DES THÉORIES ÉLECTRO-CHIMIQUES
tient accolées les molécules tes unes aux autres dans les combinaisons.
Davy éluda donc la difficulté, puisqu'il se borna à arler des effets électriques qui ont lieu dans le contact des corps, jusqu'à l'instant où la combinaison s'effectue, sans parler des forces qui maintiennent la combinaison.
M. Berzelius a repris cette théorie, lui a donné tic grands développements et en a fait la base de la chimie moderne. On lui doit particulièrement d'avoir établi des rapports entre les pouvoirs électriques des corps et leurs propriétés chimiques, rapports que Davy n'avait fait qu'indiquer d'une manière générale. 11 admet de plus que Davy, que les atomes des corps possèdent une certaine polarilé électrique et une différence d'intensité dans l'action de chaque pôle. Il a discuté d'abord ces deux points : Comment l'électricité se trouve-t-elle dans les corps? Comment un corps est-il électro-positif ou électro-négatif, oit tantôt l'un et tantôt l'autre.
Un corps ne devient jamais électrique, dit-il, sans que les deux principes électriques se manifestent soit dans différentes parties du corps, soit du moins dans a sphère d'activité : quand les deux électricités se montrent séparément dans un corps où il y a continuité, elles se trouvent toujours placées dans deux points opposés, comme la tourmaline et quelques autres cristaux nous en offrent l'exemple.
Mais, considérant que les mêmes parties d'un corps possèdent les mêmes propriétés que lui, il est conduit par là à admettre que les corps sont composés d'atomes qui ont chacun une polarité électrique telle que chaque pôle n'a pas la même intensité. C'est de cette polarité que dépendent, selon cet illustre chimiste, les phénomènes chimiques et dont l'inégale intensité est la cause de la différence de force avec laquelle s'exercent les affinités. Les corps, d'après cela, seraient donc électro-positifs et électio- négatifs dans les combinaisons , selon que l'un ou l'autre pôle prédominerait.
â'ftillIODE, CHAPITRE PREMIER. 1^5
M. Berzelius fait observer que le degré de polarité doit dépendre beaucoup de la température qui accroît son intensité et dont les modifications lui font subir différents changements ; c'est ainsi qu'un grand nombre de corps qui paraissent n'avoir qu'une très-faible polarité électrique, à la température ordinaire de l'atmosphère, en acquièrent une très-forte, au degré de la chaleur rouge. Cette propriété n'est pas générale , puisqu'il y a des corps qui la perdent à une température élevée; mais ici la théorie se tait pour expliquer cette différence.
Une combinaison ne peut s'effectuer qu'autant que les particules polarisées d'un des corps ou des deux corps se meuvent avec assez de facilité pour qu'elles tournent leurs pôles opposés , ce qui exige que l'un des corps f au moins, soit à l'état liquide, condition qui est indispensable, comme on sait, pour qu'une combinaison puisse s'effectuer.
M. Berzelius ne dit que peu de mots touchant la force de cohésion , de cette force qui retient en contact les molécules similaires; c'est là, il faut l'avouer, la pierre d'achoppetnent des théories électro-chimiques. Il se borne à dire qu'il est probable que les atomes des corps conservent, après leur combinaison, un certain degré de polarité et cherchent alors à se joindre par leurs pôles opposés. Il compare la cohésion à ce qui se passe quand un plateau de l'électrophore électrisé positivement est retenu par l'électricité positive du gâteau , sans qu'il y ait perte d'électricité ni d'un» côté , ni de l'autre. La combinaison chimique , suivant lui , pourrait être comparée à la neutralisation des deux électricités opposées, lorsque la plaque inférieure du plateau est mise en communication avec le plateau supérieur; ce qui produit toujours une décharge d'électricité. Néanmoins M. Berzelius ne se dissimule pas les difficultés que l'on rencontré en s'appuyant sur la théorie électrochimique, pour expliquer l'inégalité de cohésion dans les différents corps ou dans le même corps , suivant diverses circonstances , ainsi que la dureté , la ductilité ,
fjO DKS THKOIUES ELECTRO-CHIMIQUES.
la ténacité et même l'état gazeux. Il avoue qu'il ne voit pas comment Ton pourrait expliquer tous ses effets, en s'appuyant sur l'électricité considérée comme force première et universelle.
Je me suis borné à donner ici un précis de la théorie électro-chimique, telle que l'a exposée M. Berzelius dans su Chimie, mais j'y reviendrai quand je développerai cette théorie avec tous les faits qui ont été récemment découverts.
Cette théorie, comme celle de Davy, n'explique pas pourquoi les atomes restent accolés les uns aux autres dans les combinaisons, et en vertu de quelle force le contact est maintenu. C'est cette difficulté que M. Ampère a essayé de résoudre dans une lettre qu'il adressa a M, Vanbeck (i). Il admet que les atomes des corps , possèdent chacun une électricité propre, qu'ils ne peuvent perdre sans cesser d'exister, et en vertu de laquelle ils restent unis clùns les combinaisons, de la même manière'que doux feuilles de papier, électrisées différemment, restent accolées l'une à l'autre. Mais comme, des corpuscules électrisés ne pourraient rester sans exercer d'action sur les corps environnants, M. Ampère suppose que leur électricité réagit sur celle de l'espace, attire celle de non contraire et repousse l'autre, de manière à transformer les atomes en de véritables bouteilles de
Levde, Une combinaison a-t-elle lieu entre un corps électro-positif et un corps électro-négatif, les atomes se débarrassent de leurs atmosphères et restent unis l'un à l'autre, en vertu de l'attraction de leurs électricités contraires, propres à leur nature. Le contact u'est-il pas suivi d'une action chimique, les atmosphères se recombinent encore, mais, comme les atomes ne peuvent s'en passer, ils réagisseut sur l'électricité de l'atmosphère, attirent celle de non contraire et repoussent l'autre , de manière à produire des phénomènes électri-
(i) JourudePhys., i8*t.
V PERIODE , CHAPITRE ' PREMIER. I Vf
opes inverses de ceu* qui ont lieu dans les combinaisons. Cjette théorie, quoique tresringenieuse, .présente des difficultés qui n'ont pas encore été toutes résolues. Elle ne montre .pas,. par exemple, comment dçùx corps qui sont électro-positifs. par rapporta ua troisième, peuvent se combiner ensemble. Il faudrait alors admettre qu'il n existe qu un seul fluide ou que les atomes possèdent 4e l'électricité îiaturelle outre leur électricité propre. Nous reviendrons sur cette théorie, quand nous exposerons les phénomènes électro-chimiques avec tous. lès développements qu'ils exigent.
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Lès physiciens ont repris la question de la lumière • électrique. M. Biot(i) a avancé que sa production était \j due au passage rapide de l'électricité à travers l'air qui) \ étant fortement comprimé, s'échauffait et dégageait : alors assez de chaleur pour qu'il y aitr émission de lumièrç. -Davy a examine jusqu à quel point cette opinion était fondée. On savait déjà depuis longrtemps que Les, couleurs de la lumière varient suivant la force fle 1 étincelle et la pression des gaz qu'elle traverse; que dans l'air condensé elle est blanche et brillante, .dans Pair très'-rarefié diffuse et d'une 'couleur rouée; que Tiniuencë des différents gaz paraît proportionnée a leur.dénsité'iet que la couleur dépend aussi de la nature du cor pi dontbntirejesetincelles, puisque des étincelles (su tirées a travers des.baues de bois ou d\Voire.-ont une couleur cramoisie, celles que Ton tire de la surface d'un cuir argenté une teinte verte brillante.
(i) Annal, de Çh..t. un, p. 35i : Mprgao. Philos. Trans., vol. Lxxv, p. ï88.
(a) Morgan's Lecture, p. a34.