‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 4)Chapitre 34 sur 119 · EFFETS ÉLEC. PRODUITS DANS LES AG. CHIMIQUES · texte numérisé non relu

EFFETS ÉLEC. PRODUITS DANS LES AG. CHIMIQUES

Davy avait cru reconnaître ; a° que dans la réaction des liquides sur les métaux, il n'avait obtenu que des effets composés, qui ne pouvaient le mettre à même de tirer des conséquences générales sur les effets électriques résultant du jeu des affinités. Dès cet instant, Davy cessa de combattre les résultats que j'avais annoncés.

M. NobiLi (i) intervint dans cette discussion avec le multiplicateur auquel il avait donné une extrême sensibilité. Il obtint également des effets électriques trèsprononcés, dans la réaction d'un acide sur l'alcali, en employant le même mode d'expérimentation que j'avais indiqué. U annonça, dans le même Mémoire, un fait que j'avais aussi observé quelquefois, c'est qu'en plongeant dans un acide liquide un fragment de potasse ou de soude, on avait souvent, dans le premier instant, des effets électriques inverses de ceux que l'on obtenait quand l'un et l'autre étaient à l'état liquide, c'està-dire que l'alcali prenait l'électricité positive. Ces effets, dans les cas où je les ai observés , n'étaient que de peu de durée et devaient être rapportés aux effets thermoélectriques domV nous parlerons dans le paragraphe suivant.

Dans la plupart des Mémoires déjà cités, j'ai dit que dans les cas où il y a action chimique, les effets électriques sont inverses de ceux que Ton obtient dans le simple contact; j'admettais alors l'action électro- motrice telle que l'a imaginée Volta, et l'a défendue Davy. J'avoue que, dans mes premières recherches, je partageai complètement leurs idées à cet égard; je n'osai même pas supposer qu'ils se fussent trompés, tant je vis que cette théorie avait jeté des racines profondes dans les esprits. Ce n'est que peu à peu, en me familiarisant avec les expériences, et surtout après avoir eu connaissance des idées de M. Delarive sur les phénomènes élec-

(i) Annal, de Ch. et de Phys., t. xxxyiii, p. a3<); Bibl. uiuy.,

ïtïvri. n. a/. .

U xxxvn, p. 24

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tro-chimiques , que je commençai à modifier un peu le rôle que peut jouer la force électro-motrice dans les phénomènes chimiques. Je crois donc que, dans l'état actuel de la science, quoique la plupart des faits connus donnent une origine chimique aux phénomènes électrochimiques, ils ne sont pas encore assez nombreux pour renverser entièrement l'édifice élevé par Volta et substituer à la place la théorie de Fabroni et autres. Au surplus, on verra dans les chapitres relatifs au dégagement de l'électricité, les motifs qui m'ont déterminé à ne pas me prononcer encore sur cette question.

M. Auguste Delarive (i) s'est constamment appliqué, depuis cette époque, à démontrer que l'action électromotrice n'existe pas; que le contact de deux substances hétérogènes ne peut, par lui-même, donner naissance à des effets électriques; que ceux-ci ne sont produits qu'autant qu'il y a action calorifique, mécanique ou chimique. Je reviendrai bientôt sUr les travaux de M. Delarive relatifs à la production de l'électricité voltaïque.

MM. Avogadro et Michelotti (2) avaient annoncé que lorsque l'on plonge deux métaux différents dans certains liquides, il se produit des effets inverses de ceux que Ton obtient dans la théorie de Volta. Ces changements parurent à M. Delarive inconciliables avec l'hypothèse de Volta, et ne contribuèrent pas peu à la lui faire abandonner. Je rendrai compte incessamment des expériences qu'il fit pour appuyer sa manière de voir.

(l) Annales de Chimie et de Phys., t. xxxvn, p. aa5; t. xxxix, p. *97; Mémoire de la Soc. de Phys. et d'Hist. nat. de Genève», t. iv, p. 285, et t. vi, p. 149.

(a) Annal, de Ch. et de Phys., t. xxn, p. 36 1.

DÉCOUVERTE DES PHÉETOM. THERMO-ÉLECTR.

§ IV. Découverte des phénomènes termo-èlectriques; effets électriques de pression et de frottement.

Depuis que l'on s'occupe des phénomènes électriques , on attache une grande importance aux causes qui troublent l'équilibre des deux principes électriques dans les corps, parce que ces causes peuvent donner quelques notions sur leur nature. D'un autre côté, on a cherché , à diverses reprises , à découvrir les rapports qui existent entre la chaleur et l'électricité, tant on était persuadé que l'une et l'autre avaient une origine commune ; mais toutes les expériences qu'on a faites à cet égard , quoique intéressantes, n'ont pas encore conduit à un rapprochement suffisant pour cimenter une alliance intime.

L'éleotro-magnétïsme a permis cependant d'étendre les rapports qui existent entre ces deux agents généraux de la nature, en nous faisant connaître une nouvelle classe de phénomènes électriques , produits par la chaleur dans un anneau formé de deux lames de métal différent, soudées bout à bout, et dans lequel les deux soudures n'ont pas la même température. La découverte de ce fait important est due à Seebeck, professeur de physique à Berlin; toutes les expériences qu'il a faites à ce sujet ont été communiquées à l'Académie des sciences de Berlin, dans les années i8ai et 1822', et réunies dans un Mémoire imprimé dans le recueil de ceux de cette société.

Volta avait déjà observé qu'une lame d'argent, dont les deux bouts n'avaient pas la même température, constituait un élément voltaïque; M. Dessaignes avait reconnu également ce fait, plusieurs années après, en voyant les contractions se produire dans une grenouille dont les muscles et les nerfs étaient mis en communication, au moyen d'une cuiller d'argent, dans la cavité de Inquelle on avait mis un charbon allumé. C'est tout

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ce que nous savions sur l'influence de la chaleur dans les phénomènes électriques qui ont lieu au contact des métaux.

Les premières recherches de M. Seebeck furent faites avec un étrier formé d'un barreau d'antimoine ou de bismuth, aux deux extrémités duquel était soudée par ses deux bouts une lame de cuivre recourbée en demicercle. En élevant la température de l'une des soudures, tandis que l'autre restait constante, le courant allait dans le circuit antimoine -cuivre de la partie chaude à la partie froide, en suivant l'antimoine; le contraire avait lieu avec l'autre circuit. L'effet était d'autant plus marqué, que la différence de température était plus considérable; et le sens du courant changeait en portant le foyer de chaleur sous l'autre soudure. Il étudia la marche du courant avec une aiguille aimantée convena- ' blement placée.

M. Seebeck reconnut qu'en formant des circuits semblables avec tous les métaux, l'état électrique de chacun d'eux n'était pas le même que celui trouvé par Volta dans le contact.

Il observa aussi des courants de ce genre dans des barres de métal homogènes , d'une texture cristalline, dont toutes les parties n'avaient pas la même température , et crut y trouver l'explication des courants électriques du globe terrestre , à l'influence desquels M. Ampère attribue son action magnétique.

MM. Yelin, Marsch, Cumming (i), en i8i3, s'occupèrent également des mêmes phénomènes, auxquels ils ajoutèrent de nouveaux développements. Le premier s'attacha particulièrement à déterminer l'influence de la nature et de la forme des métaux homogènes sur l'intensité et la direction des courants électriques. Les deux

(1) B:!>!. univ., t. xxiv, p. a53; t. xxv, p. 108; t. xxvii,jx 199, et t. xxxix, p. »6$.

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