‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 4)Chapitre 32 sur 119 · ACTION DES COURANTS ÉLECTRIQUES > ETC · texte numérisé non relu

ACTION DES COURANTS ÉLECTRIQUES > ETC

§Itt. Des multiplicateurs et des effets électriques produits dans les actions chimiques.,

J'ai déjà exposé les diverses théories électro-chimiques qui ont été proposées, dans le cours de la seconde période, pour expliquer les phénomènes chimiques et les rattacher à l'action des forces «électriques; ainsi je n'y reviendrai pas. Mais, à cette époque, on n'avait pas encore' analysé les effets électriques qui ont lieu nonseulement clans les actions chimiques, mais encore dans quelques phénomènes où l'équilibre naturel des molécules des corps est troublé par une cause quelconque. La connaissance de ces faits était cependant nécessaire pour préciser les rapports qui peuvent exister entre les affinités et les forces électriques.

Fabroni annonça le premier que l'action chimique ' était la cause du dégagement de l'électricité, dans l'arc composé de deux métaux différents, employés à produire des contractions dans la grenouille. Plusieurs physiciens soutinrent la même doctrine, mais sans démontrer le fait; Wollaston, entre autres, ne vit dans tous les phénomènes relatifs au dégagement . de L'électricité, même dans ceux de frottement, que le résultat d'une action chimique. Pour avoir été trop exclusif, il rencontra peu de savants disposés à soutenir sa doctrine. D'un autre côté, il s'attacha plutôt à quelques faits généraux-de l'électrochimie qu'à démontrer d'une manière claire et précise le dégagement de l'électricité dans les cas les plus simples des actions chimiques. Il faut dire aussi qu'à l'époque où cet ingénieux physicien s'occupa de cette question, ou était privé d'instruments convenables à laide desquels on pouvait la résoudre. 11 est probable que si OErsted n'eût pas découvert l'électro-magnétisme, on en serait peut-être encore au même point où Wollaston lavait laissé la science.

Les appareils destinés à observer le dégagement de l'électricité dans les phénomènes chimiques sont les électroscopes et les multiplicateurs. Les premiers servent ^

comme nous l'avons déjà vu, à constater la présence de l'électricité libre, c'est-à-dire, avec tension; les seconds, celle de l'électricité en mouvement, qui n'a plus alors aucun des caractères propres à l'autre, puisque sa tension est inappréciable. Bohnenberg donna à l'électroscopc à feuilles d'or une sensibilité telle, qu'il faut avoir l'habitacle de se servir de cet appareil pour ne pas être induit en erreur par de fausses indications. Cet appareil consiste en une feuille d'or battu très-mince en communication . avec le plateau inférieur du condensateur de Volta et 1 placée entre les deux pôles opposés d'une pile sèche. Cette feuille, quand elle reçoit du condensateur un excès trèsfaible d'une des deux électricités, est attirée par le pôle qui possède une électricité contraire en même temps qu'elle est repoussée par l'autre, deux actions qui en s'ajootant augmentent la sensibilité de l'électroscope.

Le multiplicateur de Schweiger reçut aussi de grands perfectionnements. Le plus important de tous , sans contredit, est celui qui est dû à 31. Nobili. Pour détruire l'influence du magnétisme terrestre qui s'oppose toujours à ce qne l'aiguille aimantée obéisse entièrement à l'action du courant, puisque cette influence la ramène continuellement dans le plan du méridien magnétique, il substitua à l'aiguille aimantée deux autres aiguilles placées, dans une position parallèle, a l'extrémité d'une tige très-légère, les pôles inverses en regard; c'est le système astatique de M. Ampère. Si les deux aiguille* étaient parfaitement identiques, possédaient la même quantité de magnétisme et se trouvaient dans deux directions parfaitement parallèles , le globe n'exercerait aucune action sur ce svsteme, mais il ne peut jamais en être ainsi. D lui reste toujours une force directrice très-faible . qui le ramène dans une position fixe , quand Km l'en dérange.

L'une des deux ai^ailes est placée dans l'intérieur de U

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