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MULTIPLICATEURS ÉLECTRIQUES.
sensible, il en résulte que de très-faibles courants qui ne peuvent mettre en mouvement une des deux aiguilles, impriment au système une action très-prononcée. Cet instrument, après la grenouille nouvellement écorchée est le plus délicat que nous possédions pour constater la présence des courants dans des phénomènes où l'on ne soupçonnait pas jadis leur existence.
M. CoUadon (i) a fait au multiplicateur un perfecti nement qui permet d'observer les déviations de l'aiguille
provenant des courr
iduits
la dé-
charge de bouteilles de Leyde ou de l'électricité des nuages. Dans ce cas on ne peut se servir des multiplie leurs ordinaires, attendu que les circonvolutions du fil n'étant pas séparées les unes des autres par une substance suffisamment isolante, l'électricité passe de l'une à l'autre. M. Colladon, pour parer à cet inconvénient, prépara un galvanomètre de 5oo tours avec un fil doublement recouvert de soie et dans lequel chaque série de tour est séparée par un taffetas gommé. En fixant l'un des bouts du Cl de ce multiplicateur au conducteur positifd'une machine de Nairn et l'autre au conducteur négatif, la déviation est régulière et proportionnelle à la vitesse avec laquelle on tourne la manivelle.
Voyons maintenant les recherches qui ont été faites pour découvrir la présence de l'électricité dans les actions chimiques. Cette électricité s'y trouve à l'état de courant ou à l'état de tension.
Immédiatement après la découverte d'OErsted, trouva, en Allemagne, que lorsque l'on plonge dans de l'acide nitrique, l'un après l'autre, les deux bouts du fil de cuivre d'un multiplicateur , celui qui est plongé le premier prend à l'autre l'électricité positive, par l'intermédiaire de l'acide. Cette expérience nous fut communiquée par M. OErsted (a) ; mais on ne put dire
(l) Annal, de Ch. etdePhys., I (i) Journ. de Ch. et de Phys., I
xxxiii, p. fi».
mi, p. 363.
3e PÉRIODE, CHAPITRE PREMIER. Va*]
alors si cet effet provenait de l'action chimique propre*ment dite, ou bien d'une différence dans les températures des deux bouts inégalement attaqués (i )• Le che*valier Yelin s'occupa aussi de recherches de ce genre.
C'est à cette époque où je commençai une suite non interrompue de recherches pour analyser les effets électriques qui sont produits dans toutes les actions chimiques, de quelque nature qu'elles soient. Les appareils dont je me servis furent successivement modifiés pour éviter le dégagement de l'électricité due à des causés étrangères. Pour ne laisser aucun doute sur l'exactitude' des résultats, je multipliai les expériences, et je crois que la question peut être regardée maintenant comme complètement résolue. On prend 4 capsules de porcelaine que l'on range sur la même ligne; dans les deux capsules extrêmes, on verse un même liquide, et dans les deux capsules du milieu, les detix dissolutions que l'on veut faire réagir lune sur l'autre ; puis l'on plonge dans les deux capsules extrêmes les lames dé platine qui terminent le fil du multiplicateur, et l'on fait communiquer la première et la deuxième, la troisième et la quatrième, avec des tubes recourbés remplis d'eau, et la deuxième et la troisième, avec une mèche d'asheste. On emploie aussi un second appareil, qui consiste en unecapsulede porcelaine contenant le liqui de sur lequel on fait réagir la lame de métal qui ost en communication avec l'un des bouis du galvanomètre, tandis qu'une lame de platine, communiquant avec l'autre bout, reçoit du liquide l'électricité quil a prise dans sa réaction sur le métal. Cette disposition ne suffit pas encore. Aussi est-on obligé de faire plusieurs modifications dont on ne peut rendre compte ici , pour se garantir de l'action électro-motrice et des effets électriques produits pendant k réaction de la dissolution qui se forme "sûr Te liquide environnant. Voici les résultats généraux reJa-
(i) Bibl. univ., t. xxm, p. 38.
aa8 EFFETS ÉLEC. PRODUITS DANS LES AC. CHIMIQUES.
tifs aux effets électriques produits dans les actions chimiques (i) :
i° Quand un acide se combine avec un alcali, le premier prend l'électricité positive , et le second l'électricité négative.
2° Dans la réaction d'une dissolution acide ou alcaline sur l'eau, celle-ci, dans le premier cas, se comporte comme un alcali, et dans le second, comme un acide, c'est-à-dire, qu'elle prend l'électricité négative ou positive, suivant qu'elle réagit sur un acide ou un * alcali. Ce résultat est conforme au mode d'action de l'eau sur les acides et les alcalis, puisqu'on sait qu'elle joue le rôle de base, par rapport aux premiers, et d'acide , par rapport aux seconds.
3° Dans les doubles décompositions, on ne recueille jamais d'électricité, attendu qu'il y a neutralisation complète des deux électricités.
4° Dans la réaction d'un acide sur un métal, on obtient encore des effets électriques conformes au principe général; mais les effets sont tellement composés, eu raison de la réaction les unes sur les autres des dissolutions qui se forment, qu'il est nécessaire d'employer de grandes précautions pour les observer.
5° Toutes les fois que clans le contact d'un acide avec un métal, il n'y a pas d'action chimique, il ne se produit pas de courant. On a la preuve de ce fait en plongeant dans de l'acide nitrique une lame d'or et une autre de platine, communiquant chacune avec l'un des bouts du multiplicateur. Quand les deux surfaces sont trèsnettes, il ny a pas de courant; mais aussitôt qu'on ajoute à l'acide une seule goutte .d'acide hydrochlorique capable de former de l'eau régale pour attaquer l'or, il y a aussitôt un courant qui indique que l'or
(i) Annal, de Ch. et de Phys. , t. xxm, p. i5a et 244. Idem, t. xxiv, p. *44. Idem, t. xxiv, p. 192 et 345. Idem, t, xxvi, p. 176! Idem, t. xxviii, p. 19. Idem, t. xli, p. 5.
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prend l'électricité négative, et l'acide l'électricité positive, conformément au principe général,
6° La combustion manifeste des effets conformes au principe général, c'est-à-dire, que la base prend toujours l'électricité négative; l'oxigène et l'acide carbonique l'électricité positive.
Cette question que je traitai d'abord fut analysée ensuite par M. Pouillet, en ce qui concerne particulièrement la combustion du charbon.
70 Dans les décompositions cjii iniques, on a des effets électriques inverses de ceux qui se, manifestent dans les combinaisons, c'est-à-dire que les bases prennent l'électricité positive, et les acides l'électricité négative. Ces effets ont été étudiés avec soin par M. Pouillet.
8° Lévaporation ne porte aucun trouble dans l'équilibre des forces électriques, toutes les fois qu'elle n'est pas accompagnée de réactions chimiques; ce fait a été également constaté par M. Pouillet.
En continuant mes recherches sur le dégagement de l'électricité , j'ai été conduit à ce principe général , qu'il y avait trouble dans l'équilibre des forces électriques, toutes les fois que les molécules des corps se trouvent dérangées de leur position d'équilibre naturelle par une cause quelconque.
Les effets singuliers de la décomposition de l'eau oxigénée jJar le contact des éponges méialliques et de certains oxides, attirèrent d'autant, plus mon attention qu'ils ne paraissaient pas dépendre immédiatement des affinités. L'expérience prouva que, dans cette décompotiou, en écartant les causes qui peuvent compliquer les effets, il y a toujours un dégagement d'électricité (\) absolument semblable à celui que l'on obtient dans les actions chimiques,' c'est-à-dire que l'éponge de platine prend l'électricité négative à l'eau oxigénée, et se comporte, par conséquent, sous le rapport des effets élec-
(i) Annal, de Ch. et de Phys. , t. xxxviii, p. 16.
*3o wm éczc p^norns n*js uk *cr. chim.
nrrrrues. comme une base ians sa reaction sur un acide. O résultat a'est pas àans queique importance dans Fe*amen des relations qui «scisrfent «more les forces chi- ■kiqnes et relie* qui sent mises en jeu <ians cette circonstance. Je me -mis oernoe encore J?an autre mode de dégagement de f électricité, qui j du rapport avec celui qui précède, je veux sai'ier les ^liêt* électro-capillaires. Itien * e<tf pi us -iimrie »iue d abserver ce dégagement : 6* verse- dan» une cailler fie platine, en communication avec un înultipiicar^ur, an liquide quelconque, dam lequel on plonge une éponge de piatine„ couimumqnant avec Je même appareil. t>n a un courant qui se comporte a^sez ordinairement comme si Fepouge était attaquée par l'aride, quand te liquide, toutefois, est on zeide. Il se présente des anomalies singulières» suivant que Ton opère avee certains acides plus ou moins concentré* , dont on ne peut rendre compte dans ce préers,
Jusqu'ici il n"a été question que de courants électrique* produits dans les actions chimiques.
Je cherchai aussi à recueillir de TéUxtricite de tension dan» les rm^me* circonstances. Davv, comme je l'ai déjà dit, pages i/|8et suivantes de cette notice, n'en avait pas trouvé. Ses idées théoriques sur ce point étaient tellement opposées à la présehee de l'électricité dans les phénomènes électriques, qu'il ne chercha pas tous les moyens de constater le fait. Dans les Mémoire* où je publiai mes premières observations ( \ ;, j'attachai peut-être un peu trop d'importance à rinfluence de Faction électro-motrice dans le contact des corps, action que je ne rejette pas touta<*fait. Néanmoins j'avoue que les observations qui mont été faites à cet égard par M. Delarive, ont un peu modifié mes idées sur le rôle que peut jouer la force électro-motrice dans le contact des corps, et je reconnais maintenant qu'avec le condensateur on obtient , dans les actions
(1 j Annal, de Ch. i»t de Phys., t. xxv, p. 4o5, et t. xxvn, p. 5.
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chimiques, des effets électriques absolument semblables à ceux dont le multiplicateur accuse l'existence. J'aborderai franchement cette question dans le cours de l'ouvrage, avec tous les développements qu'elle mérite.
Davy (i) , en 1826, publia un nouveau travail ayant pour titre : Des relations qui existent entre les actions électriques et les actions chimiques; et dont le but était de combattre sur tous les points les résultats que j'avais annoncés sur la production des effets électriques dans les phénomènes chimiques. Dans ce Mémoire il reproduisit simplement sa théorie électro-chimique dont j'ai déjà parlé; il s'appliqua à prouver que les courants électriques qui accompagnent la combinaison ou la décomposition des corps 9 ne sont pas dus aux actions chimiques, mais bien aux actions électro-motrices produites par le contact des formations nouvelles avec les métaux soumis à l'expérience, et qu'en général il n'y a aucun dégagement d'électricité dans les combinaisons.
Davy annonça, contradictoirement à ce que j'avais annoncé, que, dans l'action d'un acide sur un alcali, si au lieu de faire communiquer chacun de ces corps immédiatement avec les bouts du galvanomètre, on interpose entre eux une solution saline, on n'a aucun dégagement d'électricité. Je fis voir qu'il n'avait eu un résultat négatif que parce que son appareil n'avait pas assez de sensibilité.
Convaincu de l'exactitude des résultats que j'avais obtenus précédemment, je repris les expériences qui me les avaient donnés (2), je les variai, j'étudiai particulièrement l'influence qu'exercent sur le dégagement de l'électricité les altérations que les. métaux éprouvent de la part des liquides dans lesquels ils sont plongés , et je démontrai, i° que les effets électriques qui ont lieu, sont souvent dirigés dans une direction inverse de ceux que
(1) Annal. deCh. et dePhys., t. xxxm, p. 276, \%) Idem, t. xxxv, p, n3,