de température, puisque le carbone passait de l'état solide à l'état gazeux, mais il n'en est pas ainsi, car la température s'élève, au contraire, considérablement. Pour expliquer cette difficulté, on dit que la chaleur spécifique du gaz acide carbonique étant inférieure à celle de l'oxigène et du carbone avant leur combinaison, il y avait nécessairement du calorique mis en liberté; mais cette explication fut renversée aussitôt que l'on eut déterminé avec exactitude la chaleur spécifique des gaz, puisque celle du gaz acide carbonique, loin d'être inférieure à celle du gaz oxigène, est au contraire plus considérable.

D'autres exemples, analogues à celui que je viens de rapporter, tendent à prouver que la présence de, la chaleur et de la lumière, dans les actions chimiques, est due à une autre cause que celle qui avait été adoptée par - Lavoisier. Je citerai particulièrement la lumière qui est produite dans certains cas où il n'y a pas d'action chimique, mais seulement un changement dans la constitution des molécules, comme la zircone, l'oxide de chrome et d'autres corps qui, lorsqu'ils ont été exposés à une haute température, perdent seulement la faculté de

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former momentanément des combinaisons avec les acides. Dans l'état actuel de la science, il est impossible de séparer la lumière de la chaleur, ce sont deux effets qui proviennent de la même cause.

La science en était arrivée à ce point, que l'on ne savait quelle théorie adopter pour expliquer les actions chimiques , ainsi que les phénomènes de chaleur et de lumière qui les accompagnent, lorsque Davy entreprit de résoudre cette question en s'appuyant sûr des expériences dont j'ai déjà fait connaître les résultats principaux. Il suivit donc une autre marche que ses devanciers pour jeter les bases d'une théorie électro-chimique, puisqu'il s'appuya constamment sur des observations qui paraissaient alors décisives. Je me bornerai seulement ici à rapporter les conséquences principales qu'il en tira, parce qu'elles forment les bases de la nouvelle théorie électro-chimique. Parmi les substances ,qui se combinent chimiquement, toutes celles dont les énergies électriques sont bien connues, manifestent des états électriques opposés, par leur contact mutuel; ainsi le cuivre et le zinc, l'or et le mercure, le soufre et les métaux, les substances acides et alcalines, donnent des résultats conformes à ce principe; ainsi les substances acides ou celles qui se comportent comme telles clans les combinaisons, prennent l'électricité négative, et les substances alcalines, l'électricité positive; enfin l'état électrique de tension augmente avec la température.

Davy posa en principe qu'en supposant deux corps dont les molécules soient dans deux états électriques différents, suffisamment exaltés pour leur donner une force attractive supérieure au pouvoir de l'agrégation, il éclate du feu, c'est-à-dire de la chaleur et de la lumière, par suite de la réunion des deux électricités, et il se forme alors une combinaison. Voilà les bases de la théorie électro-chimique telle que l'a conçue Davy.

Suivant cette théorie, tous les signes d'électricité cessent aussitôt que les actions chimiques commencent, de sorte que l'on ne voit pas quelle est la cause qui

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