‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 4)Chapitre 38 sur 119 · M INACTION DES AIMANTS ET DES COURANTS · texte numérisé non relu

M INACTION DES AIMANTS ET DES COURANTS

en vertu de l'hétérogénéité des surfaces qui ont été immergées, ou aux changements que l'action chimique a fait naître sur ces mêmes surfaces.

On doit aussi à M. Marianini un travail (i) sur la perte de tension qu'éprouvent les appareils voltaïques quand ils sont fermés et les changements qui s'opèrent dans l'action électro-motrice.

M. Vanbeek (2) a observé que les liquides présentent, dans leur contact avec les métaux, des effets analogues à ceux que Ritter, MM. Delarive et Marianini ont trouvés dans les lames qui ont servi à décomposer l'eau. Si l'on plonge dans une dissolution saline un couple cuivre et zinc, le cuivre, comme on sait, est préservé; mais si on enlève, quelques jours après, la lame zinc, le cuivre continue à être préservé de toute action chimique de la part du liquide.

§ VIII. De V action des aimants et des courants

sur tous les corps. »

Coulomb, comme nous l'avons déjà dit, est le premier physicien qui ait cherché à constater l'action des aimants sur tous les corps; mais il n'annonça les résultats qu'il avait découverts qu'avec une certaine réserve, dans la crainte d'avoir été induit en erreur sur la véritable cause des phénomènes. Immédiatement après %la découverte de l'électro-magnétisme, on reprit cette question, tant elle est importante pour l'étude du magnétisme terrestre.

M. Ampère (3), aidé de M. Delarive, au mois de septembre 1822, voulut essayer l'action exercée à distance par de très-forts courants électriques sur des lames de métal. Ayant pris un fil conducteur recouvert de

(1) Annal, de Ch., vol. xxxviii , p. 337.

(2) Bibl. univ., t. xxxvn, p. 269. Annal, de Ch. et de Phys. , t. xxxviii, p. 49.

(3) Annal, de Ch., t. xlviii, p. 4o5.

3e PERIODE, CHAPITRE (REMfER. a^3

soie et enroulé un grand nombre de fois sur lui-même, il suspendit, dans l'intérieur, un anneau de cuivre, qui pouvait osciller librement entre les deux pôles opposés d'un fort aimant en fer à cheval, et observa que lorsque le fil était traversé par un fort courant , l'anneau était repoussé ou attiré par les deux pôles, suivant le sens du courant. Il ne donna aucune suite à cette expérience, tont le résultat fut consigné dans un des numéros de la Bibliothèque universelle.

Je cherchai quelque temps après, à l'aide du multiplicateur (i), l'accion d'un courant énergique sur des aiguilles de différents métaux et des cartouches en papier remplies de mélanges, en diverses proportions, des deux oxides de fer; je reconnus que ces aiguilles étaient ramenées dans le sens des circonvolutions du fil et que, dans ce cas, la distribution du magnétisme s'y faisait transversalement et non dans le sens de la longueur. J'indiquai alors le moyeu de reconnaître la quantité d'oxide magnétique qui pouvait se trouver dans le tritoxide. En reprenant les observations de Coulomb touchant l'action de forts aimants sur des aiguilles faites avec des substances diverses , je reconnus (a) que* cette action était réellement magnétique et que la direction des aiguilles, dans la ligne des pôles, n'était qu'un cas particulier d'une loi plus générale. Je fis voir que l'on pouvait les placer dans la direction perpendiculaire à cette ligne, en rapprochant très-près les deux extrémités de l'aimant.

M. Arago (3), en i8a5, découvrit une action exercée par tous les corps sur les aiguilles aimantées, à laquelle on était loin de s'attendre, du moins pour l'intensité, car les expériences de Coulomb et les miennes devaient faire présumer qu'elle existait. Il observa que l'amplitude des

(i) Annal, de Ch. et de Phys., t. xxv, p. 26g. (a) Idem, t. xxxvi, p. 337.

(3) Idem, t. 3a, p. ai 3.

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