‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 4)Chapitre 31 sur 119 · ET ÉLECTRO-CHIMIQUES · texte numérisé non relu

ET ÉLECTRO-CHIMIQUES

§ Ier. Découverte de l électro-magnétisme. Action des courants les uns sur les autres.

En 1820, la science électrique se trouvait dans un état stationnaire, comme à la fin de la première période, et attendait qu'une découverte fondamentale vînt lui imprimer une impulsion nouvelle, comme avait fait le galvanisme en 1790, lorsqu'on apprit que M. Oersted, professeur de physique à Copenhague, guidé par des vues théoriques qu'il avait publiées vingt ans avant sur la constitution des corps, venait d'annoncer, dans un ouvrage écrit en latin (1), qu'une aiguille aimantée, placée à peu de distance d'un fil de métal qui joignait les deux extrémités d'une pile, éprouvait de la part de ce fil une action révolutive telle, que si l'aiguille se trouvait au-dessus ou au-dessous du fil, elle était aussitôt déviée à angle droit, dans un sens ou dans un autre, tandis que si on la plaçait à droite ou à gauche, elle s'inclinait d'un côté ou de l'autre; et qu'enfin

(1) Expérimenta circa effectuai, etc.

3cpiJrioï>e, chapitre premier. 109

te sens de là déviation et celui de l'inclinaison changeaient suivant que l'électricité positive arrivait d'un côté ou de l'autre du fil. Cette découverte inattendue causa une surprise d'autant plus grande parmi tes physiciens, que les essais que l'on avait tentés pour reconnaître te genre d'influence que la plie exerçait sur l'aiguille aimantée, avaient été infructueux.

Rittèr , comme nous l'avons déjà vu ( 1 ), avait avancé, d'après quelques expériences dont il regardait lui-même le résultat comme douteux, que la terre avait ctes pôles électriques; la position qu'il leur assigna était contraire à là manière dont le globe terrestre agit réellement sùHes conducteurs électriques.

En i8o5, MM. Hachette et Desormes avaient essayé dé reconnaître la direction que prendrait une prié voltaïque horizontale, librement suspendue, en vertu dé l'action du globe teirestre; mais comme ils ne mirent pas en communication les pôles de la pile avec un fil métallique, ils n'obtinrent aucun effet. ' <*

M. QErsted publia, en 1807, un ouvrage dans lequel il annonçait qu'il avait l'intention de vérifier si l'électricité, dans son état le plus latent, n'avait pas une action sur l'aiguille aimantée (•/}. Ce n'est que dans l'hiver de 1819 qu'il trouva l'action du fil conjonctif de la pile voltaïque sur l'aiguille aimantée, dont on n'eut connaissance à Paris que vers le mois de juillet 1820*

Immédiatement après celte belle découverte ; M. Ampère commença cette suite remarquable de recherches expérimentales et théoriques qui ont servi à jeter les bases de Pélectro-dynamique, partie de la physique qui comprend tous les phénomènes relatifs à l'électricité enr mouvement.

Le 18. septembre dé la même année, il communiqua son premier Mémoire à l'Académie des sciences, dans

--( *) ^ewnvde Phya. r-t- » vi *y i8o3^ et p.-* *<^ de- cette Notice»- - (2) Chap. vin de la traduction de l'allemand , par M. Marcel de Serres. "^ -^ '

3JP DECOUVERTE DB LÉLtCTh&-Uk£l8iTISME.

lequel il réduisit les phénomènes obsçryés par M. QJÏrst#d à deux faits principaux. Il montra que l'action de la force électro-dynamique existe également dans toutes Imparties du fil conducteur, ainsi que dans la 'pile; mais l'aiguille étant déviée dans deux sens différent^ , suivait qu'elle est placée au-dessus de la pile ou à coté du conducteur, il indiqua la loi générale qui détermine le çenç de l'aiguille dans chaque cas particulier, en donnant le nom de direction du courant à celle suivant laquelle se meut 1 électricité positive. Lps effets changeant suivant que l'électricité positive entre d'un côté ou 4e l'autre dans le conducteur métallique , M. Ampère, pour bien s'entendre sur le sens du courant, suppose qu'un homme est couché dans le circuit , de manière que le courant entre par ses pieds et sort par sa tête ; s'il regarde l'aiguille, le pôle nord est dévié à sa gauche. Il décrivit dans le même Mémoire plusieurs in-* struments qu'il se proposait de faire construire, particulièrement les spirales et les hélices galvaniques , qu'il annonça devoir produire les mêmes effets que les aimants. Il exposa en même temps ses idées sur les propriétés des aimants qu'il rapporta à celle de courants électriques circulant autour des molécules, dans desplaus perpendiculaires à leurs axes.

Le s5 septembre (i), il communiqua à l'Académie le résultat 4<* ses recherches sur les actions des courants les uns sur les autres, suivant qu'ils cheminent dans le même cens ou dans des sens différents, en sorte que, quelle que soit la direction de deux fils conducteurs , ils s'attirent en général lorsque les deux courants vont également , soit en Rapprochant de la perpendiculaire commune au* directions des deux fils,, soit en.s'éloignant, et se repoussent au contraire quand l'un tend vers cette perpeudicu- ♦ laireet l'autre va çn s'en éloignant. Il admit aussi dans le globe terrestre des courants électriques dans des plans

(i) Annal. deCh. et de Phys. ,'t. xv, 5g, 170.

âp Pia IODE} CHAPITRE PR£ Ml ÊIU ftlr

perpendiculaires à la direction de l'aiguille d'ittclkiaibdu) et se mouvant par conséquent de Test à J'oUest, x -j

Le 9 octobre $ it présenta un autre Mé|tmirë pôtir établir l'identité d'action eritré les fils conjotictifs pt le£ courbes fermées suivant lesquelles il conçoit dpscotiraiitâ électriques dans des plans perpendiculaires à la ligne; qui joint les deux pôles d'un aimant. Il décrivit, ett même temps, la marche qu'il a suivie depuis, pour calculer les effets des courants électriques d'une longueur finie et ceux des aiknants.

Pendant que M. Ampère découvrait l'action des couvrants les uns sur les autre* et cherchait à établir l'identité des -fluides électrique et magnétique, M, Arâgo (i) eiaminait l'espèce de modification qu'éprouve un fil de métal qui est traversé par un courant électrique; il plaça, à peu de distance, de la limaille de fer qui fut attirée par le fil, et s'y déposa transversalement , en formant des anneaux concentriques. La limaille retomba aussi-*» tôt que le courant eut cessé. Bientôt après, par un procédé déduit des idées théoriques de M. Ampère, il aimanta des aiguilles et des barreaux d'acier, en les plaçant dans la partie intérieure d'un fil coujonctif, plié en hélice sur une portion de sa longueur. La position des pôles de l'aiguille était déterminée par celle des spires de l'hélice qui les enveloppait ; selon , par cou* séquent, que les spires tournaient de gauche à droite, oki de droite à gauche. Ayant plié un fil conjonctif formant plusieurs hélices placées à la suite les Unes des autres et dont les spires tournaient alternativement en qeus contraire , uu fil d'acier placé dans leur intérieur fut aimanté et présenta autant de points cotisé*quents qu'il y avait de changements dans la directioti dep spires, M. Àrago a obtenu fces effets eu se servant d'une pile, d'une machine électrique ordinaire ou d'une bouteille de Leyde.

(i) Annal, de Ch. et de Phys. , t. xv, p. 93.

force élémentaire agissait en raison inverse du carre de U distance.

MM. Biot et Savart cherchèrent ensuite à déterminer si Faction de chaque tranche du fil était la même dans tontes les directions, ou si elle agissait avec plus d'énergie dans un sens que dans un autre. Ils trouvèrent qu'en faisant passer le courant dans un fil plié ou un fil droit, Faction était toujours réciproque à la distance, nais que l'intensité absolue était plus faible pour le fil oblique que pour le fil droit, dans la proportion de l'angle fermé par la direction d'un des bouts du fil avec l'horizon, à l'imité; ils trouvèrent par le calcul que Faction de chaque élément du fil oblique, sur chaque molécule de magnétisme austral ou boréal, est réciproque au carré de sa distance à cette molécule et proportionnelle au sinus de I angle formé par la distance au sommet de l'angle avec 1? fil.

Le (i novembre 1 820, M. Ampère annonça un fait relatif à Faction des conducteurs plies en hélice, fait qu'il avait remarqué long-temps avant d'en conuaître la cause et que M. Arago avait observé de son côté. Il en conclut uu moyen très-simple de neutraliser l'effet longitudinal d'un courant électrique dans un conducteur plié en hélice et d'en réduire l'action à l'effet transversal, qui se trouve alors identique à celui d'un aimant.

Dans la séance du l\ décembre, il (1) lut un Mémoire sur l'expression analytique des attractions et répulsions des courants électriques. 11 s'appliqua à montrer que tous les faits relatifs à l'action mutuelle de deux aimants, xl'un conducteur voltaïque et d'un aimant ou de deux conducteurs, pouvaient être ramenés à une cause unique, consistant dans une force tantôt attractive, tantôt répulsive entre* les portions infiniment petites de ce qu'il a nommé courants électriques, mais agissant toujours suivant la ligne qui joint leur milipu.

U admit que Faction de cette force n'était pas seu-

(1) AnnaL deCh. et de Phys., t. xx, p. 398.

&i 4 rotatiow mss connArrrs autoihl ofes aimants.

lëmcnt fonction de la distance, mats qu'elle dépendait aussi des angles qui déterminent la position respective des deux portions infiniment petites des courants électriques de la ligne qui enjoint les milieux.

Dans la séance du 1 8 décembre, M; Biot lut uu Mémoire dans lequel il fit connaître le complément des recherches qu'il avait entreprises conjointement avec M. Savart sur l'action mutuelle des courants et des aimants.

Dans un dernier Mémoire lu à l'Académie des sciences les 8 et 1 5 janvier j 8a i , M. Ampère donna quelques essais de calcul relatifs à l'action mutuelle d'un fil conjonctif d'un aimant.

§ IL Rotation des courants autour des aimants. Multiplicateur électrique; suite des travaux de M. Ampère.

En 1821 , M. Faraday (i) fit l'expérience delà révolutpon d'un fil conducteur autour du pôle d'un ainiant, dont Wollaston avait eul'idée (a). Il obtint ce mouvement en plaçant l'aimant dans une position verticale et suspendant le conducteur mobile, de manière à ce qu'il pût produire autour de l'une des extrémités de cet aimant un cylindre ou un cône. Le sens de rotation changeait suivant celui du courant. Il réussit également à faire tourner un aimant parallèlement autour d'un fil conducteur, mais non autour de son axe, en plongeant l'aimant dans du mercure, lui donnant une position verticale au moyen d'un lest en platine placé au bout inférieur et faisant arriver, au moyen d'un fil conducteur, un courant électrique qui se distribuait dans tout le mercure.

M. Faraday chercha si l'on pouvait imprimer à tin aimant un mouvement de rotation autour de son axe.

(i)Qp i^otro-Jlag^efastik raçttoqs wdi fa tbjawrçr ri< Magnetism. Septembre i8ai ; Annal, de Ch. et de Phys. , t. xvni, p. 332. __

(2) Précis des Phénomènes électra- dynamiques , inséré dans le ve vol. de Chin^d«TJK»nifteeit£tÉa<i d© ftt. Biffat«L '

y PÉRIODE, CHAPITBE PREMIER, ai 5

Mais, d'après le mode d'expérimentation dont, il se servit, il constata que ce mouvement était impossible. Le Mémoire dans lequel il rendit compte des tentatives qu'il fit à ce sujet, ayant été publié dans les Annales de Chimie et de Physique , M. Ampère et Savary y joignireot des notes où ils montrèrent que ces trois faits étaient une suite nécessaire de la théorie de M. Ampère. Gfe dernier (i) s'aperçut ensuite que si le mouvement cfe rotation de l'aimant sur son axe n'avait pas eu lieu dans léà expériences de M. Faraday, c'est que le courant ne passait ni dans l'aimant, ni dans une portion de conducteur qui y fut solidement attachée, il réalisa cette pensée et obtint le mouvement de rotation avec une grande vélocité. Il démontra en même temps que cet effet résultait de sa théorie, ainsi que le résultat négatif obtenu par M. Faraday. Il attribua tous ces mouvements à la suite non interrompue des attractions et des répulsions que les courants de l'aimant et le courant électrique exerçaient dans toutes leurs positions les uns sûr lès autres.

A l'appui de sa théorie, il prouva qu'avec les mêmes hélices qui lui avaient servi à imiter les propriétés, des aimants que l'on connaissait alors, il pouvait reproduire les faits découverts par M. Faraday.

Davy ayant plongé dans du mercure les extrémités de deux conducteurs en communication avec les extrémités d'une pile, et ayant approché l'un des pôles cCun aimant puissant, près de la surface du mercure en contact avec ces conducteurs, il vit aussitôt le mercure prendre un mouvement de rotation rapide dont le ^ens dépendait de la nature du pôle de l'aimant et de celui de la nile. Ce phénomène rentrait évidemment dans le premier dès trois faits découverts par M. Faraday.

Davy fit une expérience très -intéressai te qui tend it à montrer que les actions des aimants sur lesconducteùrs,

(i) Annal, de Ch. et de PhyS. , t. *xïi, f>. 389.

2 1 6 WUWÏPIJCÀTEUR ÉLECTRIQUE*

ou de ceux-ci sur d'autres conducteurs, étaient dues aux attractions et répulsions des courants, sans que les partties, matérielles y fussent pour quelque chose.~Nous avons déjà vu qu'en faisant passer la décharge d'une très-forte

S île entre 4eux pointes de cliarbon , il se produit un jet e lurmète dorçt l'éclat est si vif que l'œil ne peut en supporter la vue. Davy ayant présenté un aimant à ce jet de lumière, il vit qu'il en éprouvait une action semblable à celle d'un conducteur métallique mobile , ç'est-à-diçe, qu'il en était attiré et repoussé selon le pôle

e# regard et Je sens, dû courant.

, J'ai, déjà dit. que M. Ampère pensait qu'un aimant était forijie de courants électriques tournant autour des 7Boréçule$f dans une direction perpendiculaire à la ligne jdes pôles. M rendit probable cette conjecture en prouvant qu*ijn fil de cuivre recouvert de soient enroulé en hélice autour d'un tube dé verre, se comporte comipe un aintant par rapport à un aimant ou ad autres courants, cest-a-dire que chacune des deux moitiés possède un magnétisme différent. La découverte récente de M.- Faraday, relative à la production des courants par induction, est venue confirmer cette cori ecture.

t,n même temps queM. Ampère étudiait les propriétés magnétiques des hélices, M.Srhweiger,en Allemagne(i), imaginait le multiplicateur électrique, fondé sur le même principe. A I aide de cet appareil, >quiest, sans contredit, une des plus belles applications de la découverte de

1 M. OErsted, on rend, sensible l'action de trè$-faibles courants sur Paiguille aimantée, ce cjùi permet "d'étudier la Question du dégagement de l'électricité dans une infinité .de circonstances où il y avait impossibilité de le faire avant. Sa construction varie suivant la source qui

~ prbduft l'électricité que l'on veut observer. Mais lé type général est un châssis en bois, ouvert sur deux faces et autour duquel est enroulé un fil de cuivre recouvert de

(i) Bibl. univ., t. xvi, p. 197,

3e PÉRIODE, CHAPITRE PREMIER. 217

.soie. : Le diamètre et le nombre des circonvolutions dépendent de la nature de la source de l'électricité. Une aiguille aimantée, librement suspendue à un fil simple de soie, est placée dans l'intérieur du châssis. Aussitôt

3ue le fil est traversé par un courant, les actions partielles e l'aiguille aimantée sur chacune des circonvolutions, .supérieures et inférieures, s'ajoutent et produisent une résultante, qui suffit pour faire dévier l'aiguille aimantée, niême quand le courant est très-faible.

Un des grands avantages de cet instrument sur tous ceux qui servant à constater la présence de l'électricité, est de faire connaître en même temps le sens du couranioula nature de chacune des électricités par celui delà déviation de l'aiguille et son intensité par la grandeur dé 1$ déviation , ce qui n'a pas lieu avec les autres élecîtroscopçs. On y a fait depuis plusieurs perfectionnements, dont je parlerai ci-après.

' Aussitôt que M. Ampère eut fait connaître l'action .des courants les uns sur les autres et sur les aimants, il prouva que le globe terrestre se comportait, dans son -action sur les conducteurs et les aimants, précisément .comme s'il existait dans le globe des courants cheminant de l'est à l'ouest. Il suspendit à cet effet un conducteur .fermé dans un plan vertical et libre de se mouvoir autour :d'u0£. ligne verticale passant par son centre de gravité; ce conducteur, lorsqu'on y fit passer un courant, obéit -à l'action du globe et se plaça dans une direction perpendiculaire à celle du méridien magnétique. En changeant le. sens du courant, le conducteur faisait une demirévolution pour se placer de nouveau perpendiculaire- , meut au méridien magnétique, de manière à avoir, dans ce cas-ci comme dans l'autre, le courant dans la partie ■. inférieur^ dirigée de l'est à l'ouest.. ,; En substituant unç.Jiélice au couducteur, il eut un .résultat analogue, mais plus marqué; l'hélice se comporta dans ce cas comme un aimant* Ce résultat vint fortifier JML Atppère dans les idées qu'il s était faites de la cous-

àlSROTATIÔK DÈS CÔURÂNT9 AtJTÔÛR DÈS AIMANTS.

titution dfes aimants et l'engagea à les appliquer au magnétisme terrestre.

On a déjà vu, à la fin de là première période et même de la seconde, toutes les tentatives qui avaient été faites pour remonter à la causé de cette propriété, ainsi je n'y reviendrai pas.

. La découverte de l'électro-dynamique fournît de nouveaux moyens de reprendre cette question, et M. Ampère ne laissa pas échapper une si belle occasion de montrer toutes les ressources de son esprit. Ayant supposé, comme nous venons de le voir, que le magnétisme terrestre devait être attribué à des courants électriques qui circulaient dans la terre à peu de distanee dé ta surface de l'est à l'ouest, il chercha à vérifier cette hypothèse par l'expérience, en montrant que l'ori pouvait impritner tin mouvement dé rotation à Un circuit mobile, parcouru par un courant, au moyen de l'action du globe.

1) ne suffisait pas d'admettre que le magnétisme du globe était dû à des courants électriques circulant à peu de distance au-dessous de sa surface, il fallait encore rendre probable cette conjecture en s'appuyant sur quelques faits dont on pût supposer l'existence. Davy en fournit les moyens à M. Ampère : il avait avancé que le globe était peut-être formé d'un noyw métallique de potassium, de sodium, dé silicium, etc., recouvert d'une couché otidée; dès lors M. Ampère supposa qrt'à la surfaire de contact il s'opérait encore continuellement des réactions chimiques qui produisaient tine foule de courants élefctriques auxquels on pouvait rattacher le magnétisme terrestre. Nous reprendrons plus loin cette question, après avoir exposé les phénomènes thermo-électriques.

M. Delarive, la même année, publia utt Mémoit-e touchant l'action de la terre <sûr nrté portion mobile d'un eiteuit Voltaïqué fermé, à*n* lequetil fit cérniaîtfre que cette action, trans un frectsttigte par exemple , s^éattM:ç**it sûr lés portions vertiéalesi seulement II établit alors

y PERIODE, CtfAPJTRE PREMIER. 2ltj

cette loi générale (i) : Qu'an couranl vertical susceptible de tourner uutour d'un axe vertical auquel il est lié, se dirige constamment de façon que le plan qui l'unit à son axe soit perpendiculaire au méridiert magnétique, se plaçant lui-même à test s il est descendant, à t ouest s'il est ascendant.

De ce qu'un courant horizontal n'est pas affecté par le magnétisme terrestre, il n'est pas dit pour cela que sou action soit complètement nulle; aussi M. Delarive a-t-il trouvé que cette action existait et qu'elle était soumise à cette autre loi : Qu'un courant horizontal, susceptible de se mouvoir parallèlement à lui-même, se meut de cette manière dans un sens ou dans un-autre, suivant sa propre direction, et que ce mouvement a Heu dans toutes les positions oh on le met, qiCil soit placé dans la direction du sud au nord, dans celle de l'est a V ouest ou dans toute autre intermédiaire. ••• M. Ampère admit ces deux lois après avoir prouvé qu'elles résultaient de celles qui étaient relatives à l'action électro- dynamique, qu'il avait établie depuis long-temps.

M. Berzelius , dans une lettre adressée à M. Berthôllet, qui. en fit la communication à l'Académie des sciences , lé 8 janvier 1821, exposa ses idées sur l'état magnétique des corps qui transmettent un courant électrique (2). Suivant lui, en faisant passer un courant électrique dans un parallélipipède métallique, chacune de ses arêtes est un pôle magnétique, dont la largeur est égale à la longueur du parallélipipède. Lès arêtes diamétralement opposées contiennent la même espèce de {>oiarité, tandis que celles qui terminent la même face, Contiennent une polarité opposée Ainsi on pouvait représenter l'état magnétique intérieur, sur la coupe transversale du conducteur, par celui de deux aimants

(1) Esquisse historique sur les principales découvertes faites &ffé r*lectricilé. Delarrvè, p. 63.

j[a) Recueil d'observat. c'îlectro-dynamiques, par M. Atbffôr*',

aSO OP. DE M. BERZELIUS SUH LESPHEN. ÉLEC.-DYN.

appliqués par leurs pôles opposés, l'un contre l'autre. II résultait de là que chacune des deux électricités devait être représentée par son aimant, et que chacune a son pôle magnétique analogue, tourné vers le même côté par rapport à sa direction. M. Berzelius en tira la conséquence que cette manière de voir explique tous les phénomènes magnétiques du courant élecque observés jusqu'à présent, et laisse prévoir tous ceux dont le corps conducteur, pendant cet état, est susceptible. Il regarda en conséquence comme improbable l'hypothèse avancée par M, OErsted , que les phénomènes magnétiques du courant doivent leur origine à un mouvement en hélice des deux électricités, dont l'une détermine la position de l'aiguille au-dessus, et l'autre au-dessous du fil conducteur. La polarité magnétique double du conducteur lui parut être une explication plus simple et plus vraisemblable.

M. Ampère (i) adressa de suite une lettreà M. Arago, pour répondre à celle de M. Berzelius, dans laquelle il commença d'abord par dire que M. Berzelius, à l'époque où il communiquait le résultat de ses observations à M. Berihollct , n'avait pas encore eu connaissance de son travail relatif à l'action de deux conducteurs voltaïques et des conséquences qu'il en tira sur l'identité de fluides électrique et magnétique, attendu que les expériences qui y sont décrites sont une suite immédiate de la théorie fondée sur cette identité. Il fit part, à ce sujet, des réflexions que lui avait suggérées la lecture de la lettre. Davy, dans une lettre adressée à M. Ampère, sous la date du 20 février 1821 , lui dit que, d'après quelques observations qu'il a laites sur les phénomènes électrodynamiques, il doutait de l'identité de l'électricité et du magnétisme (a), et que ses doutes se sont plutôt augmentés que détruits par quelques nouvelles expé-

(1) Recueil d'observat. élcctt-o-dyQamiqii( P- 99.

(aj Idem, p. 121.

1 par M. Ampùn

riences, telles que celles qui démontrent le pouvoir qu'ont de très-mauvais conducteurs électriques de devenir des aimants , et l'indifférence absolue des courants électriques très-forts , qui passent à travers l'air, soit les uns pour les autres, soit pour les aimants. M. Ampère répondit à plusieurs passages de cette lettre, non directement à Davy, mais à M. Delarive, sous la date du i5 mai de la même année (i), et en particulier à l'objection que des corps, très -mauvais conducteurs de Pélectrisité , peuvent acquérir les propriétés des fils métalliques, quand on les met en communication avec les deux extrémités d'une pile voltaïque., Il déclare qu'il n'a jamais pu y parvenir et qu'il ignore le procédé qu'a employé Davy pour obtenir ce résultat. Quanta la seconde objection, que de forts courants électriques à travers l'air .n'agissent ni les uns sur les autres, ni ne sont influencés par un aimant, ni ne tendent à changer la direction de l'aiguille aimantée, nous avons déjà vu que peu de temps après, Davy prouva lui-même que le fait sur lequel elle était fondée était absolument faux, puisqu'il obtint avec une pile très-forte Faction mutuelle d'un courant dans l'air et d'un aimant. Il ajoute que, si on avait une pile excessivement énergique, le courant électrique continu pourrait peut-être s'établir à travers l'air et agir sur un aimant, conformément à l'ingénieuse idée proposée par M. Arago pour expliquer les aurores boréales.

M. Ampère, dont l'imagination ardente a devancé quelquefois l'expérience , frappé des beaux travaux de Fresnel sur la lumière, et surtout de l'accord des considérations sur lesquelles il s'appuyait , et de celles qui s'étaient présentées à son esprit relativement à la cause des attractions et répulsions électro -dynamiques, développa ses idées à cet égard. • . iic Cet accord, disait-il (2), prouvait, par l'ensemble de

(1) Rec. d'observat. électro-dynam., par M. Ampère, p. iai. (a) Idem.ç. ai5.

Sa* RECHERCHES DE M» SAVARÏ Spfl fe?lltf4fcrTATÏON.

a ces phénomènes, que le fluide répandu dans tout l'esr « pace, qui ne peut être que le résultat die la réunion «des deux électricités, était à peu près inconlpreasi- «ble, traversait tous les corps, et que les mouvements « excités dans ce fluide s'y propageaient par une sorte « de frottement des couches déjà en mouvement sur « celles qui ne Tétaient pas. D'après cela , il était natu* « rel de penser que le courant électrique d'un fil con* « dueteur faisait, en partie, partager son mouvement « au fluide neutre environnant , et frottait en partie conf « tre lui , de manière à donner naissance à Une réaction * de fluide sur le courant, qui ne pouvait tendre à déplacer celui-ci, tant que la différence de vitesse était a la même de tous les cotés du courant él0ctrique, mais « qui devait tendre à le mouvoir > soit du côté où «cette différence de vitesse et par conséquent l'action « électrique serait moindre, soit du coté opposé à celui où « elle serait plus grande, parce qu'il s'y trouverait un autre « courant électrique, tendant à pousser le même fluide «en sens contraire, suivant que les deux courants, qui « agiraient aussi l'un sur l'autre, seraient dirigés dans « le même sens, ou auraient des directions opposées» *> Quelques années après que M. Arago eut trouvé l'action qu'exerce un courant électrique sur le fer non aimanté, et que Dayy eut montré que l'on pouvait aimanter des aiguilles d'acier en les frottant transversalement sur un fil de métal parcouru par un courant, M. Savary se livra à une suite de recherches d'un haut intérêt sur l'aimantation des aiguilles d'acier , placées à di* verses distances d'un fil de métal , dans lequel on fait passer la décharge d'une bouteille de Leyde (i). 11 trouva que les aiguilles placées du même côté prennent une aimantation plus ou moins forte, selon la distance à laquelle elles se trouvent placées du fil cqn* ducfeur;que les plus rapprochées ne août pas toujours

(i) Annal; de Ch. et de PhyS., 1827, t. xxxiy, p, *&

3e P&UOi>E> CHAPITRE PREMIER, a a 3

les plus aimantées , attendu qu'il existe, à diverses distances du fil, des points où l'aimantation est à son maximum, et d'autres à son minimum; que la distance iq&tô aussi sur le sens de la polarité ; car les pôles nord et pud se trouvent tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, selon la distance. Il observa que ces alternatives , dans le sens du magnétisme, se renouvellent plusieurs fois , et qye leur nombre, tant sous le rapport du sens que sous celui de l'intensité, dépend, en grande partie , de la longueur et du diamètre du fil , ainsi que de sa conductibilité et de l'énergie de la décharge électrique.

Bf» Savary étudia tous ces phénomènes avec le plus grfind soin, et l'on peut dire qu'il a présenté un travail complet sur l'aimantation des aiguilles d'acier par des décharges électriques. Il s'est occupé aussi de l'influedce que les métaux exercent sur l'aimantation, quand ils sont interposés entre les aiguilles et le fil conducteur; lorsque l'aiguille est enveloppée, par exemple, d'une feuille métallique, l'aimantation est plus forte. Il a détenqipé ensuite 1 épaisseur de l'enveloppe qui donne le ipaximum; en l'augmentant, on revient à celle que l'aiguijle aurait pris sans enveloppe. Le cuivre, l'étain,l'or, l'argent et le mercure possèdent la propriété dont je viens de parler, mais à des degrés différents. L'intensité de la charge influe d'une manière singulière sur l'aimantation; c&r selon qu'elle est plus ou moins forte, il faut donner des épaisseurs différentes à la même enveloppe, pour obtenir les mêmes effets ; il en résulte aussi quelquefois un changement dans le sens de l'aimantation.

M. Savary a reconnu enfin que les faits qu'il a observés ne peuvent être expliqués dans l'hypothèse où le courant électrique est produit par le transport de la panière électrique, ayant lieu d'une manière continue, dans un sens déterminé, et qu'ils semblent indiquer que 1# courant peut être envisagé comme une suite d'oscillation* transmises du fil conducteur aux milieux envi-»

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